Le pays du gigantisme


La Chine est le pays qui compte le plus d’étudiants au monde, avec quelque 20 millions de jeunes ou moins jeunes sur les bancs des universités ou des écoles privées. Plus de 4 millions de Chinois sont chaque année nouvellement admis dans des établissements, contre environ 1 million en 1998. Et ce n’est qu’un début, car le gouvernement entend encore améliorer l’accès à l’enseignement supérieur des couches populaires.



Pour intégrer une université, il faut passer le "gao kao", une sorte de baccalauréat. Le cursus secondaire est entièrement tendu vers cette épreuve, que ne décrochent en moyenne que la moitié des élèves, soit seulement 13% d’une classe d’âge. Ne pas le réussir signifie être exclu du système conventionnel, ce qui bouleverse les perspectives de vie et de carrière d’un jeune Chinois. Trois matières sont obligatoires pour l’examen – chinois, mathématiques, langue étrangère – et une optionnelle, parmi la politique, l’histoire, la géographie, la physique, la chimie, la biologie. L’admission à l’université se fait selon plusieurs critères : le classement des étudiants qui ont choisi la même filière, les quotas établis par les autorités centrales et l’origine géographique de l’élève. En effet, les meilleurs étudiants des provinces défavorisées sont privilégiés. Les vœux de filières et d’établissement sont à ce point stratégiques que certains passent des examens blancs pour déterminer ce à quoi ils peuvent prétendre.
Les disciplines les plus demandées, selon le ministère de l’Education chinois, sont tout d’abord sciences de l’ingénieur, puis économie et gestion, lettres et enfin les langues. Les sciences humaines sont par contre délaissées.

Les formations professionnelles se font en deux ou trois ans (à l’université ou en institut professionnel), les formations générales en quatre ans ("benke" ou undergraduate, uniquement à l’université). Après un "benke", il est possible de suivre l’équivalent d’un master en trois ans ("shuoshi", bac+5 à +7), puis un doctorat ("boshi", bac+8 à +10) dans les meilleurs établissements uniquement. Selon le classement 2005 du China Management Sciences Institute, l’Université de Tsinghua, à Pékin, l’Université Beida (ou Université de Pékin), l’Université de Hangzhou, l’Université Fudan à Shanghai et l’Université de Nankin trustent les premières places. Au total, il existe environ 2000 établissements d’enseignement supérieur en Chine dont les deux tiers sont publics.

Quelque 6 millions d’étudiants sont inscrits dans un établissement supérieur professionnel, où est formée la main d’œuvre qualifiée dont le pays a besoin. Nombre d’adultes suivent ce type de cursus, en cours du soir ou à distance grâce aux nouvelles technologies. D’autres passent des examens en autodidactes, souvent après avoir échoué au "gao kao".
Les études supérieures ne sont plus gratuites depuis 1996 : les frais de scolarité annuels s’élèvent à l’université de 3500 à 5000 yuans (360 à 515 euros), soit le montant d’un salaire mensuel moyen en ville. Puis il faut trouver seul un emploi, ce n’est plus l’Etat qui s’en charge… Le taux de chômage est inférieur à 5% mais il est en augmentation parmi la population des diplômés du supérieur.


Alison Cartier
05/02/2006


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