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L’exception universitaire française toujours inadaptée aux grands classements

Les classements internationaux d'universités : QS, THE, Shanghai


Le mois de septembre 2010 a comme chaque année rendu son lot de classements internationaux, et encore une fois, les grandes écoles et universités françaises sont demeurées à la peine, si l’on excepte l’évaluation du Financial Times des masters in management. A ce petit jeu, les meilleurs établissements français demeurent l’ENS Ulm, Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI), Polytechnique et l’ENS Lyon.



L’an dernier, la ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche Valérie Pécresse avait déclaré que « le problème du classement de Shanghai, (était) son existence…» Derrière cette petite phrase, tout le dépit de la ministre face à un exercice aussi incontournable dans le monde que controversé en France. Entre autres parce que les évaluateurs de l’Université Jiao tong de Shanghai prennent avant tout en compte la capacité de recherche des établissements et leurs performances en sciences exactes. Peu adapté aux spécificités de l’Université à la française, il replace invariablement cette dernière face à ses faiblesses : trop petite taille, manque de financements.

Le Shanghai 2010 encore une fois impitoyable

Publié cette année dès la mi-août, le « Shanghai » 2010, n’a fait aucun cadeau aux tricolores. Loin derrière les facs américaines qui prennent 17 des 20 premières places, trois universités françaises figurent dans le Top 100. Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI) se place 39e (+1 place), Paris-Sud (Paris XI) pointe à la 45e place (-2) alors que l’Ecole normale supérieure termine 71e (-1). Plus loin entre la 100e et la 200E place demeurent Paris-Diderot (Paris VII), l’Université de Strasbourg, Joseph-Fourier (Grenoble I), et Paris-Descartes (Paris V). Au total, 22 institutions françaises se trouvent dans ce classement référence, l’Hexagone termine sixième mondial, en recul d’une place par rapport à l’année passée.

Times Higher Education, le retour en grâce des technologiques

Publiée mi-septembre, l’autre grande référence internationale, le « World University Ranking » du Times Higher Education a lui aussi rendu un cruel verdict malgré une méthodologie revue de fond en comble. En prenant en compte le nombre de citations de recherche, le nombre de chercheurs, les moyens financiers, la qualité de l’enseignement, voire l’internationalisation des établissements et leurs performances d’innovation industrielle, les Britanniques ont voulu privilégier les universités de technologie et donner moins d’importance à la taille. Bilan, seules quatre Françaises parmi les 200 premières. Pire, la France ne pointe plus qu’en 12e position parmi les pays les plus cités. Loin derrière les Etats-Unis, le Royaume-Uni, mais aussi l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse voire la Suède…
Notons que les têtes d’affiche ne sont plus les mêmes que pour Shanghai. Classée au-delà de la 200E place par les Chinois, Polytechnique, 39e, devient le porte drapeau national pour le Times. L’ENS Ulm pointe 42e, l’ENS Lyon s’adjugeant la 100e place. Pierre-et-Marie-Curie (Paris VII) ne figure cette fois-ci qu’au 140e rang…

QS : les universités françaises reculent

ENS Ulm
Jusqu’en 2009 traditionnel partenaire du THE, QS a également publié son propre « Top 200 » en ce mois de septembre. Résultat : un coude à coude entre Américains et Britanniques et un piètre bilan français. Alors que Cambridge détrône Harvard, l’ENS Ulm termine 33e (-5), Polytechnique demeure stable à la 36e place, Pierre-et-Marie-Curie (Paris VI) se classe 118e (-1) et l’ENS Lyon 139e (-7). A noter la 13e place de Paris-Sorbonne (Paris IV) en Arts et Sciences Humaines, cette université étant pourtant absente de l’exercice de Shanghai. Autre point important, la régularité de la rue d’Ulm, 12e en sciences naturelles et dans le top 100 dans quatre des cinq catégories identifiées. Parmi les principaux critères d’évaluation de QS, la réputation des universités qui compte pour 40 % de la note, la réputation accordée par les employeurs, le ratio étudiants/enseignants et le nombre de citations par enseignants.

Au final, trois classements et trois pierres de plus dans le jardin de l’exception française, décidément inadaptée aux grands classements internationaux. Regrettable car ces derniers sont plus que jamais mondialement reconnus tant par le monde universitaire que par des millions d’étudiants.

NB :



Antoine Teillet
01/10/2010



Voir aussi : classement, ens, shanghai, thes, upmc
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Pierre le 03/10/2010 15:10
Il apparaît de plus en plus clairement que le handicap français n'est pas l'existence des grandes écoles, comme le répètent beaucoup d'universitaires. En fait celles-ci sont plutôt bien classées. Malgré leur petite taille, leur qualité sauve l'honneur de la France. Le vrai handicap français est l'existence des grands organismes de recherche, type CNRS, qui absorbent l'essentiel des ressources qui permettraient aux universités françaises de faire bonne figure au plan international.
CNRS delenda est.

2.Posté par Chercheur le 12/10/2010 15:37
Oui mais le classement Scimago classe le CNRS au premier rang mondial des instituts de recherche. Don dire que le CNRS est un handicap est une ineptie totale.

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