Classement du FT : les réactions des directeurs d’école


Financial Times, on prend les mêmes et on recommence… Mais dans le désordre ! Si le classement 2010 des meilleurs masters in management publié ce lundi 20 septembre reconduit le même trio de tête que l’an dernier, c’est l’ESCP Europe qui prend cette année la première place devant la CEMS, lauréate 2009, et HEC.
Autre événement, l’internationalisation croissante du ranking. La mondialisation du modèle « master pré-expérience » est en marche.



Pascal Morand, DG de l'ESCP
Pascal Morand, DG de l'ESCP
Alors que le classement des masters in management du Financial Times s’internationalise de plus en plus avec l’arrivée au cœur du ranking des Suisses de Saint-Gall, 4es, des Indiens de l’IIM d’Ahmedabad, 8es, ou encore des Allemands de WHU – Otto Beisheim School of Management, 12es, les écoles françaises tiennent bon la barre. Tel est le principal enseignement du « FT » 2010, l’ESCP Europe accrochant la première place de l’exercice, leader des 17 institutions tricolores classées parmi les 65 meilleurs MIM du monde.

« Cessons les guerres picrocholines » – Pascal Morand (ESCP Europe)

Lauréate du classement 2010, l’école de l’Avenue de la République a le triomphe modeste. « On ne va pas bouder notre plaisir, explique Pascal Morand, directeur général, mais ce qui compte avant tout, c’est notre capacité à produire de la connaissance et de l’innovation sur le long terme. Je n’ai pas de plaisir particulier à me trouver devant tel ou tel établissement, cessons les guerres picrocholines. Il faut sortir des logiques de hiérarchie et souligner avant tout la performance globale des établissements français. »

HEC : « des satisfactions et des voies de progrès »

Bernard Ramanantsoa, DG de HEC
Bernard Ramanantsoa, DG de HEC
A HEC, on reste positif. « Il faut dire bravo à l’ESCP Europe, admet Bernard Ramanantsoa, directeur général de l’institution. De notre côté, nous tirons de ce classement des satisfactions et des voies de progrès. » Parmi les bons points, une rémunération des diplômés après trois ans où l’école fait bien mieux que l’ESCP Europe et la CEMS, avec 75 229 $ de salaire annuel, même si les 84 918 $ de WHU et les 92 693 $ d’Ahmedabad impressionnent encore plus.
« Le fait que nous ayons très sensiblement augmenté nos frais de scolarité nous handicape considérablement, reprend Bernard Ramanantsoa. Sur les autres critères en revanche, nous sommes très souvent parmi les leaders. » Et le directeur de noter ensuite quelques surprises comme « certains taux de placement « époustouflants » en ces temps de crise. Nous laissons à chacun le soin de regarder en détail les données des écoles. » Ainsi l’ESCP Europe, la CEMS et Saint-Gall annoncent-ils des recrutements à trois mois de respectivement 97, 99 et 96 % là où HEC se contente de 81 %. « N'oublions pas qu'il existe de nombreux classements, en France et à l'international, conclut Bernard Ramanantsoa. Le dernier en date, publié par The Economist, place HEC dans le top 10 mondial des MBA, devant des institutions aussi prestigieuses que le MIT, London Business School, Insead ou Yale. »

5e du classement, l’EM Lyon gagne pour sa part une place sur l’an dernier. Que du bonus pour Patrice Houdayer, directeur général délégué en charge des programmes masters lequel se réjouit d’une « stabilité au milieu de masters pré-expérience présents à travers le monde entier. Nos étudiants auront ainsi plus de facilités à faire valoir leurs mérites de par le monde. »

Essec : une performance en baisse mais un positionnement plus lisible

A noter que Grenoble Ecole de Management demeure ex æquo avec l’EM Lyon et continue, comme chaque année, de présenter son Master in International Business. Un cursus au départ parfaitement en ligne avec les critères du FT mais qui détonne de plus en plus à l’heure où la plupart des autres grandes écoles mettent en avant leur programme master. A l’image de l’Essec qui présentait cette année son nouveau Msc in management (ex programme MBA) à la place de son Msc Strategy and Management of International Business (SMIB). Une évolution qui a coûté quelques places à l’institution de Cergy, désormais 9e (-4) mais qui donne plus de lisibilité à sa performance.

Skema : la satisfaction malgré un recul sensible

Alice Guilhon, DG de SKEMA
Alice Guilhon, DG de SKEMA
Excepté le net recul d’Audencia, 18e (-5) ou encore de l’Escem désormais 52e (-10), les établissements tricolores résistent plutôt bien. A l’image de Skema Business School, 29e. Si l’établissement, réunion du Ceram et de l’ESC Lille, fait moins bien que les deux écoles dont il est issu, respectivement l’an dernier 23es et 17es, l’heure est à la satisfaction. Selon la directrice générale Alice Guilhon « L’ESC Lille classait jusqu’alors un programme spécifique très performant alors que le Ceram alignait le programme grande école. De quoi représenter 330 personnes. Cette année, les données ont changé et 500 diplômés issus de nos deux anciens cursus grande école ont été interrogés. Avec ce que cela peut supposer comme dilution des performances et des salaires. Cette 29e place demeure donc un très bon résultat qui nous donne une vraie visibilité à l’international et distingue particulièrement nos campus à l’étranger. »

A noter que les institutions françaises n’ont pas été les seules à subir la concurrence internationale. Ainsi l’université chinoise de Jiao Tong, entrée l’an dernier à la 37e place, ne pointe plus cette année qu’à la 46e place.

NB:


22/09/2010
Antoine Teillet
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par JC le 22/09/2010 20:12

M. Bernard Ramanantsoa, DG de HEC note quelques surprises comme « certains taux de placement « époustouflants » en ces temps de crise. » Ainsi, entre autres, la CEMS annonce-t-elle des recrutements à trois mois de 99 % là où HEC se contente de 81 %,

Peut-être qu'en ces temps de crises la moindre rémunération des diplômés de la CEMS explique ce taux de recrutement de 99% (?).

Cependant, ne semble-t-il pas surprenant que le Président de la CEMS puisse surprendre le DG de HEC?

http://www.lepoint.fr/grandes_ecoles/2010-02-15/united-colors-of-cems/1110/0/424157

2.Posté par robin wood le 23/09/2010 00:51

escp de la daube hec vaincra !!!!!!!!!!!!!!!!

3.Posté par JC le 23/09/2010 12:01

- M. Bernard Ramanantsoa, est le Président de la CEMS et le DG de HEC.

Pourquoi l'ESCP Europe est N° 1 en 2010 ?

Voir l'article de Focus RH ci-dessous :
Publié le 20/09/2010
Alors qu’il intègre cette année 17 nouveaux programmes, le Financial Times sacre ESCP Europe à la 1ère place de son classement 2010 des Masters in Management. Une belle reconnaissance du modèle européen unique proposé par l’Ecole et des parcours internationaux remarquables de ses anciens !
Les diplômés de ESCP Europe sont amenés à exercer des responsabilités majeures dans des entreprises internationales et à travailler avec des collaborateurs originaires de toutes les zones géographiques. Ainsi près de 50% d’entre eux choisissent un premier emploi hors de leur pays d’origine.
Certes le management est de plus en plus mondialisé, mais il n’est pas pour autant uniforme : les pratiques et les approches varient selon les continents et les cultures. C’est pourquoi, il y a 3 ans, ESCP Europe a remodelé son Master in Management Grande Ecole afin de proposer plus de flexibilité et d’internationalisation à ses étudiants. Chaque étudiant, à chaque semestre, peut choisir de poursuivre son cursus dans l’un des 5 campus de ESCP Europe (Paris, Londres, Berlin, Madrid et Turin) et/ou parmi 77 partenaires académiques internationaux dont 20 proposent un double diplôme.
Pour Pascal Morand, Directeur Général de ESCP Europe, « on ne peut que se réjouir de cette 1ère place dans le classement du Financial Times, média de référence. La singularité et la force de ESCP Europe, avec son modèle européen multi-campus, son ouverture internationale et sa Charte de gouvernance unique sont ainsi reconnues. Mais il faut raison garder et voir cela comme un effet miroir positif de la mondialisation qui doit aller vers une importance croissante de la différenciation stratégique et non de l’unicité. »

4.Posté par Anonyme le 26/09/2010 21:31

Le Financial Times a complètement perdu la tête en donnant une telle classification aux grandes écoles françaises.

Mauvaise organisation, peu de formation pour le personnel enseignant et un taux de précarité (cdd ) qui signifie un désengagement du personnel enseignant

Et surtout, des cours sur la profitabilité (voir le livre 'J'ai fait HEC et je m'en excuse) qui est même à la racine des problèmes sociaux en france

Depuis quand FT = Full Trash

5.Posté par John Martin le 27/09/2010 11:23

Si pour juger de la qualité des écoles, tu ne regardes que les photos de l´article, tu ne vas pas à l´ESCP, ni même à HEC... mais à la SKEMA!

6.Posté par Anglas le 24/10/2010 18:12

15 écoles françaises classées pour 3 universités allemandes !
Les entreprises françaises sont surement 5 fois mieux managées que les allemandes !
Quelle fumisterie ! Ou peut être pas en fait............bien dans la ligne ultralibérale du FT : honneur aux prédateurs de valeur, à veux qui font mousser le fric, quant à ceux qui produisent c'est direction la Chine et un bol de riz par jour !

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