Si Sciences Po Paris a ouvert dès 2000 des premiers cycles en régions (à Nancy, Dijon, Poitiers puis Menton) c’est pour y proposer à une partie de ses étudiants des conditions d’enseignement plus favorables qu’à Paris, notamment grâce au cadre de vie que peut proposer une ville moyenne. Le coût du logement y est moindre et le nombre restreint d’élèves permet de créer un meilleur esprit de promotion, fait notamment valoir l’IEP.
On peut donc se demander ce qui, à l’inverse, peut motiver l’ESC Dijon à vouloir se développer à Paris. En effet, cette école a depuis janvier 2004 ouvert une antenne dans la capitale et vise la création d’un véritable campus parisien. La réponse officielle est simple : l’IEP de Paris cherche à recruter davantage d’élèves en formation initiale qui n’ont pas nécessairement les moyens de se loger à Paris pendant 5 ans, tandis que l’ESC Dijon cible le marché de la formation continue, qui est très parisien. Pourtant les cartes se brouillent lorsque l’on apprend que l’ESC Dijon n’exclut pas de proposer un jour à ses étudiants en formation initiale de finir leur scolarité à Paris.
L’ESC Lille a d’ailleurs franchi cette étape en ouvrant un centre parisien (plus de 2000 m2 à La Villette). A l’origine, en 1998, il s’agissait surtout pour l’école du Nord de développer son offre de formation en apprentissage (alternance école/entreprise), pour une quarantaine d’étudiants. Aujourd’hui le site parisien peut en accueillir 500 à 600 (soit 20% du total) dans l’ensemble des programmes proposés par l’école lilloise, c’est-à-dire de la formation initiale au MBA. « Etre à Paris c’est également un moyen de promouvoir le nom de l’école, d’être plus proche des décideurs », explique Claire Barbaret, la directrice du campus parisien. L’école, dont le logo affiche cette double localisation à Lille et Paris, peut désormais collecter la taxe d’apprentissage en Seine-Saint-Denis.
L’ESC Rouen semble marcher sur ses traces. Il y a trois ans, implantée dans un centre d’affaires du 11ème arrondissement de Paris, elle a commencé par proposer un mastère spécialisé en formation continue. Il faut croire qu’elle y a trouvé son compte, puisque l’école en propose aujourd’hui quatre, en sus de son MBA. Elle a en outre déménagé à proximité de la gare Saint-Lazare. On pourrait aussi citer l’EM de Lyon ou encore L’Essca d’Angers, qui suivent des stratégies similaires.