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Chercheur-manager, un métier d’avenir


L’Association pour l’emploi des cadres (APEC) et la société de conseil Deloitte ont publié fin 2010 une étude sur les besoins en compétences dans les métiers de la recherche à l’horizon 2020. Cette étude, réalisée auprès de responsables du secteur dans six pays d’Europe ainsi qu’aux États-Unis et au Japon montre la prépondérance actuelle du modèle anglo-saxon.



Chercheur-manager, un métier d’avenir
L’économie de la connaissance est un facteur clef de la puissance économique des pays occidentaux. En interrogeant des responsables du secteur de la recherche sur les compétences clefs dans les métiers de la recherche à l’horizon 2020 en France, en Allemagne, en Finlande, au Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Suisse, aux États-Unis et au Japon, l’Association pour l’emploi des cadres (APEC) et la société de conseil Deloitte ont dressé un tableau des tendances lourdes actuellement à l’œuvre et du positionnement relatif des huit pays étudiés les uns par rapport aux autres.

Le contexte de la recherche est actuellement marqué par une internationalisation accrue, une concurrence féroce et une logique de marché de plus en plus forte. Il est nécessaire, pour les différents acteurs, de rester attractifs pour continuer à attirer des chercheurs de haut niveau et ainsi maintenir leur rang. Les pays examinés dans l’enquête ont conscience de l’enjeu et investissent de façon prioritaire dans la recherche et l’enseignement supérieur, à l’exemple de la France qui a soutenu financièrement le mouvement d’autonomisation des universités. Partout, à l’exception du Japon, les budgets sont en hausse. Pour permettre une meilleure communication entre les différents acteurs, des lieux de rapprochement public/privé, comme les pôles de compétitivité, ont été créés ou sont en phase de création.

Être en adéquation avec le marché

Chercheur-manager, un métier d’avenir
Les qualités que les employeurs souhaitent trouver chez les chercheurs ont évolué pour s’adapter à la situation et à la conjoncture actuelles. Les compétences de gestion de projet et de gestion d’équipe sont de plus en plus recherchées, ainsi que la maîtrise des outils informatiques à haut niveau de technicité et la capacité à travailler en interdisciplinarité. Il est demandé aux chercheurs de s’intéresser à des thèmes ayant un impact visible sur la société ou débouchant sur des applications concrètes pour les entreprises. La recherche des années à venir pourrait donc être à la fois plus pratique et plus managériale, tournée en priorité vers les exigences économiques immédiates. Les responsables interrogés dans l’enquête mettent l’accent sur la nécessité de prendre en compte le marché et ses évolutions dans les thèmes de recherche même si la recherche publique recrute encore aujourd’hui quasi exclusivement sur l’excellence scientifique, négligeant les compétences managériales. Il semblerait néanmoins que cette situation soit en train de changer.

Le modèle anglo-saxon en pointe

Chercheur-manager, un métier d’avenir
Avec ces paradigmes, le modèle anglo-saxon s’impose comme la norme faisant autorité. Ainsi, les États-Unis, le Royaume-Uni et les Pays-Bas apparaissent en avance sur les autres pays étudiés en matière de gestion de projet et de gestion d’équipe tout en étant de niveau globalement équivalent en termes d’excellence scientifique. En France et au Japon, la palette de compétences maîtrisées par les chercheurs est moins large que dans les autres pays, notamment du fait de très faibles capacités managériales. Une donnée à remettre dans le contexte d’une étude qui fait la part belle aux logiques de marché et s’appuie sur les témoignages de managers du secteur. D’ailleurs, l’étude elle-même souligne les limites des exigences des employeurs qui demandent à la fois de « rester concentré sur un projet de recherche tout en étant ouvert en permanence, de conserver un niveau d’expertise similaire tout en développant de fortes compétences de manager, ou encore d’être déterminé à atteindre ses objectifs tout en étant prêt à abandonner de manière brutale un sujet d’étude s’il apparaît non rentable ». Il s’avère néanmoins que le modèle anglo-saxon est aujourd’hui la référence et que la France, la Finlande, la Suisse ou l’Allemagne ont tous engagé des réformes en profondeur afin de se mettre au diapason des États-Unis ou du Royaume-Uni. Seul le Japon, une nouvelle fois, apparaît à la traine. Un « décrochage » qui pourrait, s’il se confirmait, avoir des conséquences lourdes sur la compétitivité économique du pays du soleil levant qui mise depuis des années sur des produits à haute valeur ajoutée technologique. A moins que le Japon n’ait entrepris des réformes différentes des autres pays et peu valorisées aujourd’hui par les décideurs du secteur de la recherche.
Réponse à l’horizon 2020…

David Allais
13/02/2011
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Voir aussi : apec, recherche
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