Oui, nous voulons renforcer nos relations avec les régions et les villes, notamment pour consolider nos résultats à deux niveaux : l’insertion professionnelle et la politique de démocratisation de l’entrée à l’IEP. Cela permet également l’accès à un réseau d’entreprises plus large, ce qui signifie plus de taxe d’apprentissage et un réservoir potentiel plus grand pour la formation continue.
Comment se matérialise la politique de démocratisation de l’IEP ?
Nous avons, par exemple, un dispositif spécifique pour ouvrir l’accès de l’IEP à des étudiants boursiers ayant obtenu des mentions très bien. L’an passé, nous avons eu 480 demandes pour 18 places. C’est une politique basée sur le mérite, qui passe par la réussite au concours d’entrée ; nous travaillons en amont dans les lycées. Notre taux de boursiers tourne autour des 40% depuis deux ans. C’est une fierté, mais, paradoxalement, cela grève les finances de l’IEP.
Votre politique de démocratisation handicape donc votre développement ?
Oui, car les droits d’inscription sont fonction des revenus des parents. Les boursiers en sont exonérés. Cela représente un manque à gagner d’environ 300.000 euros pour nous. Il y a 10 ans, nous avions augmenté les droits d’inscription pour permettre la création de bourses afin d’aider au départ à l’étranger des étudiants les moins fortunés ; aujourd’hui, avec l’augmentation du nombre de boursiers, l’équilibre de ce système est remis en cause. Je cherche donc des solutions pour continuer à développer cette politique. Le rapprochement avec les collectivités locales rejoint cet objectif : je pense qu’elles seraient prêtes à financer une partie des études des étudiants boursiers de leur territoire. Je demanderai également le soutien du ministère lors de l’élaboration du prochain plan quadriennal de l’IEP.