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Sessions d’été : une pratique qui se pérennise


Question de prestige, source de revenu supplémentaire ou encore renforcement des liens internationaux, les sessions d’été font désormais partie intégrante du paysage de l’enseignement supérieur français.



« Des sessions d’été ? Nous en organisons depuis 1992 », explique Caroline Mouton, de l’école d’ingénieurs EPF, basée à Sceaux. « Nous avons mis en place des cours de langue française destinés aux étudiants étrangers qui souhaitent poursuivre des études d’ingénieur en France ». Depuis 1998, ces cours, axés sur le vocabulaire technique, sont proposés en partenariat avec une autre école d’ingénieurs, l’ESTP, établie à Paris.
L’offre de cours de langue en été est une pratique répandue et ancienne. Il ne s’agit pas toujours d’acquérir un vocabulaire spécifique : s’initier simplement à une langue, dans un cadre estival, ou ajouter un nom d’établissement prestigieux au CV figurent parmi les motivations des candidats. Ceux-ci peuvent trouver respectivement leur bonheur à l’Université internationale d’été de Nice, ou à Paris IV-Sorbonne, qui propose des cours de civilisation française.

Label gouvernemental

Depuis quelques années, les sessions d’été ne sont plus de l’ordre de l’anecdotique, et en se développant, elles englobent la plupart des domaines d’enseignement. Le ministère de l’Education nationale a grandement contribué à ce phénomène en lançant en 2000 le label « Université européenne d’été ». Le concept ? « Proposer un cadre convivial de travail universitaire et combiner des activités de formation, des animations culturelles et des activités de découverte du patrimoine » dans le cadre du Programme incitatif pour la mobilité internationale des étudiants (PIM).
Nombre d’établissements participent à ce programme, principalement des universités réparties dans toute la France, mais aussi des écoles d’ingénieurs, comme l’ENSAM ou l’Ecole d’ingénieur de Cherbourg (EIC). Le soutien du ministère permet de réduire les coûts pour les participants : ils oscillent ainsi entre 100 et 300 euros. La dimension internationale est essentielle. A l’EIC, par exemple, les étudiants venus d’Europe orientale payent 100 euros au lieu de 300 pour les autres participants.
Les universités européennes d’été permettent aux établissements de développer leurs réseaux. Cette année, par exemple, l’université européenne de Lyon III se déroulera en partenariat avec deux facultés québécoises.
L’objectif affiché peut être de « faire dialoguer entre eux de jeunes chercheurs », comme l’écrit Danielle Leeman, directeur de l'Ecole doctorale Connaissance, Langage, Modélisation de Nanterre (Paris X), qui engage également « les Nanterrois à venir assister à tout ou partie des journées susceptibles de les intéresser » (1). Autre option à Lyon III : les deux semaines de cours s’achèvent par un examen sanctionné par un diplôme d’université (DU). Ces universités d’été se déroulent majoritairement sur une semaine, entre la fin juin et la mi-juillet ou début septembre.

Se développer à l’international

D’autres établissements ont mis en place des sessions d’été sans s’intégrer dans un programme particulier. La Sorbonne (Paris I) a clairement choisi de jouer la carte du prestige lié à son nom. Du 2 au 13 juillet, elle proposait ainsi deux séminaires, histoire de l’art ou cinéma français, autour du thème « Paris, capitale des arts ». Le programme ambitionnait de mêler curiosité intellectuelle et visite de Paris.
Tout le monde n’a cependant pas l’aura de la Sorbonne. « La motivation première, c’est le développement à l’international », explique-t-on à la Chambre de commerce et d’industrie de Paris dont plusieurs écoles, parmi lesquelles HEC, s’initient aux sessions d’été. « L’école de l’image des Gobelins, par exemple, travaille dans un domaine où on ne peut pas se passer de l’influence et de l’expertise internationales. Cela permet également de se faire connaître à l’étranger, où le système des écoles à la française est peu lisible. L’aspect financier ? Il n’est pas primordial. » La session d’été des Gobelins coûte néanmoins 2000 euros (deux semaines, hébergement compris).
Celle d’HEC, l’Université d’été du management, coûte 3210 euros, mais pour seulement 4 jours (mi-juillet ou fin août). Elle a lieu pour la deuxième année consécutive. « Cela a bien marché, alors on a décidé de renouveler l’expérience », confie-t-on à l’administration du programme. A l’EM Lyon ou à l’ESC Grenoble, ont est déjà passé à la vitesse supérieure et on propose des « summer sessions » de 4 semaines autour du business ou du management, en mai et juin, avec la ferme intention d’attirer des candidats internationaux. Les informations ne sont d’ailleurs accessibles qu’en anglais.

NB :

(1) : site Internet de l’école doctorale CLM

Lire aussi, sur le même thème : Summer sessions dans les universités américaines


David Allais
24/07/2006


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