- Comment se porte l’IPJ ?
- Nous sommes à l’équilibre, les droits de scolarité (4200 euros l’année) sont stables et vont le rester. La promotion diplômée en septembre 2006 s’est assez bien intégrée sur le marché de l’emploi. Sur 46 diplômés, 12 sont en CDI et seuls 2 disent ne pas vivre de leur métier de journaliste. Nous les avons rencontrés pour en discuter, pour les aider. Le suivi personnalisé, y compris sur le long terme, est quelque chose de très important.
- Après avoir ouvert les vannes de la reconnaissance professionnelle ces dix dernières années, la commission paritaire semble vouloir arrêter le mouvement, voire revenir en arrière. L’IPJ craint-il de perdre un jour sa reconnaissance par la profession ? Douze écoles reconnues, est-ce trop ou pas assez ?
- Il faut respecter les règles du jeu, accepter d’être évalué. La reconnaissance par la profession ne doit pas être considérée comme un acquis éternel. Mais si la commission paritaire doit effectuer des évaluations, nous souhaitons qu’elle dispose de moyens conséquents pour mener pleinement cette mission.
Douze écoles, c’est trop si on se réfère au modèle élitiste du passé, mais pas assez si l’on regarde la proportion de cartes de presse attribuées chaque année à des journalistes diplômés par ces écoles (1). Le problème ne porte pas tant sur le nombre d’écoles reconnues ou non que sur le mode de financement des écoles. Aujourd’hui, on constate que la capacité à recueillir la taxe d’apprentissage est plus déterminante pour une école que la qualité ou la spécificité de sa formation.
- Le concours commun que vous avez mis en place avec l’ESJ-Lille et le CFJ s’apprête à vivre sa deuxième édition. Quel regard portez-vous sur ce dispositif ?
- C’est un projet personnel que j’ai porté avec l’ancien directeur de Lille. Cela permet de réduire les coûts et d’avoir plus de candidats et donc de reçus venant de toutes les régions. La proportion entre les Parisiens de souche (40%) et les étudiants venant du reste de la France ne s’est pas inversée à l’IPJ mais la proportion de régionaux arrivant à Paris est plus importante que par le passé. C’est un bon système mais on n'a pas intérêt à aller plus loin dans le rapprochement. Chaque école a sa spécificité et doit la garder.
- L’ESJ veut délivrer un master, le CFJ développe des contacts avec des institutions d’autres pays européens... Il semble que l’avenir soit au rapprochement avec des structures universitaires. Où en est l’IPJ de ce point de vue ?
- L’IPJ a été la première école de journalisme à adopter la charte Erasmus. On est allé chercher cette charte parce que cela nous paraissait essentiel: le système LMD, la vision de Bologne doivent à mon avis s’appliquer à tous les établissements. Il y aura des rapprochements avec les universités car nous pouvons nous enrichir mutuellement. C’est important pour les étudiants, mais aussi pour la recherche - il y a peu de centralisation de la recherche en presse. Dans un sens, l’IPJ (Institut Pratique du Journalisme) devrait évoluer vers « l’institut de la pratique du journalisme » et porter ainsi une double dimension professionnelle et de réflexion sur le métier.