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« Malaise grandissant » dans les universités, selon la CPU  06/01/2009

Dans une lettre ouverte intitulée « Chronique d’une crise annoncée dans les universités », Lionel Collet, le président de la Conférence des Présidents d’Université (CPU), Simone Bonnafous, et Jacques Fontanille, vice-présidents de la CPU, interpellent le président de la République sur trois points qui risquent, selon eux, de « mettre le feu aux poudres » : la modification du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs, la formation des enseignants et l’accord du 18 décembre dernier entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes nationaux.

« La modification du décret de 1984 était une nécessité car les enseignants-chercheurs demandaient que soient pris en compte dans les services d’enseignement les enseignements assurés à distance », assure la CPU. « Ce qui crée le malaise (…) c’est la modification du décret qui revient en fait à alourdir le temps d’enseignement de ceux que le Conseil National des Universités aura jugé moins performants en recherche ». Or, cela revient, selon la CPU, « à considérer l’enseignement universitaire comme une activité par défaut – ce que l’on est obligé de faire quand on n’est pas capable de faire autre chose –, alors que l’enseignement est au contraire l’activité la plus noble ».

Par ailleurs, « la réforme de la formation des enseignants est un autre sujet très préoccupant pour l’ensemble des universités », selon la CPU qui a soutenu l’intégration des IUFM dans les universités, mais déplore une « précipitation et l’incohérence du calendrier »

Enfin, les représentants de la CPU dénoncent l’accord entre la France et le Vatican sur la reconnaissance des diplômes délivrés par les instituts catholiques et notamment les diplômes canoniques (c’est-à-dire des diplômes de l’Eglise Catholique délivrés par la Faculté au nom du Siège apostolique et dont les programmes d’enseignements comprennent l’ensemble de disciplines du champ théologique). « Le biais retenu pour cette démarche, à savoir un accord international piloté par le Ministère des Affaires Etrangères, est particulièrement incongru, s’agissant d’établissements avec lesquels les universités françaises entretiennent depuis longtemps (...) des liens de proximité et d’actives collaborations. Ce type d’accord international, en effet, conduit à rappeler que chaque institut catholique français est, de droit, une implantation universitaire étrangère qui serait, pour tout ce qui concerne le pilotage et l’accréditation des formations, une émanation directe du Vatican », relève la CPU.

Commentaires des lecteurs

1. Posté par Xavier le 07/01/2009 09:25
Je suis moi attributaire d'un diplôme d'université catholique qui n'a aucune reconnaissance vis à vis de l'Etat français, et c'était une honte.
4 ans d'études de matières aussi diverses que la philosophie, la théologie, l'exégèse, qui ne me valent strictement aucune reconnaissance des autres universités françaises. Sorti de 4 ans de telels études, je suis vierge comme de la neige, et je me retrouve avec mon bac dans la culotte !

Cette fermeture aux formations d'universités françaises, par des professeurs d'universités qui enseignent leurs matières parfois dans d'autres universités parfaitement républicaines, que cet enseignement ne me permette pas ensuite d'accéder à des études supérieures, ni ne me permette aucune équivalence, était simplement une aberration.

Grâce à cet accord, s'il est rétroactif, je vais enfin pouvoir prétendre à un niveau d'étude plus proche de la vérité, et reprendre éventuellement des études de philosohpie sans avoir à tout recommencer depuis le début !

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