Le numerus clausus a été instauré en 1971 pour ajuster le nombre de médecins formés aux besoins. En 1979, cette pratique est inscrite dans la loi et c’est un arrêté ministériel qui fixe chaque année le nombre d’étudiants qui pourront passer en 2ème année de médecine. L'Ordre des médecins donne son avis, mais uniquement à titre consultatif. Dans un premier temps, le numerus clausus a été largement réduit. D’un peu plus de 8500 en 1971-72, il passe à 3500 en 1993-94 et stagne jusqu’en 1997-98. En 1999, face au manque de médecins qui s’annonce, il repart à la hausse. Irène Khan-Bensaude, membre du conseil national de l'Ordre national des médecins, explique que l’instance de régulation de la profession « a milité pour cette augmentation. Il faut arriver au moins à 7500 car il y a un réel manque de médecins et de nombreux postes vacants dans les hôpitaux ». L’augmentation est continue depuis une dizaine d’années. Et 2008-09 ne déroge pas à la règle : en janvier dernier, Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a annoncé une hausse de 2,8% des places en PCEM2 (Premier cycle d’études médicales, année 2), soit 7300 places. La ministre souhaite atteindre 8000 places en 2010.
Si l’augmentation a été progressive, le numerus clausus a néanmoins doublé en dix ans. Et cela ne va pas sans poser quelques problèmes. « Nous comprenons parfaitement la hausse, explique Anne-Laure Lepori, présidente de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), « pour autant, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité de la formation ». Ell souligne que « les amphithéâtres sont déjà surpeuplés ; dans certaines facultés les cours sont délocalisés, voire même virtuels, comme à Grenoble où les étudiants suivent les cours sur DVD. Accroître le numerus clausus de manière irraisonnée ne ferait qu'aggraver la situation. Les stages aussi sont complets, avec 15 étudiants par stage, ce qui en diminue considérablement l'efficacité. » Augmenter, oui, mais à un rythme qui permette aux structures de formation de s’adapter. Sinon, la quantité risque de se faire au détriment de la qualité.
Si l’augmentation a été progressive, le numerus clausus a néanmoins doublé en dix ans. Et cela ne va pas sans poser quelques problèmes. « Nous comprenons parfaitement la hausse, explique Anne-Laure Lepori, présidente de l'Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), « pour autant, cela ne doit pas se faire au détriment de la qualité de la formation ». Ell souligne que « les amphithéâtres sont déjà surpeuplés ; dans certaines facultés les cours sont délocalisés, voire même virtuels, comme à Grenoble où les étudiants suivent les cours sur DVD. Accroître le numerus clausus de manière irraisonnée ne ferait qu'aggraver la situation. Les stages aussi sont complets, avec 15 étudiants par stage, ce qui en diminue considérablement l'efficacité. » Augmenter, oui, mais à un rythme qui permette aux structures de formation de s’adapter. Sinon, la quantité risque de se faire au détriment de la qualité.
Amener les jeunes médecins vers les régions qui en manquent
La hausse du nombre de médecins n’est de toute façon pas la solution miracle. Un numerus clausus autour de 8000 permettrait, en théorie, de former suffisamment de médecins pour répondre aux besoins médicaux et sanitaires de chaque région. A condition que les jeunes praticiens s’installent là où il en manque. C’est pourquoi le numerus clausus n’est pas similaire d’une région à l’autre. Cette année, si beaucoup d’universités ont vu celui-ci augmenter, comme à Rouen (+19 places), à Angers et Tours (+18), ou encore à Brest et Rennes (+17), huit universités gardent le même nombre de places que l'an passé (Antilles-Guyane, Clermont-Ferrand, Grenoble, Lyon, Nouvelle-Calédonie, Polynésie Française, Saint-Etienne et Strasbourg). Sept universités ont même vu leur numerus clausus baisser : moins 25 places pour Paris, moins 10 pour Aix-Marseille, moins 6 pour Montpellier, moins 4 pour Bordeaux, Nice et Toulouse, et moins 2 pour Limoges. Est-ce un hasard, si, à l’exception de Limoges, ces universités sont basées dans des régions urbanisées à forte densité de population ?
Mais comment inciter les jeunes médecins à s’installer dans les zones en déficit ? L'Ordre des médecins suggère des mesures incitatives. « Nous proposons un aménagement du territoire qui permettrait d'attirer les médecins dans les zones rurales et de trouver du travail pour leur conjoint à proximité. Nous permettons désormais aux médecins d'exercer en multi-sites afin qu'ils puissent couvrir de plus grandes zones », explique le Dr Khan-Bensaude. Le ministère mène également des campagnes pour orienter les étudiants vers certaines spécialités et régions. Mais pour l'heure, « elles ne sont pas suivies d'effet. Les jeunes diplômés ne vont pas là où nous le souhaitons », rapporte le Dr Khan-Bensaude. « Nous souhaitons faire découvrir le milieu rural, ainsi que les cabinets de médecine générale en ouvrant les stages aux périphéries. Les expériences que nous avons menées dans ce sens ont été suivies de retours positifs », explique à son tour Anne-Laure Lepori. La nouveauté, c’est que les différents acteurs, l’État, l’Ordre des médecins et les syndicats (de médecins et d’internes) travaillent désormais ensemble pour trouver des solutions. Ils sont réunis au sein des Etats généraux de la santé qui ont vu le jour à la suite du mouvement de grève d’octobre 2007(1).
Mais comment inciter les jeunes médecins à s’installer dans les zones en déficit ? L'Ordre des médecins suggère des mesures incitatives. « Nous proposons un aménagement du territoire qui permettrait d'attirer les médecins dans les zones rurales et de trouver du travail pour leur conjoint à proximité. Nous permettons désormais aux médecins d'exercer en multi-sites afin qu'ils puissent couvrir de plus grandes zones », explique le Dr Khan-Bensaude. Le ministère mène également des campagnes pour orienter les étudiants vers certaines spécialités et régions. Mais pour l'heure, « elles ne sont pas suivies d'effet. Les jeunes diplômés ne vont pas là où nous le souhaitons », rapporte le Dr Khan-Bensaude. « Nous souhaitons faire découvrir le milieu rural, ainsi que les cabinets de médecine générale en ouvrant les stages aux périphéries. Les expériences que nous avons menées dans ce sens ont été suivies de retours positifs », explique à son tour Anne-Laure Lepori. La nouveauté, c’est que les différents acteurs, l’État, l’Ordre des médecins et les syndicats (de médecins et d’internes) travaillent désormais ensemble pour trouver des solutions. Ils sont réunis au sein des Etats généraux de la santé qui ont vu le jour à la suite du mouvement de grève d’octobre 2007(1).
Aider à la réorientation
Autre souci lié au numerus clausus : les étudiants que cette sélection drastique laisse sur le carreau. « Le plus important est de faire un effort d'orientation dès le lycée », explique Anne-Laure Lepori. C'est d'ailleurs l'un des projets communs des ministères de l'Enseignement supérieur et de la Santé, issu des cinq propositions retenues dans le rapport Bach sur la réforme de la première année de médecine (PCEM1) remis aux ministres le 21 février dernier. Certaines des propositions de ce rapport devaient être appliquées dès la rentrée 2008, comme l'information renforcée des lycéens et le tutorat en PCEM1. Une proposition de loi du député Jacques Domergue (UMP), déposée mi-octobre, prévoit à partir de l’année 2009-2010 que les étudiants en PCEM1 qui se trouvent mal classés dès les premiers examens soient réorientés vers la première année de licence de sciences. Ils pourraient retenter leur chance après leur deuxième année de licence. Un autre article concerne les étudiants qui ont obtenu 10/20 mais n'ont pas été admis en PCEM2 (les « reçus-collés ») : la PCEM1 serait validée afin qu'ils puissent poursuivre leurs études dans une autre filière. Par ailleurs, les titulaires d’un master, du diplôme d’une école de commerce ou d’un institut d’études politiques pourraient suivre un cursus médical à partir de la licence 2, après une sélection sur dossier.
Autre grand axe de la proposition de loi : des concours distincts en fin de 1ère année pour suivre les filières médecine, dentaire, sage-femme et pharmacie, alors que le concours est commun actuellement pour médecine, dentaire et sage-femme. La réforme prévoit une 1ère année commune et la possibilité de passer les quatre concours, assortis de quatre numerus clausus, à son issue.
En attendant que ces mesures soient votées et que les choses bougent, un arrêté du 8 août 2008 est venu élargir les débouchés des étudiants à l’issue de la PCEM1. Suivant leur classement, ils peuvent être admis à suivre une formation en première année d'études préparatoires aux diplômes de laborantin d'analyses médicales, de manipulateur d'électroradiologie médicale et de pédicure-podologue. Cette voie était déjà possible pour les futurs masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens et ergothérapeutes. Ce sont les écoles dispensant ces formations qui définissent les modalités de ces admissions avec les présidents des universités disposant d’une fac de médecine.
Il semble donc que les choses bougent pour les aspirants médecins et que les différents acteurs ont pris conscience que, si l’augmentation du numerus clausus était nécessaire, elle ne suffisait pas, à elle seule, à résoudre les problèmes liés à la formation des médecins. Reste à voir comment les différentes mesures s’appliqueront et si elles seront réellement suivies d’effet.
Autre grand axe de la proposition de loi : des concours distincts en fin de 1ère année pour suivre les filières médecine, dentaire, sage-femme et pharmacie, alors que le concours est commun actuellement pour médecine, dentaire et sage-femme. La réforme prévoit une 1ère année commune et la possibilité de passer les quatre concours, assortis de quatre numerus clausus, à son issue.
En attendant que ces mesures soient votées et que les choses bougent, un arrêté du 8 août 2008 est venu élargir les débouchés des étudiants à l’issue de la PCEM1. Suivant leur classement, ils peuvent être admis à suivre une formation en première année d'études préparatoires aux diplômes de laborantin d'analyses médicales, de manipulateur d'électroradiologie médicale et de pédicure-podologue. Cette voie était déjà possible pour les futurs masseurs-kinésithérapeutes, psychomotriciens et ergothérapeutes. Ce sont les écoles dispensant ces formations qui définissent les modalités de ces admissions avec les présidents des universités disposant d’une fac de médecine.
Il semble donc que les choses bougent pour les aspirants médecins et que les différents acteurs ont pris conscience que, si l’augmentation du numerus clausus était nécessaire, elle ne suffisait pas, à elle seule, à résoudre les problèmes liés à la formation des médecins. Reste à voir comment les différentes mesures s’appliqueront et si elles seront réellement suivies d’effet.
NB :
(1) En octobre 2007, les jeunes médecins et les internes ont fait grève pour protester contre la proposition du gouvernement de déconventionner les médecins s’installant dans des zones où ces derniers sont déjà en nombre suffisant.
Crédit Photos : Faculté de Lille (Service Icare /Gérard Espouy)
et manifestions d'internes à Strasbourg (FlickR CC Raphael Goetter)
Plus d'infos sur le concours de médecine et le numerus clausus sur notre forum :
Concours médecine
Etudes d'infirmière
Prépa Kiné
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