Concernant la réforme du statut des enseignants-chercheurs, on retrouve la même logique. « Une réforme est nécessaire », explique Antoine, médiéviste, « la plupart des enseignants chercheurs que je connais souffrent de leurs conditions de travail, donc oui, ils veulent que ça change. Mais pas comme ça ». D’enseignants-chercheurs en enseignants-chercheurs, les même mots reviennent : « réforme non concertée », « humiliation », « enseigner est présenté comme un punition », « opacité de l’évaluation », « trop de pouvoir pour les présidents d’université », « accentuation du localisme » … Ce qui n’empêche pas la plupart de considérer que l’autonomie des universités est une bonne chose. D’ailleurs, avant que le décret sur le statut des enseignants-chercheurs arrive sur le devant de la scène, ceux-ci n’avaient pas massivement contesté la loi LRU, relative à l’autonomie des universités.
Il semblerait donc qu’il y ait, de la part du gouvernement, au minimum un problème de méthode. Lequel ? Antoine a une petite idée sur la question : « Le gouvernement n’arrête pas de dire que la recherche française est nulle, qu’il faut tout changer pour être compétitif. Or, si on regarde notre réputation à l’étranger, la recherche française est tout sauf ridicule. » Le syndrome du classement de Shanghai aurait-il encore frappé ?