C’était il y a 150 ans, en avril 1858 : la reine Victoria approuvait la quatrième charte de l’université de Londres (1) et son article 36, qui allait permettre une formidable ouverture internationale. Dès lors, toute personne en mesure de payer les droits d’inscription et répondant aux conditions requises pour le diplôme choisi pouvait théoriquement prétendre à un diplôme de l’université de Londres, sans pré-requis géographique (exception faite des études médicales).
La première mondiale de l’enseignement à distance
Durant les premières années, le système se développe au Royaume-Uni. Dès 1865, des examens se tiennent à l’Île Maurice et deux ans plus tard au Canada. A l’aube du 20ème siècle, l’université de Londres disposait de 18 centres d’examen à travers le monde et avait commencé à mettre en place un réseau de partenariats unique avec des institutions d’enseignement supérieur au Royaume-Uni et dans le Commonwealth. La possibilité offerte de délivrer des diplômes à distance a permis à l’université de Londres de soutenir le développement de plusieurs universités avant que celles-ci n’obtiennent les certifications nécessaires pour délivrer leurs propres diplômes. C’est le cas de l’université de Leicester, ou du college Ibadan au Nigeria.
Aujourd’hui encore, ce système permet d’accompagner des institutions vers la certification universitaire, comme le souligne le doyen du système externe (external system), le professeur Jonathan Kydd : « Il y a, par exemple, l’Institut de management de Singapour. Au début, c’était une institution créée par des hommes d’affaires locaux pour former des cadres et qui s’appuyait sur nos certifications ; maintenant, ils ont obtenu le titre d’université et délivrent leurs propres diplômes. Mais ils ont toujours 8 000 étudiants qui sont inscrits au système externe de l’université de Londres ».
Aujourd’hui encore, ce système permet d’accompagner des institutions vers la certification universitaire, comme le souligne le doyen du système externe (external system), le professeur Jonathan Kydd : « Il y a, par exemple, l’Institut de management de Singapour. Au début, c’était une institution créée par des hommes d’affaires locaux pour former des cadres et qui s’appuyait sur nos certifications ; maintenant, ils ont obtenu le titre d’université et délivrent leurs propres diplômes. Mais ils ont toujours 8 000 étudiants qui sont inscrits au système externe de l’université de Londres ».
200 institutions partenaires, plus de 43 000 étudiants, 180 pays
A l’heure actuelle, le système externe de l’université de Londres collabore avec plus de 200 institutions d’enseignement supérieur dans plus de 45 pays, dont une en France, l’Ecole internationale de management de Paris (EIMP). Les étudiants peuvent s’inscrire dans ces institutions pour préparer un des 100 programmes de l’université de Londres disponibles à distance. Les étudiants payent alors aux institutions partenaires des frais pour suivre les cours, en plus des droits d’inscription à l’université de Londres. Mais près de 60% des étudiants du système externe travaillent depuis chez eux. Un diplômé célèbre, Nelson Mandela, a obtenu son diplôme de droit depuis la prison où il était incarcéré en Afrique du Sud.
La formule est assez souple, pour un programme de licence (undergraduate), l’étudiant dispose de 3 à 8 ans pour achever son cursus, pour les programmes de 3e cycle (postgraduate), les délais vont de 2 à 5 ans en fonction du type de diplôme. Et puis, surtout, les prix défient toute concurrence, comme l’explique Jonathan Kydd : « Pour un étudiant de licence non ressortissant de l’Union européenne qui viendrait à Londres, il faut compter 10 000 livres (environ 12 000 euros) par an pour les droits d’inscription, le double en comptant le coût de la vie à Londres. Un étudiant du système externe qui étudie de chez lui dépensera pour le même diplôme autour de 1000 livres (environ 1200 euros) par an. Les diplômes de troisième cycle sont un peu plus chers, mais ça reste très avantageux financièrement parlant ». Surtout quand, pour ce prix-là, on peut obtenir un diplôme de la très cotée London School of Economics and Political Sciences (LSE). D’ailleurs, sur les 43 000 étudiants du système externe (soit un tiers des étudiants de l’université de Londres), dont 93% étudient hors du Royaume-Uni, près de 18 000 sont inscrits à un programme de la LSE.
La formule est assez souple, pour un programme de licence (undergraduate), l’étudiant dispose de 3 à 8 ans pour achever son cursus, pour les programmes de 3e cycle (postgraduate), les délais vont de 2 à 5 ans en fonction du type de diplôme. Et puis, surtout, les prix défient toute concurrence, comme l’explique Jonathan Kydd : « Pour un étudiant de licence non ressortissant de l’Union européenne qui viendrait à Londres, il faut compter 10 000 livres (environ 12 000 euros) par an pour les droits d’inscription, le double en comptant le coût de la vie à Londres. Un étudiant du système externe qui étudie de chez lui dépensera pour le même diplôme autour de 1000 livres (environ 1200 euros) par an. Les diplômes de troisième cycle sont un peu plus chers, mais ça reste très avantageux financièrement parlant ». Surtout quand, pour ce prix-là, on peut obtenir un diplôme de la très cotée London School of Economics and Political Sciences (LSE). D’ailleurs, sur les 43 000 étudiants du système externe (soit un tiers des étudiants de l’université de Londres), dont 93% étudient hors du Royaume-Uni, près de 18 000 sont inscrits à un programme de la LSE.
Comment ça marche ?
Pour suivre un programme du système externe, la démarche est simple. Le site de l’université ( londonexternal.ac.uk ) offre des explications précises et permet de choisir un cursus et d’effectuer les démarches d’inscription. Ensuite, l’étudiant étudie le programme choisi, soit de chez lui, soit dans une des institutions partenaires. Les programmes sont strictement les mêmes que ceux de Londres. Pour passer les examens, les étudiants doivent se rendre dans l’un des 150 pays qui possèdent des centres agréés : avec un tel maillage, souvent adossé au réseau du British Council, il est rare de ne pas avoir de centre d’examen à proximité de son lieu de résidence. Les quelque 200 étudiants français inscrits au système externe ont par exemple le choix entre Paris, Lyon et Strasbourg pour passer leurs examens.
« Ensuite, et c’est qui fait notre force, toutes les corrections ont lieu à Londres », précise le doyen. Les copies sont corrigées par les mêmes professeurs que ceux qui corrigent les étudiants londoniens. Le diplôme est donc exactement le même que celui obtenu par les étudiants britanniques.
« Ensuite, et c’est qui fait notre force, toutes les corrections ont lieu à Londres », précise le doyen. Les copies sont corrigées par les mêmes professeurs que ceux qui corrigent les étudiants londoniens. Le diplôme est donc exactement le même que celui obtenu par les étudiants britanniques.
20 ans de croissance continue
Les étudiants de par le monde ne s’y sont pas trompés: depuis 20 ans, le nombre d’inscrits croît de 7% à 10% par an. Depuis sa nomination en 2007 en tant que premier doyen du système externe au sein de l’université de Londres, Jonathan Kydd a décidé de mettre en place un système d’inspection de toutes les institutions partenaires: « Entre 2009 et 2014, toutes les institutions seront inspectées et, entre-temps, elles feront toutes leur auto-évaluation. Nous allons aussi créer de nouveaux cours, développer l’Internet pour que les étudiants aient accès à un maximum de documents. Tout ça va nécessiter d’augmenter notre personnel. » La « petite entreprise » de Jonathan Kidd ne semble pas connaître la crise. Après tout, comme il le dit : « Il n’y a pas d’autres universités comme nous, notre modèle particulier n’est pas dupliqué : nous sommes un joueur international très sérieux ». On veut bien le croire.
NB :
(1) Elle regroupe actuellement les établissements suivants : Birkbeck University of London, The Central School of Speech and Drama, Courtauld Institute of Art, Goldsmiths, University of London, Heythrop College, The Institute of Cancer Research, Institute of Education, King’s College London, London Business School, London School of Economics and Political Science, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Queen Mary, Royal Academy of Music, Royal Holloway, The Royal Veterinary College, St George’s, The School of Oriental and African Studies, The School of Pharmacy, UCL

Vie universitaire
Le système externe de l’université de Londres : 150 ans d’avance










