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L’université Assas et l’Essec s’allient pour former des avocats d’affaires  02/11/2008

Assas qui se présente comme « la première université de Droit de France », a signé un accord avec l’école de commerce Essec pour mettre en place des formations associant le droit et l’économie-gestion.

Les deux établissements vont mettre en place des diplômes de niveau master et des projets de recherche communs. Grâce à des systèmes de passerelles, l’accord facilitera « l'accès des étudiants de master Droit de l'université au mastère spécialisé Droit des affaires internationales et management ainsi qu'au MBA de l'Essec ». Dans l’autre sens, les élèves de l'école de commerce pourront être admis en année finale des masters de l'université Panthéon-Assas, tels que Droit européen des affaires, Droit des affaires, Droit des affaires et fiscalité, Droit bancaire et financier, Droit public de l'économie.

Il s’agit donc d’un accord équilibré du fait de sa réciprocité, ce qui n’est pas toujours le cas des doubles diplômes ou cursus intégrés entre grandes écoles et universités.

Le président de l’université Paris II Assas, Louis Vogel, estime que « les doubles cursus sont plébiscités et donnent des résultats ». Pour lui, l'alliance Assas-Essec est véritablement stratégique, car « elle institutionnalise des parcours d'excellence et ouvre la voie à une collaboration fructueuse qui concerne non seulement les formations mais aussi la recherche, d'une part à travers le centre européen de droit et d'économie de l’Essec, d'autre part à travers le futur laboratoire d'analyse économique du droit de l'université Panthéon-Assas ».

Commentaires des lecteurs

1. Posté par visiteur le 03/11/2008 11:58
Je trouve aussi cet accord très adapté aux demandes du marché, tant du côté des entreprises et cabinets internationaux, que des étudiants. La double compétence droit-management est véritablement complémentaire et le co-branding "ASSAS-ESSEC" apportera aux diplômés une grosse "puissance de feu".

La coopération en recherche sera à mon sens le deuxième test, sans doute plus délicat, de la capacité des universités et grandes écoles à se rapprocher et coopérer.

2. Posté par Observateur le 03/11/2008 14:43
Cette association est judicieuse. Mais nos journalistes n'ont pas n'a remarqué que la vraie innovation n'est pas dans dans la création de doubles cursus droit/management. L'Essec ne fait que suivre ce que font depuis longtemps Hec et l'Escp/Eap. Non, l'innovation est dans le fait que l'Essec dispense des épreuves d'admissibilité les candidats présentés par Assas à son concours d'admission en deuxième année. Ce concours était déjà moins strict que le concours commun Hec-Escp/Eap. Là il s'agit d'une véritable brèche.

3. Posté par etonnant le 03/11/2008 16:18
Deux remarques pour observateur:
- le concours d'admis sur titre pour l essec est plus exigeant de facon generale que celui d'hec et escp: il demande un bac +4 et non un bac +3. Et de plus, aucun double dipliome dans aucune des ecoles citees ne suppose des eperuves d'admissibilite. C'est la caracteristique essentielle d'un DD: le fait d'avoir reussi a rentrer dans une ecole autorise a rentrer dans une autre si il existe un partenariat. Je ne parlerais donc pas de "breche" mais de normalite.
- c'est l'essec qui a lance la premiere des cursus droit integres a la grande ecole, bien avant hec ou l'escp (cf les sites internet des ecoles)

4. Posté par fluctuat nec mergitur le 04/11/2008 10:13
Pour rebondir sur l'un des commentaires précédents, la nouveauté de cet accord réside effectivement en ce qu'il s'agit d'un accord authentiquement équilibré, du "donnant-donnant". Auparavant, les partenariats permettaient de réserver un quota d'étudiants d'écoles à l'entrée de certains masters. En contrepartie, l'école dispensait quelques enseignements mais se gardait d'accueillir les juristes universitaires en son sein. Dire qu'il s'agit là d'une "brèche" est faux pour les raisons énoncées par etonnant. Il y en a une autre à mon sens. La "brèche" semble signifier qu'un tel accord dévaluerait la qualité de recrutement. Cela aurait été vrai si les étudiants en question étaient de niveau douteux. Or, les juristes universitaires qui feront l'objet d'une recommandation viendront des masters "phares" de Paris 2, ce qui suppose qu'ils ont un cursus juridique de haute volée. L'expérience montre qu'au sein de ces masters, dans lesquels cohabitent étudiants de faculté et d'écoles (commerce, ENS, IEP), le niveau est très homogène, et les premières places reviennent souvent aux juristes universitaires et aux normaliens (mais attention, j''ai dit que le niveau était homogène, je ne prétends donc pas que les universitaires sont globalement meilleurs).
A mon sens, cet accord est une reconnaissance de la qualité de la formation juridique universitaire.
D'autres options existent pour la double compétence. Depuis 2002, Paris 1 offre un cursus très intéressant: une double licence droit-gestion. Ce cursus sélectifs à l'entrée peut s'enorgueillir d'avoir à sa direction la fine fleur du droit des affaires et de la finance. Sur trois années bien pleines, les (heureux) étudiants passent d'un cours de droit constitutionnel à un enseignement de mathématiques etc... le tout dans un ensemble cohérent qui assure une authentique double compétence technique de haut niveau. A parit du master 1, les étudiants peuvent continuer le droit et intégrer des formations d'excellence. Et grace à leur formation reçue en gestion, ils peuvent postuler à des mesters 2 finance tel que celui de Paris 1 par exemple. Voici le lien: http://www.addg.org/addg/
Cordialement,
ps: je précise que je ne suis pas diplomé de ce cursus, donc je ne le cite pas pour en faire la pub...;-)

5. Posté par visiteur le 04/11/2008 12:22
D'accord avec fluctuat.
Dans les deux cas, on parle (si j'ai bien compris le principe de l'accord) d'étudiants de très haut niveau et aucune institution ne brade l'accès à ses formations.
Les Essec devront avoir un bagage juridique préalable solide, en d'autres termes, l'Essec accepte et respecte les exigences d'Assas; de l'autre, les M2 d'Assas comptent parmi les plus exigeants et sélectifs, leurs diplômés pourraient déjà accéder à de très beaux postes et méritent de se voir reconnaître, sous réserve de validation par leurs directeurs de master, leur parcours et leur compétence; ils devront cependant réussir les épreuves d'admission où ils sont confrontés aux autres candidats de valeur.
Ce choix me paraît équilibré et maintient un haut niveau d'exigence. Il va sans doute favoriser les étudiants des deux institutions intéressés par ces parcours doubles et j'imagine que c'est bien ce qu'ont voulu les directeurs de l'Essec et d'Assas, dans une démarche assez élitiste.

Cela va un peu dans le sens de l'accord sc po-Hec, mais je crois que l'accord Assas passera mieux auprès des Essec, car le droit et la gestion sont plus complémentaires, alors que sc po est parfois vu comme un substitut à une ESC et la dispense totale du concours Hec pour les heureux sc po agace certains. De même, je serais curieux de savoir si les Supelec qui bénéficient de l'accord Escp doivent passer les épreuves communes du concours AST-AD (ce qui est toujours le cas pour Hec ou Essec) ou en sont purement dispensés.
Exigences et équilibre sont amha des conditions-clés. Des accords déséquilibrés risquent d'affaiblir les ESC et, partant, leurs meilleurs candidats potentiels.


6. Posté par Yves le 04/11/2008 12:49
HEC et Sciences Po, ESCP et l'ENS LSH, l'Essec et Assas, les jeux des alliances sont faits ?

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