Le gouvernement va-t-il abandonner les réformes en cours pour satisfaire les syndicats?
Nous ne sommes pas dans cette perspective : notre syndicat a appelé à la mobilisation pour obtenir des négociations avec les ministères concernés. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, les choses avancent : une réunion sur la recherche a été lancée par la ministre.
Il y a eu une évolution dans la méthode du gouvernement : jusqu’à fin janvier, il pratiquait une politique unilatérale qu’il définissait seul. Il tentait de passer en force. Depuis, grâce à la mobilisation des enseignants-chercheurs, des négociations ont été engagées. Les représentants syndicaux ont désormais leur mot à dire.
Où en est-on du processus de validation des 3 décrets, celui sur le statut des enseignants-chercheurs, celui sur le contrat doctoral et celui sur le Conseil national des universités (CNU) ?
Les textes réécrits de ces décrets vont passer prochainement devant des comités techniques paritaires (CTP), composés pour moitié de représentants de l’Etat et pour moitié de représentants syndicaux. Le décret sur les enseignants-chercheurs et celui sur le CNU doivent passer devant le Comité technique paritaire universitaire les 23 et 24 mars et celui sur le contrat doctoral devant le comité technique paritaire ministériel du ministère de l'enseignement supérieur sans doute le 9 avril. Les syndicats pourront y proposer des amendements. L’ensemble de chaque décret sera soumis à un vote final. Il y aura ensuite un examen de même type devant le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat.
Il y a eu une évolution dans la méthode du gouvernement : jusqu’à fin janvier, il pratiquait une politique unilatérale qu’il définissait seul. Il tentait de passer en force. Depuis, grâce à la mobilisation des enseignants-chercheurs, des négociations ont été engagées. Les représentants syndicaux ont désormais leur mot à dire.
Où en est-on du processus de validation des 3 décrets, celui sur le statut des enseignants-chercheurs, celui sur le contrat doctoral et celui sur le Conseil national des universités (CNU) ?
Les textes réécrits de ces décrets vont passer prochainement devant des comités techniques paritaires (CTP), composés pour moitié de représentants de l’Etat et pour moitié de représentants syndicaux. Le décret sur les enseignants-chercheurs et celui sur le CNU doivent passer devant le Comité technique paritaire universitaire les 23 et 24 mars et celui sur le contrat doctoral devant le comité technique paritaire ministériel du ministère de l'enseignement supérieur sans doute le 9 avril. Les syndicats pourront y proposer des amendements. L’ensemble de chaque décret sera soumis à un vote final. Il y aura ensuite un examen de même type devant le Conseil Supérieur de la Fonction Publique d’Etat.
Ces décrets devraient donc être acceptés très prochainement ?
Ce n’est pas sûr : les syndicats ont dit que leur vote ne se ferait pas au cas par cas, mais dépendrait de l’ensemble des avancées sur tous les sujets. Certes, les négociations sur la recherche vont commencer prochainement, mais en ce qui concerne la réforme de la formation des enseignants (dite "mastérisation" car il s'agit de recruter les futurs enseignants au niveau master, Ndlr), il n’y a encore aucune concertation engagée publiquement avec l’ensemble des syndicats. Xavier Darcos met en œuvre deux procédés d’un autre âge. D’une part, il reçoit les syndicats séparément, cherchant à diviser les personnels et les étudiants et, d’autre part, il émet des lettres cosignées avec Valérie Pécresse qui font état de concessions par bribes.
Donc la situation est bloquée ?
La lettre que Xavier Darcos a rendu publique vendredi 20 mars contient des éléments nouveaux et importants sur la réforme de la formation des enseignants : il annonce que les concours ne seront pas modifiés avant la session 2011 (1). Ces éléments ne sont pas encore suffisants. Il faudrait que s’engage une négociation avec les deux ministres et l’ensemble des syndicats concernés pour aller encore plus loin que la lettre et sortir de la crise (2).
Les universitaires sont-ils en train de geler la réforme ?
Je ne crois pas que ce soit le cas, du moins pas pour une majorité d’universitaires. Au SGEN-CFDT, nous sommes désireux de réformer, nous pensons que c’est nécessaire. Seulement, nous souhaitons des réformes positives. Les organisations syndicales font le tri entre les dispositions inacceptables et les problèmes réels qu’il faut mettre sur la table et sur lesquels on peut trouver des solutions. Il faut que le gouvernement rectifie le tir sur la mastérisation et la recherche. La preuve a été faite qu’on peut arriver à des choses : les 3 décrets qui ont été réécrits contiennent de véritables avancées, ce n’est pas du statu quo.
NB :
(1) http://www.sauvonslarecherche.fr/IMG/pdf/lettre_darcos.pdf
(2) Patrick Fridenson du SGEN-CFDT et Michel Kaplan du SNESUP ont signé une tribune dans Le Monde dans laquelle ils proposent les bases d’un accord possible sur le sujet. Il n’est pourtant pas courant que ces deux syndicats partagent les mêmes points de vue.
(2) Patrick Fridenson du SGEN-CFDT et Michel Kaplan du SNESUP ont signé une tribune dans Le Monde dans laquelle ils proposent les bases d’un accord possible sur le sujet. Il n’est pourtant pas courant que ces deux syndicats partagent les mêmes points de vue.

Vie universitaire
Enseignants-chercheurs : le gouvernement va-t-il brader la réforme ?







