Accueil Accueil    Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Partager Partager

Les meilleurs vont toujours en classe préparatoire


Fils ou fille de cadres, conditionné dès la sixième pour réussir, bachelier avec mention et bien orienté par ses professeurs : voilà le portrait de l’élève de classe prépa que vient de dresser la direction de l’évaluation du ministère de l’Education nationale.



Il y a bel et bien des disparités dans l’accès aux classes préparatoires : sans surprise, la direction de l’évaluation (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale le confirme (1). On s’en doutait, les prépas recrutent les meilleurs pour les mener aux grandes écoles. Mais ce que l’on sait moins, c’est à quel point ces étudiants sont repérables dès leur plus jeune âge. Ainsi la DEPP relève que 90% des élèves de prépas n’ont connu aucune difficulté scolaire de la sixième à la Terminale ! Ils faisaient même partie, dès leur entrée au collège, du TOP-25% de leur classe. Et par la suite, 14% d’entre eux ont décroché leur bac à 17 ans.

Les classes prépas, qui ne recrutent qu’un bachelier sur dix, attirent à elles près de la moitié de ceux qui ont obtenu une mention bien ou très bien au Bac, essentiellement des scientifiques. Autant dire que les universités n’ont plus beaucoup de bons étudiants à se partager ! Seuls 4% des titulaires du Bac sans aucune mention se retrouvent en prépa (2% pour les prépas littéraires).

Dans la moitié des cas, les parents du nouveau bachelier inscrit en prépa sont cadres, chef d’entreprise, professeur ou exercent une profession libérale. Mais attention, prévient la DEPP, les effets des nouvelles procédures d’admission mises en place pour inciter tous les lycéens qui en ont la capacité à se porter candidats ne se voient pas encore dans les chiffres. Ainsi ces politiques d’ouverture des classes prépas, initiées depuis peu, vont peut-être faire bouger les lignes dans les années à venir. Il est encore trop tôt pour le mesurer.

Le conseil des profs est déterminant

On sait que pour se présenter aux classes préparatoires, il faut tout d’abord savoir qu’elles existent, à qui elles s’adressent, ce que l’on y étudie, et qui peut y réussir. Autant d’informations qui ne sont pas évidentes à collecter, même avec Internet, quand on est en Terminale, absorbé par la préparation du Bac et fortement influencé par les idées reçues qui circulent au sein d’un établissement ou d’un milieu social donné. Dans ce contexte, la première source d’information des lycéens est le corps enseignant. Ce sont les professeurs qui ont un rôle décisif dans le choix d’orientation pour un élève sur deux, relève la DEPP. Les conseillers d’orientation et la famille ne jouent que pour 13% des étudiants de prépas, avec toutefois une prédominance des parents dans le cas où ces derniers ont eux-mêmes suivis des études supérieures longues.

Comme les enseignants tiennent également un discours différent selon les établissements, le lycée choisi aura un impact sur le choix de l’élève d’aller ou non en classe préparatoire. Être scolarisé en Ile-de-France, où l’on relève une forte concentration d’établissements avec des prépas, ou dans le privé, a notamment un effet positif sur ce choix.

Le passage par une prépa toujours bénéfique

On apprend aussi dans cette étude que la principale motivation des lycéens qui vont en hypokhâgne serait l’intérêt des disciplines enseignées, tandis que les élèves des classes économiques et commerciales accordent davantage d’importance à leur avenir professionnel. Pour ces derniers, le critère des débouchés dépasse même l’intérêt pour le contenu des études. Lucides, les élèves de classes prépas tiennent ainsi le même discours que certains étudiants en école de commerce. Enfin, dans le cas des classes scientifiques, les motivations sont plus floues : les élèves se savent bons élèves, mais n’ont pas de projet professionnel défini.

Quelle que soit la filière, dans neuf cas sur dix, les élèves en prépa se disent satisfaits de l’enseignement et de l’encadrement. La moitié d’entre eux se disent même très satisfaits. En cas d’abandon, d’échec ou de volonté de changer d’orientation, les anciens d’hypokhâgne se dirigent vers une licence de lettres ou de langues, voire de droit, ou un IEP. Les anciens des classes prépas économiques vont en licence de droit ou d’économie-gestion ou s’inscrivent dans une école post-bac. Dans tous les cas, les étudiants passés par une classe préparatoire tendent à mieux réussir leur scolarité que ceux entrés directement à l’université. Mais il est vrai qu’avant même leur passage par une prépa, ils réussissaient mieux que les autres…

NB :

(1) Note D.E.P.P. - N°08.16 de mars 2008 : Disparités d'accès et parcours en classes préparatoires


Christophe Angeli
13/04/2008



Voir aussi : bac, cpge
Lu 12170 fois

Commentaires des lecteurs

1.Posté par oiseau le 14/04/2008 18:47
Je garde un très bon souvenir de la prépa, mais c'est bien quand ça se finit... Vive les Mines de Paris qui m'ont très bien formé!!!

2.Posté par deraf le 14/04/2008 18:53
C'est exactement ce qu'il m'a manqué, une bonne orientation. Mais bon je me suis pas mal débrouillé avec ma bi licence. Cela dit, quand on sait que les fils de profs occupent en masse ce type de cursus, on se demande si finalement la mauvaise orientation n'est pas fait exprès. Ne pas dire aux autres ce que l'on sait pour que le fiston ait moins de concurrence...

Complot quand tu nous tiens! (je plaisante bien évidemment, mais c'est tout de même incroyable ce rapport!)
http://student-collector.blogspot.com/

3.Posté par Max le 02/09/2009 11:24
Rapport assez précis qui s'appliquent bien aux prépas provinciales (dont j'étais élève jusqu'à cette année )même si la France d'en bas y est un peu mieux représentée qu'a Paris.On est encore loin des années 70 où par exemple la part d'enfants d'agriculteurs était bien plus importante que maintenant ! je doute que la volonté d'inscrire plus d'élèves boursiers va changer les choses...

Nouveau commentaire :
B i u  QUOTE  URL

Les commentaires sont modérés a posteriori. Nous acceptons volontiers la critique de nos articles, les précisions et corrections apportées par les lecteurs ou l'ouverture de débats contradictoires en lien avec le sujet abordé. À l'inverse, nous nous réservons le droit d'effacer tout commentaire que nous considérons comme diffamatoire ou hors-sujet.




Inscription à la newsletter



Chercher sur le site



Dans l'actualité













Votre publicité sur ce site