Il est probablement difficile de juger des résultats obtenus par les COP. Nulle batterie de statistiques ne peut prétendre mesurer la qualité d’un conseil lié à un choix de vie, ni même mesurer l’impact de ce conseil sur le choix final. Mais force est de constater que les conseillers en orientation, qui se revendiquent avant tout psychologues, ont des profils scolaires et professionnels trop homogènes pour couvrir l’ensemble du spectre des problématiques liées à l’orientation.
Leur formation s’effectue sur deux ans et comprend cinq mois de stages, dont deux seulement en entreprise. Les cours sont essentiellement consacrés à la psychologie de l’orientation, aux approches sociologique et économique de ce domaine, et à l’analyse des données statistiques. Curieusement, la formation des COP n’est donc pas concentrée sur l’analyse des différentes filières de formation françaises et européennes et de leurs débouchés professionnels, comme on aurait pu l’imaginer.
Les publics et leurs attentes sont multiples. Or les COP apportent bien souvent des réponses au caractère trop généraliste. En conséquence, les plus fortunés n’hésitent plus à s’adresser à des services privés d’orientation. Leur prolifération n’est pas seulement liée, comme l’avancent certains COP, à la volonté des familles de se rassurer en payant une prestation offerte gratuitement par ailleurs. Elle peut s’expliquer par le complément de service qu’apportent ces sociétés, à savoir la proposition d’un choix concret d’orientation et un accompagnement personnalisé jusqu’à l’entrée dans la formation souhaitée. Certaines sont dirigées par des psychologues, d’autres des sociologues, des juristes, des anciens spécialistes des ressources humaines…et répondent chacune à un type de besoin particulier.
Le corps des COP aurait ainsi beaucoup à gagner en s’ouvrant à des profils de scientifiques, de gestionnaires et de professionnels passés par l’entreprise. Notamment s’il s’agit d’offrir un service complet d’orientation scolaire et professionnelle tout au long de la vie, un thème d'actualité. Depuis 1991, la nature même du concours, qui exige d’être titulaire d’une licence de psychologie et comprend une épreuve en cette matière, interdit l’accès à d’autres profils. La suppression du monopole des licenciés en psychologie est ainsi préconisée par le rapport de l’Inspection générale de l’éducation nationale. En outre, la mission des COP devrait être précisée, voire corrigée, car il y a probablement deux métiers en un : le premier de psychologue de l’éducation au services des élèves, le second de conseiller en réussite scolaire et professionnelle. Deux métiers qui n’appellent ni les mêmes qualités, ni les mêmes compétences.
Les constats faits par les rapports récemment diffusés ne sont toutefois pas nouveaux, et comme le rappelle Mireille Henry du CIO Mediacom, "ce ne sont ni les premiers, ni les derniers rapports. D’ailleurs dans les années 70, on racontait la même chose que maintenant".