La dernière tentative d’introduire une sélection à l’entrée de l’université remonte à 1986. Avec le projet de loi Devaquet, les établissements devaient obtenir plus de liberté pour choisir leurs étudiants, le cadrage national des diplômes était allégé, et le montant des droits d’inscription pouvait être modulé dans une fourchette nationale. On sait ce qu’il advint : 500.000 étudiants et lycéens manifestèrent leur opposition, et après le décès de Malik Oussekine, frappé par des policiers, le ministre délégué à l’Enseignement supérieur Alain Devaquet démissionna. Son projet fut abandonné. Le Premier ministre s’appelait alors Jacques Chirac.
L'idée de sélection s’est banalisée depuis, avec l’introduction de filières sélectives, souvent courtes et professionnalisées, dans les universités, et le choix de certaines d’admettre les élèves uniquement sur dossier, comme à Dauphine. Quant aux étudiants, ils votent avec leurs pieds et affluent aux épreuves d’entrée des grandes écoles, qui incarnent la sélection en France.
Faut-il pour autant reconnaître que le libre accès à l’enseignement supérieur n’est plus la règle ? Le rétablir ? Ou au contraire généraliser la sélection et l’aménager au mieux ?
Nous avons interrogé à ce sujet trois syndicats étudiants, qui parlent tous d’ « égalité des chances » et de « développement personnel » dans les études, mais préconisent différents remèdes – sélection, non-sélection, filières sélectives – pour y parvenir. Petit tour aussi par la Grande-Bretagne, où il est question d’instaurer un test d’aptitude avant l’admission dans une université.