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Un double diplôme HEC-Sciences Po pour les cumulards


Après les doubles diplômes avec les business schools étrangères, les cursus intégrés entre écoles de commerce et écoles d’ingénieurs, HEC présente le double diplôme avec Sciences Po. L’idée de cette alliance flottait dans l’air depuis quelques temps déjà et, sans surprise, les dirigeants des deux établissements franciliens ont dévoilé le 5 février la maquette de ce nouveau cursus. Au programme : deux années d’études, une année de césure et un mémoire de recherche pour une « approche complémentaire du monde contemporain ». Au final : deux diplômes de niveau BAC+5 obtenus en cinq ans.



Qui a eu l’initiative de cet accord ?

Les premières étapes de ce rapprochement sont le fait d’Hervé Crès, directeur délégué de l’école HEC, et de Laurent Bigorgne, le directeur des études de l’Institut d’Etudes Politiques de Paris. Après avoir initialement envisagé une coopération dans le champ de la formation continue, ils ont finalement décidé de concrétiser leur projet au niveau de la formation initiale. Selon Hervé Crès, « ce type de projet était en gestation à HEC depuis quelques années. Sciences Po s’est rapidement imposé comme le meilleur partenaire. »

Quel est l’objectif de ce double diplôme ?
L’idée est de former les étudiants au management public aussi bien qu’au management privé, expliquent ses promoteurs. Et accessoirement de faire gagner du temps à des étudiants qui cumulaient souvent HEC puis Sciences Po ou l’inverse. Plus largement, l’alliance de ces deux établissements prestigieux va leur permettre d’asseoir un peu plus leur suprématie. Et aussi d’attirer davantage d’étudiants étrangers de qualité.

Comment ce programme sera-t-il organisé ?
La première année d’études se déroulera intégralement à HEC, un tiers des cours étant assuré par les professeurs de Sciences Po. Après une année de césure, les étudiants suivront ensuite leur dernière année à l’IEP où un tiers des cours sera prodigué par des enseignants de HEC.

Qui sont les étudiants concernés ?

30 étudiants de niveau Bac+3 seront sélectionnés au sein de chaque établissement dans les semaines à venir pour intégrer ce cursus dont la première promotion rejoindra HEC dès le mois de septembre 2008. Les droits de scolarité de ce double diplôme seront ceux de HEC, soit le double de ce que déboursent en moyenne les étudiants de Sciences Po.

D’autres coopérations sont-elles envisagées entre les deux établissements ?

« Des travaux de recherche communs seront menés par le corps professoral des deux établissements dans plusieurs champs scientifiques », annoncent les protagonistes. Il est possible que cette nouvelle alliance donne également lieu à des prolongements en matière de formation continue. Par ailleurs, une institution étrangère devrait rejoindre ce parcours dans les années à venir. On pense immédiatement à la London School of Economics, que les directions de HEC et de Sciences Po prennent souvent en modèle et qu’elles rêvent un jour d’égaler.

Quel est l’établissement qui a le plus à gagner dans cette coopération ?

C’est probablement Sciences Po. D’une part parce que dans la représentation que se faisaient les étudiants des deux établissements, HEC était plus difficile à intégrer. D’autre part, cette alliance pourrait détourner un plus grand nombre d’étudiants des classes préparatoires menant à HEC puisqu’ils seront tentés de présenter le concours de l’IEP directement après le bac plutôt que de subir deux années de prépa. Enfin, l’IEP pourra toujours, après quelques années de coopération et d’apprentissage auprès de son partenaire, lancer sa propre école de management. Tandis que HEC, qui reste uniquement centré sur l’enseignement de la gestion, ne pourra pas lancer une école du type de Sciences Po. On se souvient d’ailleurs qu’il n’y a pas si longtemps, après quelques années de coopération avec le CFJ, l’IEP a lancé sa propre école de journalisme !



Antoine Teillet
07/02/2008



Voir aussi : hec, sciences po
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Jip le 09/02/2008 15:51
Cher Antoine Teillet, le double diplôme Hec /ScPo conduit à 3 +3 = 6 ans et pas 5 (cf. votre article). Ce qui est quand même plus court que les 5+2 actuels.
Dans l’accord de double diplôme Hec/ScPo, qui gagne ? Je suis d’accord sur votre premier point (ScPo gagne en attractivité, pas Hec), mais pas sur les implications stratégiques que vous en tirez.
C’est une illusion de croire que Sciences-Po pourra construire, à partir de l’expérience de ce double diplôme, une « école de management » à l’image de l’école de journalisme. D’abord parce que cette école de journalisme n’a d’école que le nom. Que sont, dans la réalité, l’"école de journalisme" et l’"école de communication", de ScPo ? Ce ne sont que des options du diplôme de Sciences-Po sur lesquelles on a collé une étiquette « école ». Cet étiquetage sert à donner l’impression d’une grande innovation au moment du lancement (alors que ScPo formait des journalistes depuis longtemps) et surtout à faire croire que ScPo n’est pas une école, mais un établissement multi-écoles, donc une université. Si on s’attache à la réalité et pas aux mots, il existe déjà à ScPo des « écoles » de management, autrement dit des options, qui s’appellent « Marketing » ou « GRH » ou "Finance et Stratégie". Ces options (qu’on les baptise « écoles » ou pas) ne menacent aucunement les spécialités correspondantes des grandes écoles de management. Elles fonctionnent avec des enseignements faits en quasi-totalité par des professionnels. Ce qui était le modèle des écoles de commerce dans le passé, mais qui a été abandonné par Hec il y a quarante ans, et progressivement par toutes les autres écoles, sauf les écoles privées de second rang… et ScPo. Les normes internationales d’aujourd’hui, pour jouer dans la cours des grands en management (qualification des professeurs, recherche, taux d’encadrement, etc.), sont inaccessibles pour ScPo, sauf à faire l’inverse de la stratégie de Richard Descoings. Et celui-ci a précisé récemment sur son blog qu’il n’avait pas l’intention d’investir dans le domaine du management, estimant qu’il n’avait aucune chance de rattraper Hec.
De plus, dans cet accord, Hec ne met dans le panier que des cours de base en management, pas ses cours avancés, alors que ScPo y met ses compétences particulières à préparer l'ENA. Sur ce plan Hec y gagne plus que ScPo.
Je profite de cette occasion pour poser une question. Pourquoi les journalistes spécialisés perdent toute vigilance critique face aux annonces de ScPo ? Je prends pour exemples la création des pseudo-écoles ou la fermeture du MBA. Cette dernière décision, intervenant dans toute institution d’ambition internationale, aurait du être commentée comme un évènement dans la presse spécialisée. Ni celle-ci, ni l’Observatoire Boivigny, ni personne n’en a parlé. Est-ce le talent médiatique du directeur ? Le fait que beaucoup de journalistes sont passés par ScPo, ou rêvent d’y enseigner ? La sympathie créée par l’opération CPE ? Sincèrement, je m’interroge.


2.Posté par Rédaction le 11/02/2008 21:04

Bonjour,

Actuellement 95% des étudiants font une année de césure à HEC (source : site HEC) et HEC affiche que son cursus dure trois ans, et non quatre. Nous avons repris cette logique qui consiste à ne pas compter l'année de césure comme une année d'étude, ce qui est certes discutable. Pour ce qui est de la création d'une école de management au sein de Sciences Po, c'est une hypothèse, mais même en l'absence d'une recherche conséquente en management (ce qui ne leur a d'ailleurs pas permis de décrocher Equis), cela représentera une option pour l'IEP à moyen ou long terme.

Concernant vos remarques sur les effets « communication » liés à la transformation d'anciens masters en école, elle est évidente. Il s'agit pour l'IEP de donner plus de visibilité à certains de ses masters en les renommant écoles. Il n'y a que peu de nouveauté. Comme vous l'avez remarqué, beaucoup de journalistes ont été formés à Sciences Po, à Paris ou dans les autres IEP. Et un journaliste préfère souvent parler de ce qu'il connaît. Ce qui explique que le nombre d'articles consacrés à Sciences Po dans les magazines soit disproportionné par rapport au nombre de lecteurs qui sont susceptibles d'être intéressés. A l'inverse, le nombre d'articles consacrés aux écoles d'ingénieurs est ridicule par rapport à leur place dans le système éducatif français (sauf à l'Usine nouvelle, et pour cause). Les écoles de commerce s'en sortent un peu mieux, mais doivent toujours lutter contre une image négative associée au terme même de « commerce » (management n'arrange rien non plus). Quant aux universités, elles sont citées par accident généralement en tant que Fac sans que l'on précise toujours leurs noms.

3.Posté par Gauthier le 25/06/2010 09:51
Bonjour,

Pardon de réutiliser ce topic vieux de plus de 2 ans, mais j'ai deux questions.
Les élèves qui souhaitent intégrer ce projet de double diplôme doivent-ils choisir des options particulières à Sciences Po?
Sur quels critères sont-ils sélectionnés?

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