On sait que tous les établissements de France – universités ou grandes écoles – se battent désormais pour revendiquer leur caractère international. Depuis le début de la décennie, c’est même devenu l’objectif numéro un de nombre d’écoles de commerce, un axe de développement prioritaire. Et les écoles de mettre l’international à toutes les sauces : au travers de leur campagne de communication pour commencer, dans leurs cours ensuite (International Marketing, International Finance...tout doit être international), et bien entendu dans leur politique de recrutement (enseignants et étudiants).
Cette course à l’internationalisation est motivée par la nécessité pour les établissements français de s’inscrire dans la compétition mondiale que se livrent les universités pour recruter les meilleurs. La compétition crée naturellement un ambiance d’émulation collective, et chaque établissement y va de son innovation, celle qui fera de lui un établissement plus "international" que son voisin.
Dans ce cadre, on peut saluer l’initiative de l’EM Lyon qui envoie ses étudiants six mois à l’étranger en fin de première année du programme grande école (c’est-à-dire trois années après le baccalauréat). Il s’agit pour eux d’effectuer une mission professionnelle à l’étranger, que ce soit dans une grande entreprise, une PME ou une ONG - cette dernière opportunité remportant un succès croissant, d’après l’EM Lyon. L'école fait par ailleurs savoir que si un peu plus de la moitié de ses étudiants restent en Europe, “ près de 20% d’entre eux ont choisi l’Amérique latine et 13 % l’Asie ”. Au total, les élèves passent 12 mois au minimum à l'étranger, compte tenu du fait qu'ils effectuent un nouveau séjour de 6 mois en 2e ou 3e année, souligne l'EM Lyon.
Bien que ce genre de politique se multiplie, les séjours à l’étranger (pour un programme d’échange universitaire ou un stage en entreprise) sont encore réservés à une minorité. Ainsi Erasmus, le programme d’échange le plus connu en Europe, ne bénéficie pas à plus de 21 000 étudiants français par an (1). Environ 1% du total de la population étudiante française profite donc chaque année de ces échanges (2), dont 30 % sont en gestion. Ce sont, en effet et de loin, les premiers bénéficiaires devant les étudiants en langues qui représentent 20% des bénéficiaires (3).