Enfin, pour inciter ces mêmes jeunes étudiants à intégrer les prépas sans prendre le risque de perdre une année ou deux en cas d’échec aux concours des grandes écoles, il fallait leur garantir une autre porte de sortie. Or il était déjà possible d’obtenir une équivalence avec un niveau universitaire, mais le système manquait de lisibilité. La traduction en crédits européennes ECTS des années de prépa est censée être la solution : « tout élève de classe préparatoire se verra délivrer une attestation descriptive de parcours établie sur la base d’une grille nationale. Elle précisera les connaissances et aptitudes acquises par l’élève au cours de sa formation ainsi qu’une valeur en crédits européens », a précisé M. de Robien. Les choses se corsent ensuite : « pour la poursuite d’études à l’université, des commissions regroupant des enseignants chercheurs et des enseignants de classes préparatoires préciseront les modalités de validation des crédits proposés par l’attestation ». Bref, les crédits ne sont pas automatiques.
Présidents d’université, grandes écoles, syndicats et enseignants de classes prépas ont été longuement consultés pour aboutir à un tel système. D’un côté, les universités, auxquelles le principe d’autonomie est cher, voulaient garder la mainmise sur la validation des années de prépa. De l’autre, les responsables de CPGE souhaitaient que les professeurs, qui connaissent le mieux les élèves, attribuent les crédits. Le compromis obtenu paraît assez bancal. Pour l’Association des proviseurs de lycées à CPGE (APLCPGE), « cela vient en contradiction complète avec la finalité du nouveau schéma de l’enseignement supérieur qui vise à établir des équivalences entre des formations différentes et non de subordonner certaines à d’autres », comme c’est le cas actuellement. « Pourquoi alors ne pas reconnaître les CPGE comme des formations à part entière ? », s’interroge l’association, qui appelait de ses vœux de plus amples évolutions sur ce point.