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Alain Ged : 'L'IAE d'Aix-en-Provence sur les terres des grandes écoles de commerce'


Depuis une quinzaine d'années, l'IAE d'Aix-en-Provence concurrence les écoles de commerce et il se place aujourd'hui dans la compétition internationale. Alain Ged, directeur de l'établissement, lève le voile sur sa stratégie: se démarquer de l'université, élargir le réseau d'anciens, ou encore ouvrir un master à Paris.



Quels sont les points forts de l'IAE d'Aix-en-Provence ?

Depuis environ une quinzaine d'années nous tentons d'être en avance sur le système universitaire. Ainsi, nous avons développé une politique internationale forte. Nous comptons aujourd'hui plus de 50 nationalités sur le campus, soit plus que la plupart des ESC. Nous avons aussi fait le choix de dispenser tous les enseignements soit entièrement en anglais, soit à la fois en français et en anglais, et de favoriser les séjours à l'étranger. De plus, nous sommes le seul établissement universitaire accrédité EQUIS et AMBA. Nous favorisons le travail de groupe ainsi que la pratique. C'est pour cela qu'en plus des 40 enseignants permanents et des 30 professeurs étrangers invités tous les ans, nous faisons intervenir 150 professionnels. Nous avons en outre développé l'apprentissage, qu'ont adopté 40% de nos étudiants, ce qui fait de nous l'un des établissements universitaires les plus importants dans ce domaine.

Pensez-vous que l'IAE d'Aix concurrence les ESC ?

Au niveau international, il existe des agences d'accréditation des écoles, ainsi qu'une au niveau européen. Une seule école universitaire se trouve parmi les 100 premières et c'est l'IAE. Nous sommes donc au même niveau que les ESC. Nous avons obtenu cette accréditation en 1999, elle a depuis été renouvelée deux fois. Ayant la volonté d'être toujours plus performant, nous essayons de placer l'IAE d'Aix au niveau mondial, et c'est pour cela que nous désirons faire partie de classements internationaux. C'est ainsi que The Economist et le Financial Times ont estimé que notre Euro MBA faisait partie des premiers mondiaux (1). A l'avenir, je souhaite que nos masters figurent aussi dans le classement du FT.
D'autres indices nous prouvent que nous concurrençons bel et bien les ESC. Par exemple, lors des sessions de recrutements, nous remarquons sur les dossiers des candidats que leurs voeux sont en général des ESC et l'IAE. Autre preuve: les partenariats signés avec l'ESSEC et l'Insead dans le domaine de la recherche, où nous sommes très performant.

Votre politique de recrutement joue-t-elle un rôle dans vos performances ?

Nous essayons effectivement de nous démarquer des ESC dans notre politique de recrutement. Contrairement à elles, nous essayons d'être beaucoup moins monolithique en privilégiant un recrutement transversal. Chez nous, les étudiants sont présélectionnés sur dossier, puis ils passent des tests, et enfin des entretiens. Mais les tests ont moins d'importance que pour une ESC. Ce que nous recherchons avant tout, ce sont des profils intéressants.

Etes-vous aussi concurrentiel en matière d'insertion professionnelle ?

Actuellement, nous avons un taux d'insertion de 93% en moins de trois mois, avec un salaire moyen de 35 000 € par an. Ceux qui ont opté pour l'apprentissage atteignent un taux d'embauche de 98%. Depuis plusieurs années, le taux de placement ne cesse de grimper, pour être aujourd'hui à peu près équivalent à celui des ESC - hormis les parisiennes. Mais nous mettons toutes les chances de notre côté pour que cette progression ne s'arrête pas en si bon chemin. Aujourd'hui notre réseau d'anciens élèves est puissant. Afin de l'étendre encore, nous nous sommes alliés à l'ENSAM, dont certains étudiants font leur troisième année chez nous. Ce choix n'est pas anodin puisque cette école bénéficie de la plus grande association d'anciens de France.

Vous concurrencez donc bien les ESC de province, mais selon vous les parisiennes sont encore à un rang au-dessus. Pensez-vous pouvoir les égaler dans le futur ?
On pourrait comparer le classement des écoles accréditées aux divisions de football. Actuellement, nous ne sommes pas encore dans la première, contrairement aux plus grandes ESC parisiennes. Notre problème, en plus d'être situé en province, c'est bien entendu notre budget, mais aussi notre mode de fonctionnement. Je trouve vraiment regrettable qu'en France nous ayons un double système dans l'enseignement supérieur, avec d'un côté les universités et de l'autre les grandes écoles. Les facultés n'ont absolument aucune vision concurrentielle, que ce soit au niveau national ou international. Ce qui bien entendu nous bloque un peu dans notre évolution.
Or aujourd'hui notre ambition n'est pas seulement nationale, elle est mondiale. Nous sommes actuellement concurrentiel dans le recrutement et dans le placement, et nous cherchons à être dans un univers différent de celui de l'université afin de pouvoir évoluer toujours plus. Notre prochain projet est d'ailleurs d'ouvrir un nouveau master à Paris, pour commencer à être sur un pied d'égalité avec les ESC de la capitale.

NB :

(1) L’Euro*MBA est un programme en deux ans qui combine cours à distance et semaines résidentielles. Il est géré par un consortium européen, qui outre l’IAE d’Aix, implique notamment l’Universiteit Maastricht Business School (Pays-Bas), Audencia Nantes EM (France), EADA Escuela de Alta Direccion y Administracion (Espagne) et HHL Leipzig Graduate School of Management. Ce MBA a été classé cinquième dans le monde dans sa catégorie par The Economist. Le Financial Times a également donné ce programme en exemple (parmi 40 autres) comme étant l’un des « top distance learning and online MBA » en 2008.


Propos recueillis par Perrine Roux
25 Juin 2008





Commentaires des lecteurs

1. Posté par s le 06/11/2008 14:31
c'est impressionnant comme ils sont proche du marché et modernes à l'IAE d'Aix. C'est une excellente école et je leur souhaite beaucoup de réussite.

Dommage finalement de s'en priver alors que Aix est à 3 heures de TGV de Paris

2. Posté par d le 07/11/2008 00:17
Bah, IAE Aix n'a aucune chance de s'imposer à Paris .... puisqu'il y a l'IAE Paris ... la meilleure des IAE.

3. Posté par Valmontaix le 07/11/2008 06:38
Il me semble qu'on dit un IAE, pour un institut ...
Quant à Paris, être le meilleur IAE sans être reconnu par des labels internationaux en Business et Management (EQUIS et AMBA pour Aix, et AACSB en cours) et sans être classé par les grands ranking (The Economist pour le MBA de de l'IAE d'Aix, et Financial Times pour son Master), c'est tombé dans la bêtise franco-française, complètement démodée et dénuée de sens depuis la mort de Napoléon, à savoir le nombrilisme parisien.
Oui, de nombreuses formations, prestations, événements, carrières, sont meilleures sur Paris, car l'Etat y consacre ses moyens (à titre d'exemple, 2/3 du budget du Ministère de la Culture est dépensé dans la Capitale).
Néanmoins, quand de manière objective on observe des atouts supérieurs en dehors de Paris, l'intelligence c'est de le reconnaitre.

L'IAE d'Aix est meilleur que l'IAE de Paris, mais aussi vis à vis des autres IAE et de bien des ESC, tout le monde s'accorde sur ce point. Nous n'avons jamais dit que nous étions devant l'ESCP si vous cherchez une référence parisienne ...
A présent, Alain Ged va développer l'IAE d'Aix pour tenter de rivaliser avec les meilleures Business School européennes : processus AACSB en cours (les auditeurs viennent à l'IAE prochainement) qui permettra à l'IAE d'être parmi les rares Business School triplement accréditées (EQUIS, AMBA, AACSB); investissements pour améliorer la place de l'IAE dans les grands classements internationaux (The Economist, Financial Times).

4. Posté par Valmontaix le 07/11/2008 06:39
Correction : "tomber" dans la bêtise

5. Posté par d le 18/11/2008 18:55
Hum ... quand on dit à un étranger qu'on a fait ses études à Aix, le 1ère question qu'il demande, c'est ... "c'est dans quel pays ?"
Alors les labels me font bien rire. L'IAE Paris aura tout de même son label Equis dans quelques mois, mais c'est vraiment inutile. Quelle est la fac la plus renommée en France actuellement ? Dauphine !!! et sans label ...

6. Posté par d le 18/11/2008 18:58
Dans n'importe quelle domaine, aucune école non parisienne n'est vraiment connu sauf si la discipline en question n'est pas enseignée à Paris. Exemple: SUPAERO ... l'aéronautique n'est pas enseigné à Paris, donc il y a une grande école en province ... Il suffit de regarder les classements en ingé ou en management ... toutes les premières sont parisiennes ... c'est une réalité

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