Pourquoi avoir monté un concours commun avec 5 autres IEP (Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes et Toulouse) et comment allez-vous gérer le classement induit par cette mise en commun de vos épreuves ? Cela n’avait jamais été fait auparavant…
Il s’agit de faire jouer les synergies entre des établissements qui ont des formations proches, et d’abaisser les coûts de concours pour les étudiants. Traditionnellement, ceux-ci passaient en moyenne de 3 à 4 concours d’IEP différents, ce qui les obligeait à faire un tour de France et à en assumer les dépenses en transports, hébergements et frais de dossier. Quant au classement qui sera fait, on s’en moque... Ce type de classement est aléatoire, il y a une série de paramètres qui entrent en ligne de compte dans les choix des étudiants. Et quoi qu’il en soit, nous sommes généralement appréciés par les candidats.
Si ce concours commun a pu être mis en place, c’est peut-être parce qu’il y a eu, ces trois dernières années, un changement de génération à la direction de pratiquement tous les IEP…cela peut en tout cas expliquer bien des choses. Nous pensons qu’il nous faut nous adapter à la globalisation de l’enseignement.
Les autres IEP sont-ils vos concurrents les plus directs ?
Je n’ai pas l’impression d’être en concurrence frontale avec les autres IEP. Nous avons une convention de mutualisation qui permet à un étudiant de terminer son cursus dans n’importe quel autre IEP. Chacun de ces établissements a des points forts et des points faibles. Pour notre part, nous sommes réputés en études européennes et en finance, notamment, mais l’on a rien sur le monde asiatique, qui est un point fort de l’IEP de Lyon. Plus que de concurrence, je parlerais de complémentarité.
Avec le LMD, le passage en cinq ans, la professionnalisation des cursus, quelle est désormais la mission de l’Institut d’Etudes Politiques que vous dirigez ?
Notre mission n’a pas changé. Elle est toujours de former des cadres du service public et du privé avec des facultés d’adaptation et de polyvalence ainsi qu’une ouverture sur le droit, l’économie, l’histoire, la science politique et l’international. Il y a 15 ans, on estimait qu’à cette fin, il fallait trois années de formation, ensuite nous sommes montés à quatre années, et maintenant nous formons ces cadres en cinq ans.
Quelle est votre offre de formation en gestion et quel suivi effectuez-vous de vos diplômés ?
On a un cursus en économie et finance qui débouche pour le moment sur un seul master en finance d’entreprise et de marché. Nous avons donc demandé l’ouverture de deux nouveaux masters en finance dans le plan 2009-2013.
Pour ce qui est du suivi de nos diplômés, on a un très bon suivi des carrières en finance et dans la fonction publique, par contre nous avons plus de mal dans les autres domaines. Nous allons donc développer un nouveau service de suivi de l’insertion avec l’association des anciens, qui est un partenaire essentiel dans ce genre de projets. Nous sommes en train de mettre les choses au point.
Avez-vous des projets en matière de fundraising ?
L’IEP de Strasbourg étant intégré à une université, nous ne pouvons pas mettre de structure en place. Cette démarche ne peut être initiée que par l’université elle-même. Ensuite, au sein d’une fondation, il est possible de dédier des ressources à certaines composantes, mais c’est à l’université de commencer.
Quel est votre budget de fonctionnement, plus réduit que celui d’établissements indépendants puisqu’il tient compte du fait que certaines dépenses sont mutualisées avec l’université ?
Il est de 850 000 euros environ. Nous avons de bons étudiants et des résultats. Mais il est vrai que ce budget est très inférieur à celui des autres Instituts (1).