L’IEP de Paris s’est repositionné à Bac+5 (en 2000), a favorisé les admissions parallèles à Bac+3, tout en continuant à recruter à Bac+0 et Bac+1. Il a ouvert des «filiales» à Poitiers, Dijon et Nancy, financées par les collectivités territoriales. Ce qui lui permet de venir chercher à domicile les bons élèves qui auraient pu être davantage tentés par un IEP plus proche.
L’Institut de la rue Saint-Guillaume a délaissé son image ‘Service Public’ et remplacé ses rigides sections par 22 majeures avec un système de cours à la carte -lesquelles majeures devraient se transformer en 10 Masters professionnels à compter de la rentrée 2004. Il a mis en place des chaires d’enseignement en partenariat avec les entreprises et entend développer son offre de formation continue dans ses sites délocalisés. Les frais de scolarité vont s’échelonner de 0 à 4.000 euros par an selon le revenu des familles, à la rentrée 2004, afin d’augmenter les ressources financières de l’établissement. Bref, Sciences-Po vient concurrencer les écoles de commerce sur leur propre marché. 80 % de ses diplômés se dirigent déjà vers les entreprises.
Sciences-Po compte en outre lancer un Master en Journalisme à partir de la rentrée 2004 –diplôme dont l’IEP attend qu’il soit reconnu par l’Etat et la profession. L’IEP était déjà l’antichambre des écoles de journalisme les plus prestigieuses : il sera désormais au centre de cette formation en France.
Enfin, l’IEP de Paris, avec 600 doctorants, reste un des champions de la recherche en science politique, en sociologie et en économie. Fort de ses 8 centres de recherche renommés et dynamiques et des Presses de Sciences-Po, il joue dans la cour des plus grandes universités en ces domaines (Sorbonne, Dauphine…).
Sciences-Po Paris, en pariant sur une stratégie de diversification - école de commerce, école de préparation aux concours de l’administration, école de journalisme, école doctorale…- tout en augmentant ses effectifs (de 4.000 en 1996, à 6.000 aujourd’hui), devient un acteur incontournable de l’enseignement supérieur dans nombre de domaines. Et ce, avec un des budgets les plus importants parmi les grandes écoles (73 ME, contre 60 ME pour HEC par exemple).