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ParisTech se fait connaître en Chine


Pour la première fois, à l’occasion de l’année de la France en Chine, s’est tenue du 23 au 31 octobre une semaine de l’enseignement supérieur de France en Chine. Plus de 150 établissements, dont une quarantaine d’universités, étaient représentés. Le 11 octobre déjà, la coopération en matière d’enseignement scientifique entre les deux pays était à l’honneur : le président Jacques Chirac, lors de sa visite d’Etat, a posé la première pierre du centre franco-chinois de l’université de Tong Ji, à Shangai, la métropole économique. Ce centre a été fondé par l’université et l’association ParisTech, regroupant 11 écoles d’ingénieurs françaises (1). Le délégué général de ce réseau, Bernard Bobe, en expose les finalités et aborde aussi la question de l’avenir de ParisTech.



- Que propose ParisTech pour les étudiants chinois ?

- En 1999 tout d’abord, l’Ecole nationale des Ponts et Chaussées (ENPC) et l’université de Tong Ji ont lancé un programme MBA. Il s’agit du Shangai international MBA (SIMBA), affilié au MBA de l’ENPC. Depuis sa création, 130 étudiants chinois l’ont suivi, et il a été classé 3e MBA international en 2003 en Chine. C’est pour ce programme qu’a été créé, avec ParisTech, l’Institut franco-chinois d’ingéniérie et de management (IFCIM), filiale à 50% de l’université de Tong Ji, à 25% de l’Ecole des Ponts et à 25% de ParisTech.

Par ailleurs, notre association propose des mastères spécialisés (MS, formation post-diplôme de deux semestres au minimum, ndlr) en double diplôme, gérés par l’IFCIM. Les étudiants passent une première année de scolarité à Tong Ji, et la 2e année en France, à l’INAPG ou l’ENST par exemple. En janvier dernier, 37 étudiants chinois suivaient la formation en France et 40 étaient en 1ère année à Shangai.

Enfin, il existe un programme « 50 ingénieurs chinois à ParisTech », qui consiste depuis 2000 à recruter sur titre (bachelor of science) des étudiants chinois de 9 universités (2) dont Tong Ji, pour une formation dans un des établissements de ParisTech, débouchant sur un master of science. 10 étudiants, recrutés l’année avant le bachelor, suivent en outre l’intégralité du cursus de l’Ecole Polytechnique. Actuellement, 124 élèves chinois sont en formation d’ingénieur dans les 11 écoles de ParisTech.

Tous ces programmes sont en développement. Les entreprises françaises installées en Chine recherchent ces profils, qui deviennent cadres dans des filiales. Et les Français sont toujours plus nombreux à vouloir travailler en Chine. C’est pourquoi nous avons eu l’idée d’un centre plus global dans lequel siègerait l’IFCIM. Le Centre franco-chinois pour la science, la technologie et l’innovation, créé conjointement par l’université de Tong Ji et ParisTech, est en cours de réalisation. Il sera un lieu de recherche et d’enseignement, un lieu de réunions et d’expositions, ainsi qu’un bureau pour les PME et les institutions françaises.

- Quels bénéfices attendez-vous de ces échanges avec la Chine ?

- Les écoles de ParisTech ont besoin de s’internationaliser. Elles forment les cadres dont la France a besoin, mais cette mission doit être étendue au monde. Il faut recevoir des étudiants étrangers en France, et envoyer des étudiants français à l’étranger. Il est utile de se confronter à d’autres cultures, et nous développons d’ailleurs des programmes pour l’Europe centrale et l’Amérique latine également. Les écoles d’ingénieurs restent ainsi fidèles à leur mission : fournir des cadres, en diffusant les méthodes francophones et francophiles.

- Les établissements français connus à l’étranger sont d’abord connus dans l’Hexagone, ce qui n’est pas suffisamment le cas de ParisTech. Comment comptez-vous y remédier ?

- Il est vrai que ParisTech n’est pas encore très connu en France. L’association est plus connue en Chine ! 5.000 personnes se sont rassemblées récemment à Shangai pour une conférence de ParisTech. Le réseau permet de mutualiser les actions internationales, et nous avons d’autres volets d’action, comme la mise en ligne sur un serveur commun de l’ensemble des thèses déposées par le écoles de ParisTech (programme Pastel) ou un incubateur d’entreprises avec Paris VI, Paris IX et l’ENS Ulm (Agoranov). Mais cela ne suffit pas. Notre ambition, formulée dans un livre blanc publié début juillet, est que ParisTech délivre des diplômes, si possible dès 2005. Nous comptons associer une école de commerce. Plusieurs nous ont d’ailleurs démarchés.

NB :

(1) Ecole Nationale du Génie Rural, des Eaux et des Forêts (ENGREF), Ecole Nationale des Ponts et Chaussées (ENPC), Ecole Nationale Supérieure d'Arts et Métiers (ENSAM), Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Paris (ENSCP), Ecole Nationale Supérieure des Mines de Paris (ENSMP), Ecole Nationale Supérieure des Télécommunications (ENST), Ecole Nationale Supérieure de Techniques Avancées (ENSTA), Ecole Polytechnique (EP), Ecole Supérieure de Physique et de Chimie Industrielles de la Ville de Paris (ESPCI), Institut National Agronomique Paris-Grignon (INA P-G), Ecole Nationale de Statistique et d'Administration Économique (ENSAE)

(2) Beijing (Pékin) : Beida (Peking University), Tsinghua University, China Agricultural University (CAU)
Nanjing (Nankin) : Nanjing University, South-East University (SEU), Nanjing Agricultural University (NAU)
Shanghai : Tong Ji University, Fudan University, Shanghai Jiaotong University

Propos recueillis par Alison Cartier
01/11/2005



Voir aussi : enpc, ensta, ingénieur, mba, paristech
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par marie-luce le 19/06/2008 16:22
China Agricultural University (CAU), est une très bonne université! Les dicteurs de cette école sont vraiment des gens sérieux!

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