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Créer une école de commerce leader en moins de 10 ans


Il y a quatre ans, l’Observatoire Boivigny s’était intéressé aux ambitions de deux business schools l'une allemande (European School of Management and Technology), l’autre française (Management Institute of Paris) qui avaient pour points communs d’avoir été créées au début des années 2000 et à l’initiative de dirigeants d’entreprise. Aucune de ces deux écoles n’avait alors une marque connue, mais les deux assuraient vouloir devenir des établissements leaders en Europe.



ESMT Berlin
ESMT Berlin
La première, l’ESMT (European School of Management and Technology) de Berlin, est en passe de réussir son pari, moins de dix ans après son lancement (octobre 2002).

Certes ses deux MBA, l’un à plein temps, l’autre à temps partiel, accrédités AMBA depuis 2009, sont encore de dimensions modestes :

Full-Time : 39 participants, qui payent 38 000 euros de frais de scolarité (hors logement)
Executive MBA : 31 participants, qui payent 57 000 euros chacun pour suivre les enseignements dispensés par 34 professeurs permanents et 30 enseignants visitants.

En outre, ceux-ci ne figurent par encore dans les rankings internationaux.

Mais l’ESMT, qui emploie 138 personnes en équivalents temps plein, a réalisé une véritable percée dans le classement du Financial Times avec sa formation continue. L’établissement a vendu pour 10,1 millions d’euros de prestations en 2010 auprès de 2418 participants (à comparer aux 20 millions d’euros générés par l’Essec ou aux 9 millions enregistrés par l’EM Lyon, des écoles plus que centenaires) et figure cette année au 17ème rang mondial (23ème pour les programmes sur mesure, + 11 places par rapport à 2010, et 15ème dans les programmes inter-entreprises, + 6 places par rapport à 2010), à égalité avec la London Business School.
Elle devient ainsi dans ce domaine l’école leader en Allemagne et quasiment la seule à ce niveau - l’ESCP à travers son campus berlinois propose également des formations classées par le FT.

Avec ses MBA, son budget total a atteint 17,2 millions d’euros l’an passé. Quant à son fonds de dotation (endowment), il s’élève désormais à 115,2 millions d’euros.

MIP à Paris
MIP à Paris
De son côté, le second établissement auquel nous nous étions intéressés, le MIP (Management Institute of Paris) a connu un destin tout autre. Lancé en 2004 par Bruno Bich (président du conseil d’administration de Bic) Martin Bouygues (président directeur général de Bouygues) et Claude Bébéar (président du conseil de surveillance d’Axa) avec comme ambition de faire partie des meilleurs, cet établissement a…disparu. Du moins sous sa forme de l’époque, puisqu’il a été absorbé en juillet 2010 par le groupe Edhec qui a effacé sa marque (les jeunes étudiants ont été rattachés à l’Espeme, programme post-bac, et les activités de formation continue fondues dans celles de l’Edhec). Avant d’être racheté, le MIP annonçait un modeste budget de 3 millions d'euros, une dizaine de salariés, 75 professeurs associés et sept permanents à temps partiel.

La différence essentielle entre les deux projets tient dans le fait que l’ESMT s’est focalisée uniquement sur la formation continue et les MBA (sur le modèle de l’IMD ou de l’Insead ), s’appuyant dans un premier temps sur les participants fournis par les 25 entreprises qui avaient contribué à la création de l’établissement. Elle émergeait, de plus, sur un marché allemand relativement peu concurrentiel. Tandis que le MIP s’est éparpillé entre des MBA, des masters, de la formation continue et une école post-bac, soit autant de publics différents. La société créée pour mener à bien cette activité (Management Institute of Paris SAS) avait déposé cinq marques commerciales différentes (M.I.P./M.I.P.-PARIS/M.I.P.-FRANCE/HIGHKAP/A NEW BUSINESS ATT) et n’avait su en imposer aucune dans un marché français déjà bien chargé.

Pierre-Alban Pillet
14/05/2011
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Voir aussi : edhec, esmt, insead, mba
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Pierre le 14/05/2011 18:37

La différence tient surtout au fait que le projet berlinois était réfléchi, avec une stratégie et un vrai investissement intellectuel, alors que le Management Institute of Paris était un projet d'amateurs. Monté par des chefs d'entreprises ne connaissant rien à l'enseignement supérieur, mais persuadés d'être bien plus compétent que les "profs" qu'ils méprisent et dont ils croient pouvoir se passer. L'échec, prévisible et prévu, de MIP est la suite d'une longue liste d'écoles médiocres et éphémères (Tapie et autres) montées par des patrons aussi prétentieux qu'incompétents. Que les patrons sincèrement intéressés par l'enseignement coopèrent avec les écoles. Mais qu'ils ne cherchent pas à se substituer à elles. Chacun son métier.

2.Posté par Pierre le 14/05/2011 19:00

Relire l'interview de Benoît Arnaud est accablant. Il n'est pas seul responsable. Ses patrons le sont encore plus que lui. Mais tous ces gens ont trompé une multitude de jeunes sur la qualité de leur formation. Le vrai scandale est là.

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