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Opération campus : les six premiers projets gagnants


Sur 46 dossiers de candidature adressés au ministère, six projets de campus d’excellence ont été retenus à l’issue du premier round : ceux portés par des universités et écoles de Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Toulouse. En tout 19 universités, 17 écoles, 340 000 étudiants et 13 000 chercheurs sont concernés.



Opération campus : les six premiers projets gagnants
Fort logiquement, puisqu’il s’agit de renforcer la visibilité internationale des campus français, le comité de sélection désigné par le ministère a choisi des projets portés par plusieurs établissements à la fois, dans de grandes villes universitaires. « Les équipes retenues ont désormais 6 mois pour finaliser le projet immobilier, nouer les partenariats et monter un plan de financement général », précise le ministère.

La deuxième vague de l’appel à projets aura lieu sous un mois. Les équipes qui le souhaitent ont jusqu’au 27 juin pour déposer à nouveau un dossier. La seconde vague devrait davantage concerner la région parisienne, avec probablement un campus retenu sur le plateau de Saclay et un autre pour soutenir la cité des humanités et des sciences sociales d'Aubervilliers. L’ensemble des 10 sites retenus sera connu vers la mi-juillet.

Rappelons que l’opération campus s’inscrit dans le plan annoncé par Nicolas Sarkozy qui vise à « rénover et redynamiser les campus existants » grâce à un investissement de 5 milliards d'euros, provenant pour partie de la vente, réalisée début décembre 2007, d'actions EDF de l'Etat (pour 3,7 milliards d’euros).

Détails des six projets retenus :

Opération campus : les six premiers projets gagnants
- projet porté par le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur Université de Bordeaux sur le site Talence – Pessac – Gradignan
- projet « Grenoble, Université de l’innovation » porté par l’Université Joseph Fourier, Université Pierre Mendès-France, Université Stendhal, Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG), sous réserve que les futurs Présidents d’universités confirment leur engagement dans ce projet
- projet « Lyon cité Campus » porté par le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur Université de Lyon, uniquement pour les campus Charles Mérieux et La Doua.
- projet porté par les universités de Montpellier I, II et III, sous réserve que les futurs Présidents d’universités confirment leur engagement dans ce projet
- projet porté par l’université de Strasbourg I, II et III (dont la fusion des universités est prévue au 1er janvier 2009), uniquement pour le campus « Historique – Esplanade »
- projet porté par le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur de Toulouse uniquement pour les sites Rangueil et Toulouse-centre. (La rénovation de Toulouse Le Mirail étant d’ores et déjà prévue sur crédits budgétaires)

C.Angeli
28/05/2008



Voir aussi : campus, pres, saclay
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Jip le 30/05/2008 18:33
Saclay est un candidat incontestable, mais qu'y a-t-il de plus fumeux que la soi-disante "Cité des humanités et sciences sociales d'Aubervilliers ?"
Le projet réunit l'EHESS, l'EPHE et Paris I. C'et ensemble n'est pas un PRES, et n'est même pas construit autour d'une université. Car Paris I, que l'on sache, n'a pas décidée de franchir le périphérique avec armes et bagages. Quelle est la logique ?
Que l'EHESS déménage en bloc peut être apprécié ou pas, mais cela a une logique. Paris I qui est au centre de Paris veut envoyer une partie de ses troupes extra-muros. Quelle est la logique ?De plus Paris I appartient au PRES "Paris-Centre" qui propose un dossier concurrent. Quelle est la logique ?
Peut-on parler de "la cité" puisqu'il y a deux sites prévus : Aubervilliers et la Porte de la Chapelle. Quelle est la logique ?
Pouvez-vous nous expliquer pourquoi, contre toute logique, ce projet figure parmi les éligibles ?

2.Posté par christophe le 31/05/2008 20:02
Cher Jip,

Le plateau de Saclay a également ses défauts, à peu près les mêmes que ceux de la Cité des humanités et sciences sociales d'Aubervilliers : sites éclatés, projets concurrents, écoles qui doivent déménager. Je vous rappelle que les établissements présents sur le plateau ont été incapables de présenter un projet commun pour le premier tour, à tel point que la ministre a repris les choses en main directement.


3.Posté par Jip le 01/06/2008 14:46
Cher Christophe
Pas de comparaison possible. Autour de Saclay il y a une université centrale, classée 2ème en France, des écoles de premier rang et des grands organismes. Un potentiel objectivement considérable. Il est regrettable que ces établissements n'aient pas réussi à se mettre d'accord. Mais en quoi cela justifie-t-il le projet de Gennevilliers qui ne repose sur rien de comparable ?

4.Posté par GM le 01/06/2008 17:35
Cher Jip,

Avec tout le respect que je vous dois, je vous trouve cependant bien méprisant à l'égard de Paris 1 et des Sciences Humaines en général.

Pour votre information, l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne est aux Sciences de l'Homme et de la Société ce que l'Université Paris 6 est aux Sciences "dures" (car vous avez l'air de plus vous intéressez à celles-ci). Selon tous les classements (Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, Institut Montaigne,...), Paris 1 est aujourd'hui le leader français incontesté des Sciences Humaines et Sociales.

D'autre part, qui pourrait critiquer le fait d'allouer plus de moyens immobiliers (à part vous Jip) :
- à la seule marque internationale française au prestige mondial (comme Harvard ou Oxbridge), la Sorbonne, et à la plus ancienne université mondiale avec Bologne et Oxford,
- à une université proposant de nombreux doubles diplômes avec les meilleures universités au monde comme Columbia University of New York, King's College of London, Oxford University,...
- au premier pôle universitaire français en nombre d'étudiants (40 000),
- à une université pluridisciplinaire qui dès sa modernisation après 68 a choisi d'associer à la fois les Sciences Humaines (Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l'ancienne Université de Paris, Sorbonne) et les Sciences Sociales (Faculté de Droit et Sciences Economiques de l'ancienne Université de Paris, Panthéon) et qui a démontré en 30 ans la pertinence de son positionnement, contrairement à des universités monodisciplinaires comme Paris 2 (Droit), Paris 3 et Paris 4 (Sciences Humaines) ou même Paris 6 (Sciences), qui aujourd'hui comprennent le besoin urgent de se regrouper au sein d'une alliance pluridisciplinaire (Paris Universitas),
- à l'université la plus appréciée par les recruteurs français selon le Nouvel Economiste (avec d'autres Grands Etablissements comme Dauphine ou Sciences Po),
- à une université considérée par tous comme le leader de l'enseignement et de la recherche dans des disciplines modernes et ouvertes aux Grandes Ecoles comme en Sciences de Gestion (avec Dauphine, avec qui elle propose déjà un MBA commun, avec HEC, avec qui elle propose déjà une Ecole Doctorale commune, ou avec l'ESSEC, avec qui elle propose un Master commun), en Sciences Economiques (avec Toulouse 1 et de surcroît membre fondateur de l'Ecole d'Economie de Paris avec l'ENS Ulm, EHESS, ENPC, l'INSEAD,...), en Banque-Finance (classée deuxième par SMBG ou Consorama) ou en Stratégie et Consulting (classée deuxième par Consorama après HEC), en Environnement et Développement Durable, en Droit des Affaires, en Immobilier, etc. tout en conservant son leadership en Philosophie, Histoire, Géographie,...

Non Jip, Paris 1 n'est pas une université comme les autres, par son histoire, son excellence académique, ses formations professionnelles, sa notoriété internationale et son positionnement interdisciplinaire, elle a déjà le capital symbolique et humain pour devenir un leader dans la compétition mondiale. Il ne lui manque plus que le capital financier et des bâtiments pour loger ses étudiants, enseignants et chercheurs.

Le Projet de Campus Condorcet est tout à fait pertinent:
- de part le statut d'université de recherche à notoriété internationale de Paris 1, l'EPHE et l'EHESS,
- étant donné le lien fort qui unit ces deux écoles et cette université depuis de nombreuses années,
- parce que Paris 1 est une des universités françaises les moins bien loties en superficie (rapport étudiants /m2). Je vous invite d'ailleurs à regarder l'émission Ripostes de dimanche dernier sur France 5 sur l'état extrêmement dangereux pour la sécurité des étudiants de Paris 1 de certains centres comme Tolbiac,
- parce qu'il n'existe justement aucun véritable campus dédié aux Sciences Humaines et Sociales dans la région parisienne et qu'il est urgent de remédier à ce problème de dispersion (Paris 1 = 26 centres),
- parce que ce campus s'inscrit parfaitement dans une politique d'aménagement du territoire et du Grand Paris,
- parce que ce projet permet des collaborations renforcées avec d'autres universités en Sciences Humaines d'excellence comme Paris 8 et Paris 13 (et la MSH Paris Nord) et ainsi de fonder le socle d'un futur champion mondial des SHS,
- et enfin car les universités scientifiques sont trop souvent privilégiées au détriment de l'enseignement et de la recherche en SHS.

On critique souvent les universités pour leur manque d’initiatives ou de vision stratégique, et bien réjouissons-nous que le leader français des SHS, Paris I Sorbonne, symbole de nos universités françaises à l’étranger et de notre système universitaire méritocratique et républicain, proposent deux projets dans le cadre de l’Opération Campus afin de continuer à exister sur la scène internationale.

Vous devriez espérer Jip, avec nous, étudiants et anciens élèves de Paris 1, qu’au moins un des deux très bons projets de Paris 1 (Paris Aubervilliers ou Paris Centre) soit retenu lors de la deuxième phase de sélection.

Bien à vous,

Guillaume Mariani
Sorbonne Post-Scriptum, Réseau Professionnel et International des Etudiants et Anciens Elèves de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (association loi 1901).

PS: mon analyse ne remet bien évidemment pas en cause l'excellence de ParisTech ou ParisSud et je trouve bien dommage que l'on doive choisir d'octroyer ces moyens supplémentaires à si peu d'universités françaises, mais je suppose que cela permet de générer une compétition accrue entre nos chères universités...
http://www.facebook.com/group.php?gid=5736708107

5.Posté par Jip le 02/06/2008 10:15
Cher Guillaume Mariani,
Bravo pour votre défense des sciences sociales et de Paris 1 à la quelle j'adhère totalement. C'est un plaisir pour moi de lire un pareil pladoyer sur mon université préférée...
Car vous vous méprenez complètement sur le sens de mon propos. Je ne méprise pas les sciences sociales, et j'ai de bonnes raisons pour ça ! Je ne critique pas l'Université Paris 1, j'en suis diplômé ! Je ne nie pas les besoins de Paris 1, ils sont évidents. Je critique la stratégie incohérente de son président, ce qui est tout à fait différent.
1) Présenter deux projets dans ce genre de concours c'est affaiblir chacun d'eux.
2) Le projet consistant à envoyer une partie de Paris 1 en banlieue est incohérent avec la logique du concours qui consiste à renforcer les concentrations de site
3) Le concours vise à créer des pôle autour d'une université (ou d'un groupe d'universités) prise en entier. Ce n'est pas avec des bouts de Paris 1 et des bouts de Paris 8 et 13 que vous faites un champion international.
4) La concurrence internationale n'est pas entre "campus" mais entre universités. Vouloir créer un "campus champion" c'est raisonner faux. L'objectif est de créer des universités championnes.
5) Ce qui suppose une forte cohérence géographique. Paris1 fait le contraire. Il vaut mieux plusieurs petites antennes à proximité dans Paris intra muros qu'une grosse annexe très éloignée qui va casser Paris 1 en deux.
6) La stratégie d'une université autonome ne consiste pas à servir d'instrument aux objectifs d'aménagement du territoire de tel ou tel. C'est en étant instrumentalisée de la sorte que les universités françaises perdent toute cohérence.
Je suis heureux d'apprendre l'existence de votre association sur laquelle je vais m'informer.
Très cordialement

6.Posté par GM le 02/06/2008 12:47
Cher Jip,

Je suis ravi d’apprendre que vous êtes diplômé de Paris 1 et je suppose que vous vous réjouirez alors de tout moyen supplémentaire qui serait accordé à notre université paupérisée et dans l’asphyxie.

1) Je crois que présenter deux projets augmente les chances de Paris 1 d’obtenir le financement d’un de ses deux projets. Cela montre l’urgence dans laquelle est cette université en SHS. Après il est évident que c’est un choix stratégique que doit adopter Paris 1 et le Ministère. Parrainer un projet avec deux autres universités pluridisciplinaires au centre de Paris et/ou parrainer un projet avec deux grandes écoles en SHS dans la région parisienne ? Plutôt que de critiquer Paris-Aubervillers Jip, pourquoi ne pas faire l’apologie du PRES Paris Centre Universités ? :-)

2) & 3) Votre argument sur la concentration de site n’a pas été utilisé par la Commission Opération Campus. En revanche, je le trouve personnellement pertinent. Cependant, le fait d’avoir 26 centres dans 6 arrondissements de Paris et dans 3 départements n’a pas empêché Paris 1 de fonctionner jusque là. Certes, nous souhaiterions avoir la Sorbonne que pour nous, mais nous n’allons pas chasser Paris 3 Sorbonne Nouvelle ou Paris 4 Paris Sorbonne ?! Certes, nous souhaiterions avoir le Panthéon que pour nous, mais quid de Paris 2 Panthéon Assas ?! Certes, nous souhaiterions un campus unique regroupé sur un seul site géographique, à la tête d’un réseau d’anciens, je sais à quel point c’est important pour créer un sentiment d’appartenance, etc. Cependant, il faut aussi prendre en considération les possibilités matérielles, immobilières et les capacités financières disponibles…

4) Ceci n’est pas un scoop et je tiens à souligner que je n’ai aucune information particulière. Mais qui vous dit que le campus P-A ou PCU n’est pas une première phase avant une autre ? Comme vous le savez déjà Jip, Paris 1 n’a pas de véritable campus. Et pourtant, elle trust le haut des classements en SHS…

5) Nous serons d’accord là-dessus. Mais a-t-on d’autres alternatives ? Quelles sont vos propositions immobilières ? Si vous avez des bons plans pas chers à Paris, n’hésitez pas à faire suivre à la Présidence de Paris 1. :-)

6) Nous dépendons des pouvoirs publics et pour les convaincre du fondement d’un projet à financer, il faut savoir utiliser leur langage…

Je suppose que nous n’arriverons pas à nous mettre d’accord. :-)

Notre débat sur un site consacré à l'enseignement supérieur en général, est très parisien, très élitiste (cf. les entités qui composent Paris-Aubervilliers ou le plateau de Saclay), voire très panthéon-sorbonnard :-), donc j'en terminerai là.

J'ai été ravi d'avoir pu échanger avec vous.

Bien cordialement,

Guillaume Mariani
Sorbonne Post-Scriptum, Réseau Professionnel et International des Etudiants et Anciens Elèves de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (association loi 1901).

PS : Jip, vous pouvez d'ors et déjà nous rejoindre sur les principaux réseaux sociaux en ligne. Notre site officiel sera lancé à la rentrée prochaine.

http://www.facebook.com/group.php?gid=5736708107

7.Posté par Michel Rose le 17/06/2008 22:45
GM,

Mais de quels classements parlez vous? Leader des Sciences Humaines et Sociales? C'est vous qui le dîtes et j'aimerais vous croire, mais il faudrait amener quelques preuves et pas seulement un plaidoyer certes passionnée mais peu appuyé par des faits précis.

Le problème de Paris 1 c'est le fait qu'elle veule jouer seule dans la cours des grands, ce que malgré vos dires, elle n'est pas. Ou est-elle dans le classement de Shanghai? Dans celui du THES? Je ne remet pas en cause l'excellence de certaines filières et la renommée du nom de Sorbonne à l'étranger, mais Paris I n'est PAS la Sorbonne. Paris IV (qui a elle aussi des accords avec Columbia et Oxford, et oui) a autant de légitimé à s'appeler Sorbonne - et son ancien président ne s'est pas privé d'utiliser "la marque" pour ouvrir une branche à Abu Dhabi.

Mais c'est justement ce genre de querelle de cloché qui affaiblit l'enseignement universitaire français dans la compétition internationale, alors que la France a la chance d'avoir un nom connu jusqu'au fin fond du Midwest. Si Paris I, Paris III et Paris IV (et pourquoi pas Paris 6) fusionnaient (comme le fait Strasbourg) pour recréer l'ancienne Sorbonne, Paris et la France pourraient enfin avoir cette université à la taille critique capable de rivaliser avec Harvard ou Oxford.

Et Jip a tout à fait raison de contester la stratégie du Président de Paris I. Si Panthéon-Sorbonne devait joindre un projet, ce serait celui de Paris Universitas afin de garder une cohérence de lieu (le campus historique c'est la place de la Sorbonne et le quartier latin) et d'utiliser au mieux les qualités de chacun. Il est dommage que Paris I se disperse dans d'autres projets qui sont certes très ambitieux et nécessaires (école d'économie de Paris), mais contre-productif dans une perspective internationale de regroupement logique.

Un projet "Sorbonne united" est le seul qui ferait sens dans le centre de Paris.

8.Posté par GM le 18/06/2008 01:50
Michel Rose, seriez-vous la seule personne de France à ignorer que Paris 1 est le leader français des Sciences Humaines et Sociales? :-)
Lettre de l’Etudiant (889)
http://blogs.univ-paris5.fr/iutbib/weblog/category/Lettre+de+l'Etudiant+et+Note+du+MENESR

En ce qui concerne les classements Michel, je me réfère aux classements réguliers de référence en SHS du Ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche et de l'Institut Montaigne. Il n’existe pas de classement globaux aujourd’hui, uniquement des classements très anglo-saxons (regardez les participants du panel du THES et la représentativité… On critique le classement des Mines, mais finalement… ;-) A voir aussi le travail des étudiants de Sciences Po Paris au sein du cours de Monsieur Bruno Latour sur les critères des classements… Ludique et criant de vérité). Notre défi est d’élaborer des classements locaux ou glocaux, par spécialité, en séparant les Sciences des SHS, etc.

Mais pourquoi opposez-vous tout de suite Paris 1 et Paris 4? Je n'ai jamais critiqué P4... Faire l'éloge de Paris 1 ne veut pas dire que les autres universités sont nulles! Loin de moi l'idée de déprécier les autres universités parisiennes... Bien au contraire! Plutôt que d'opposer les universités ou écoles (Oui mais Paris 4 a des partenariats avec Oxford, Oui mais Assas avec Cambridge, Oui mais Sciences Po avec Columbia et HEC avec LSE, etc.), essayons de fédérer! Et Jean-Robert Pitte allait justement à l'encontre de cela. Je ne m'étendrai pas sur la vente scandaleuse de la marque "Sorbonne" à l'étranger mais ni Paris 4, ni Paris 1 (comme vous l'avez bien dit), ni Paris 3, ont le monopole de cet héritage et de la seule marque internationale de l'enseignement supérieur français.

A titre personnel, je suis d'accord avec vous Michel et j'en avais d'ailleurs parlé au président de Paris 1 dès notre première rencontre. Je suis un professionnel et non un enseignant/chercheur et j'ai donc d'autant plus de mal à comprendre les différences idéologiques (universités monodisciplinaires: P2, P3, P4, P6, P9 contre universités pluridisciplinaires: P1, P5, P7,...) ou politiques (droite/gauche) qui ont "justifié" une telle séparation de la Sorbonne en 13 universités parisiennes après 68 (!!!). Ces clivages et cette guerre fratricide entre les héritières de l'Université de Paris n'ont plus lieu d'être. Je suis passionné par l'histoire et les valeurs de la Sorbonne et notre association, le Sorbonne Post-Scriptum, est justement aussi là pour rappeler cet héritage aux étudiants, aux anciens et enseignants de Paris 1. Je ne comprends pas que certains pensent que les historiens ou géographes de P4 ne pourraient pas s'entendre avec ceux de P1 et vice-versa. Malheureusement, à plusieurs reprises, on m'a répété dans le monde universitaire comme contre-argument: "la collaboration entre chercheurs ne se décrète pas!"... :-)

J'ai notamment étudié à la London School of Economics, donc je connais, tout comme vous Michel, les avantages d'un campus unifié et regroupé au centre d'une grande capitale. Cet élément est crucial pour le développement d’une visibilité internationale et d'un sentiment d'appartenance à une institution (et donc pour l'efficacité du réseau d'anciens et donc pour le fundraising). En attendant, en tant que président du réseau des étudiants et des anciens élèves de Paris 1, mon devoir est de défendre notre université et sa présidence (statuts et principe de loyauté). Je n'ai pas à critiquer la stratégie de la présidence de Paris 1 (et surtout pas en public!). En revanche, nous conservons notre indépendance et pouvons élaborer des propositions "positives" qui arriveront dès la rentrée prochaine sur le blog SPS de notre site Internet (en septembre).

En ce qui concerne votre projet "Sorbonne united", il exite probablement déjà: il s'appelle provisoirement Paris Centre Universités! :-) "Paris Universitas" n'est pas un PRES et certains disent même que c'est une vague "alliance" de faire-valoir autour de Paris 6... A lire : les commentaires sur le rejet du projet de Paris Universitas dans le cadre de l’Opération Campus et notamment ceux de Louis Vogel ou de Richard Descoings. L’un des bémols de votre projet Michel, c’est qu’il ignore les Grandes Ecoles. Or nous avons besoin d’en finir une fois pour toute avec ce système dual Grandes Ecoles Vs Universités unique au monde, hypocrite, élitiste et reproduisant constamment les classe sociales, vous en conviendrez. Il faut travailler à un rapprochement entre universités, certes, mais aussi entre universités et grandes écoles.

Paris Centre Universités (PCU) est un PRES à l'initiative de Paris 1, construit à partir d’une stratégie de complémentarité entre ses membres, plutôt que de poursuivre une course effrénée à la « taille critique » comme Paris Universitas, et avec de réelles synergies au centre de Paris depuis longtemps: accueil des étudiants étrangers, journée numérique, portail, insertion professionnelle, doctoriales,.... Ce n’est pas pour rien si Dauphine (membre de Paris Universitas) a proposé son propre projet à part lors de l’Opération Campus, si l’EHESS (initialement membre de Paris Universitas) s’est finalement ralliée à Paris 1 Panthéon-Sorbonne pour son campus Condorcet (Paris-Aubervilliers), que Sciences Po Paris (initialement partenaire d’un autre PRES) s’est aussi rallié à Paris Centre dans le cadre du Plan Campus et enfin, qu’ici même, sur le site de l’Observatoire Boivigny, on a parlé d’une volonté de l’ESCP-EAP d’intégrer aussi PCU… Oh mon Dieu, ces prestigieux Grands Etablissements et Grandes Ecoles se seraient-ils fourvoyés???!!! Seraient-ils devenus fous en s’alliant à PCU (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris 5 Descartes et Paris 7 Diderot ) ? :-) L’avenir nous le dira…
Enfin, espérons un rapprochement entre les deux entités, et plus exactement une intégration progressive et réfléchie des membres les plus sages, avisés et complémentaires de "Paris Universitas" et des meilleures Grandes Ecoles Parisiennes au PRES Paris Centre, car il faut en effet que ca bouge à Paris...

Cordialement,

Guillaume Mariani

9.Posté par Elsa le 18/06/2008 09:22
Bonjour,
Ancienne étudiante de Paris 1, actuellement inscrite en doctorat à l'EHESS, je tenais à dire combien je suis satisfaite de voir ces deux établissements partenaires du même projet campus. Car la modernité de Paris 4 n'est que de façade : Abu Dhabi, appropriation abusive du label Sorbonne etc... mais les séminaires restent à dépoussiérer, croyez-moi ! Alors oui, Michel, à côté de l'amas monodisciplinaire de Paris Universitas, la collaboration de Paris 1 et de l'EHESS (et de l'EPHE, que je connais moins), dont l'ancrage et le potentiel pluridisciplinaires font la force et la visibilité internationales, constitue le socle d'un projet d'avenir, qui a de nombreux atouts pour être sélectionné. L'EHESS a fait le bon choix à mon avis. Quant à la stratégie du président de Paris 1, que vous critiquez sur le plan des choix géographiques de redéploiement, permettez-moi de vous dire qu'il est surprenant de nier dans ce cas ce qui apparaît ailleurs et à juste titre comme innovant et ambitieux, lorsqu'il s'agit de la vision du Grand Paris portée par la municipalité.

cordialement,

Elsa

10.Posté par Michel Rose le 24/06/2008 17:45
Elsa, le plan campus doit etre compris pour ce qu'il est: un plan CAMPUS. Un campus, c'est un lieu de vie, ou etudiants, chercheurs, professeurs, peuvent echanger, debattre, sentir qu'ils font partie d'une meme communaute de pensee. Cela cree in fine un esprit de corps, indispensable pour qu'une universite se developpe et atteigne une renomme internationale, par la solidarite de ses anciens eleves (et pas seulement dans une optique carrieriste).

Or, le campus naturel de la Sorbonne, celui que le monde entier connait et qui lui donne cette identite forte et qui participe a la legendaire vie intellectuelle de la capitale, c'est le Quartier Latin. Je suis pour la formation d'un Grand Paris, je suis d'accord avec vous, les frontieres du 75 sont trop etroites et ne veulent plus rien dire. Mais un campus a cheval sur deux departements est un oxymore! Les cooperations c'est bien, mais cela n'a AUCUNE visibilite a l'internationale. Pour cela, Paris devrait prendre exemple sur la Province: a Strasbourg par exemple, universites et grandes ecoles (l'IEP par exemple) se regroupent pour former un seul et meme ensemble clair et coherent: L'Universite de Strasbourg.

Pour Paris 1, son heritage Sorbonnien l'oblige a voir les choses en face: le seul projet lisible a l'etranger serait la fin de la fragmentation des differentes Sorbonne, et donner a une nouvelle entite le monopole du nom "La Sorbonne", qui pourrait aussi integrer de grandes ecoles certes excellentes et connues dans certains cercles inities, mais dont le nom n'est qu'une serie de sigles indechiffrables pour 90% des etudiants de cette planete. Il ne s'agit pas de former un mastodonte bureaucratique au detriment d'une recherche de qualite, mais de reformer une communaute de pensee, unie dans la diversite, qui pourrait enfin redonner a la France une institution influente et respectee pour son excellence.

Guillaume, nous sommes d'accord sur l'essentiel, mais concernant les grandes ecoles, je pense qu'il serait possible de les rattacher aux universites tout en gardant leur specificites de selection et de financement: pour chaque universite pluridisciplinaire (melant Science de l'Homme et Sciences dures), rajouter une ecole de commerce et une ecole d'ingenieurs ainsi qu'un Institut d'Etudes Politiques, qui apparaitraient a l'etranger comme des Departements de commerce, d'ingenierie et de sciences politiques sous la seule et unique identite de l'Universite, et en France, pourraient garder le droit de selectionner et de fixer leurs frais d'inscription de maniere autonome. Cela se fait deja, le CELSA par exemple est un grand etablissement au sein de Paris IV.

Les etudiants de ces entites pourraient par exemple prendre jusqu'a 25% de leurs cours dans un "departement selectif", et vice versa. Cela pourrait permettre aux etudiants des grandes ecoles de s'ouvrir a une certaine exigence intellectuelle et une demarche scientifique ou l'universite excelle, mais aussi aux etudiants de l'Universite de s'initier a des pratiques professionnelles et d'assister a des cours plus en phase avec le monde du travail. On peut imaginer que la super universite creee s'occuperait de l'image et des relations internationales de cet ensemble (le point faible des grandes ecoles qui sont trop petites et incomprehensibles a l'international), et qu'en contrepartie, les grandes ecoles membres pourraient reverser une petite partie de leurs fonds (5 a 10%) a la nouvelle entite.

Bien sur ceci ne sera jamais mis en place par des etablissements jaloux de leur autonomie et specificite. Cela demanderait un courage politique qui ne peut venir, a mons avis, que du sommet de l'Etat. Mais c'est tout de meme interessant de voir l'enseignement superieur se mettre en branle depuis quelques mois, et je suis optimiste quant a son evolution a moyen-long terme.

Sinon je ne veux pas jouer les rabats joie Guillaume, mais le dernier classement de l'Institut Montaigne ne fait pas vraiment de Paris 1 "le leader francais des Sciences humaines et sociales"... ce role echoue a l'IEP de Paris, encore et toujours, selon ce classement (discutable):

http://www.institutmontaigne.org/medias/2008%2002%2011%20Classement%20des%20etablissements.pdf

11.Posté par GM le 24/06/2008 19:34
Merci pour le lien Michel.

« Pour aller plus loin, et affiner encore un peu plus ce classement, il faudrait pouvoir disposer de la liste des laboratoires classés A+ (haut niveau international). Malheureusement, cette liste est soigneusement tenue secrète…" Institut Montaigne
Secrète ? Vraiment ? ;-)

En Sciences, Paris 6, seulement 12ème?! En SHS, Paris 1, seulement 5ème?! En effet, ce classement reste contestable Michel, comme tout classement d'ailleurs :-)
Si l’on prend le nombre de chercheurs déclarés ou le nombre de chercheurs publiants Paris 1 arrive alors numéro 1 :-)

Mais plus important encore, si nous nous référons à la donnée clef : le numéro de chercheurs A+, Paris 1 est numéro 1 avec 344 chercheurs A+ (c’est énorme pour les SHS !) et Paris 4 numéro 2 avec 274 chercheurs A+. Pour faire un classement en SHS de dimension internationale, c’est ce critère qu’il faut retenir.
A l’étranger, les chercheurs ou professionnels ne mesurent pas les effectifs, on ne fait pas de pourcentage en rapportant le nombre de publications internationales aux effectifs de l’établissement. :-) Seuls certains classements, qui portent plus d’importance à « l’efficacité » ou plutôt à la productivité des chercheurs, le font (et de plus, sans prendre en compte les moyens financiers ou légaux).

Le problème de ce classement, c’est qu’il peut faire croire à certains étudiants ou lycéens, à tort, que la formation de Sciences Po est meilleure que celle de Paris 1 Panthéon-Sorbonne ou de Paris 4 Paris-Sorbonne. Or c’est faux. D’une part parce que ce classement ne mesure que la recherche et non la formation. Et d’autre part, puisqu’il repose sur un critère unique qui n’apporte pas grand chose aux étudiants de l’IEP (qui ne bénéficient pas majoritairement de cours de chercheurs A+)…
A Paris 1, la plupart des chercheurs enseignent aussi beaucoup, contrairement à l’IEP Paris, où la dichotomie entre les deux fonctions (vacataires qui enseignent et professeurs qui recherchent) est beaucoup plus marquée…

Quel est le nombre de vacataires qui enseignent à Sciences Po en comparaison au corps professoral permanent ? Faut-il écouter toute la communication du médiatique directeur de l’IEP Paris sans esprit critique ? Qu’y a-t-il derrière les « Ecoles » de Journalisme, etc. de Sciences Po Paris ? Quelle est la valeur des « formations juridiques » de cet IEP ? Au fait, quid du « MBA » Sciences Po ?

Enfin, la différence de moyens octroyés aux Grandes Ecoles ou à l'IEP Paris (Grand Etablissement et non pas une université) et ceux accordés aux universités est totalement scandaleuse ! (10 000 euros pour un étudiant de l’IEP Paris et 7 400 pour un universitaire)… :-(

A bientôt Michel,

Bien cordialement,

Guillaume

12.Posté par GM le 25/06/2008 12:11
PS : En ce qui concerne la professionnalisation, lorsque je faisais mon Master en Management Stratégique International à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 50% des cours étaient assurés par des enseignants/chercheurs reconnus internationalement (notamment Hubert de La Bruslerie, président de MSG France, Directeur de l’Ecole de Gestion de la Sorbonne et du Master, Chercheur en Finance, Jean-Marc Lehu, Directeur du Master Logistique de Paris 1 et Chercheur en Marketing et Communication, Alain Pietrancosta, Directeur du Master de Droit Financier de Paris 1 et Chercheur en Droit des Sociétés et Droit Boursier International, Roland Gillet, Directeur du Master de Gestion Financière et Fiscale de Paris 1, Chercheur en Finance, etc.) et l’autre moitié des séminaires était assurée par de grands professionnels : Consultants, Managers, Directeurs, Avocats,… de dimension internationale. Outre le projet professionnel de début d’année, les conférences des CCE (Conseillers du Commerce Extérieur) tout au long de l’année, le rapport de stage obligatoire, le Grand Oral de Culture Générale, Managériale, Economique et Financière de fin d’année devant un parterre de professeurs et professionnels, il fallait aussi effectuer dans le cadre de ce Master un stage d’au moins 6 mois. Cela fut mon 6ème stage en entreprise dans le cadre des mes études à Gestion Sorbonne… Le Master 2 Professionnel en Management Stratégique International (200 euros) de Paris 1 Panthéon-Sorbonne fut classé meilleur troisième cycle en ‘Stratégie et Consulting’ de France avec le M.S. de HEC (15 000 euros) en 2007 par Consorama. Enfin, il faut souligner que les Ecoles Doctorales de Gestion Sorbonne (UFR06, Paris 1) et l’IAE Paris (Institut, Paris 1) collaborent depuis de nombreuses années avec HEC Paris. Les pépites des futurs enseignants/chercheurs en Sciences de Gestion se trouvent à l’Ecole Doctorale Sorbonne-HEC. Mais comme d’habitude, les meilleures formations à l’université sont réservées aux initiés qui les connaissent !
On sera, je pense, d’accord là-dessus Michel :-), Paris 1 Panthéon-Sorbonne n’est pas un cas isolé. Les formations de Paris 2 Panthéon-Assas, Paris-Dauphine ou encore le Celsa (Paris 4 Paris-Sorbonne), n’ont rien à envier aux Grandes Ecoles Parisiennes (à part peut-être pour l’instant, les budgets, le campus, la publicité et le réseau d’anciens).
Cf. Classements des Masters 2 et Mastères Spécialisés de SMBG ou Consorama.

Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut pas rapprocher Universités et Grandes Ecoles bien évidemment. Je tenais seulement à souligner aux lecteurs de ce site que les Universités françaises n’ont pas attendu les Ecoles de Commerce pour professionnaliser leur cursus.

13.Posté par Elsa le 26/06/2008 15:42
Michel, je suis tellement en accord avec vous sur ce que doit être un campus (je reprends vos arguments : lieu de vie, d'échanges, de débats, j'ajouterai cependant de formations et de recherches, et avec des possibilités d'accueil accrues tant pour les logements étudiants que pour les chercheurs internationaux) que je trouve renversant votre éloge de l'esprit de corps indispensable à UNE université, d'autant que vous en faîtes une valeur d'avenir ! Quant à votre notion, pleine d'inventivité et d'humour, de "campus naturel" dont vous situez le siège à la Sorbonne, elle me semble en total décalage avec l'esprit du plan campus précisément, dans lequel le souci d'améliorer la situation immobilière des universités tient une grande place. Il faudrait que vous m'expliquiez où ces logements d'étudiants ou de chercheurs étrangers pourraient s'installer dans votre campus naturel. Enfin, vous êtes pour le Grand Paris urbanistique, mais contre le Grand Paris universitaire. C'est aussi une sorte d'oxymore non ?

14.Posté par francois-xavier dutarras prince duplantier le 28/04/2010 12:30

PP PECRESSE CA COMMENCE BIEN.


UN BON EXEMPLE DE LA DEFENSE DU SERVICE PUBLIC : PARIS 7 DIDEROT
« PLUS PETITE PRESTATION POUR PROFITS PLEINS POTS »

http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6439


PPP - Ou situer l’intérêt public ? Ou commence la mise en danger d’autrui ? L’exemple de l’université Paris Diderot
14/04/2010 Polémique parisienne, un des premiers P.P.P ( Partenariat-Public-Privé ) entre les universités parisiennes, semble battre de l’aile. L’édifice à construire se situe au coeur de Paris-rive-Gauche, au dessus de futures voies ferrées. Cet édifice à destination universitaire fait l’objet d’un PPP, la maîtrise d’ouvrage en étant l’Université Paris VII, par ailleurs engagée dans un jeu de chaises musicales du fait de la rénovation du campus de Jussieu.

L’Université est représentée par François Montarras, vice-président de l’Université, architecte de formation, sensé défendre les intérêts universitaires, donc du contribuable. L’entreprise lauréate est la société Vinci, l’équipe de conception est ici représentée par Philippe Blandin, architecte, qui n’a pas les yeux dans sa poche, et ne décolère pas.

Comme chacun le sait, chaque typologie de bâtiment se voit attribuer une obligation de satisfaire à une surcharge d’exploitation donnée. En clair le logement c’est 125 Kn/m2, le tertiaire c’est 250Kn/m2, et les universités ce sont 400Kn/m2. Ces chiffres, décidés de façon législatives, sont sans doute sujet à caution, mais ils correspondent à la norme définie. Il n’est donc pas aisé, par exemple, d’aménager une université dans un immeuble initialement conçu pour le tertiaire, même si les coefficients de sécurité sont conséquents : ( de près de 1,7,)

Qu’à cela ne tienne, par un savant jeu d’optimisation l’entreprise ne peut résister à adapter les projets de construction quitte à “parcelliser chaque plateau en fonction de l’affectation présente des espaces. Ainsi un plateau se retrouve avec une salle de conférences à 500Kn/m2, mais enclavée sur un plateaux à 250 Kn/m2. Cherchez l’erreur.. Pire le découpage devient si complexe pour certains niveaux, qu’il obère définitivement tout réaménagement possible des plateaux à l’avenir. Qui se souviendra dans dix ans que ces espaces de bureaux ne peuvent être affectés à la surcharge des laboratoires ? des salles de cours ?
A l’échéance du P.P.P, l’entreprise se doit de rendre les locaux en bon état, même si l’aménagement général sera périmé et intransformable.

L’obligation des 400Kn/m2 pour les bâtiments universitaires n’est pas respectée.

Se rendant compte de cette situation les architectes ne voulant engager leur responsabilité en concevant des locaux universitaires aux seules normes du tertiaire, refusent un tel état de fait. Curieusement la maîtrise d’ouvrage, pourtant concernée par l’adaptabilité de son édifice et de son respect des normes, semble fermer les yeux et se range du coté de l’entreprise, du coté du plus fort, sans doute pour se rassurer.
Une particularité très française, les commissions de sécurité s’inquiètent du respect des réglementations incendie.... pas des surcharges d’exploitation. Personne ne viendra donc contrôler le respect de la réglementation en ce qui concerne la capacité de résistance des dalles. Une dalle c’est du béton et de coûteuses armatures métalliques.

Cependant si demain un accident survient, les documents sont rédigés pour laisser penser que les surcharges d’exploitation ne sont pas connues au moment de la conception, ce qui dégagerait la responsabilité de presque tout le monde, sauf de l’architecte qui au titre du conseil est responsable de voir venir le loup, subtil non ?

Récompense de l’honnêteté et de la défense de l’intérêt général, les architectes ont été remercié par Vinci.... Veni, vidi, quoi ?

Mais Paris VII semble prendre certaines libertés avec les surcharges d’exploitation. Ainsi le jardin coréen aménagé dans le bâtiment conçu précédemment par le bandolien Rudy Ricciotti, terrasse sur laquelle donne des dégagements, ne dépasse pas les 250Kn/m2, ce qui est trop faible par rapport aux normes concernant les terrasses, mais surtout il ne faut rien dire... Ce que font les trois autres équipes d’architectes également retenues sur trois autres bâtiments dans le cadre de ce P.P.P.

Jérôme Auzolle



PS : LE GROUPEMENT LAUREAT DU PPP DE L’UNIVERSITE PARIS 7 DIDEROT EST UNICITE QUE PRESIDE XAVIER DUPLANTIER (DIRECTEUR DU DEVELOPPEMENT GTM CONSTRUCTION – VINCI)





MAIS QUE FAIT DONC LE VICE PRESIDENT MONTARRAS ?
APRES L’AMIANTE ……LES PLANCHERS !


---------- Message transféré ----------
De : Michel Parigot
Date : 13 avril 2010 21:54
Objet : au sujet du PPP
À : Vincent Berger


Monsieur le président,


La gestion des opérations immobilières lancées par l'université pour
la construction des bâtiments M5B2, M6A1, M3I2 et M3A2 est pour le
moins opaque. Le fait que des opérations aussi complexes (problème de
stabilité et d'acoustique liés aux voies ferrées, entre autres) et
d'un tel volume financier soient entre les mains d'une seule personne,
apparaît à tout observateur extérieur un peu averti comme une
anomalie, tant au plan des compétences requises qu'à celui du
nécessaire contrôle.

L'université a fait le choix de recourir à un Partenariat Public Privé
(PPP), ce qui signifie que les bâtiments sont construits par un
opérateur privé qui les louera à l'université pendant une période de
30 ans à l'issue de laquelle celle-ci deviendra propriétaire. Au terme
d'un « dialogue compétitif », vous avez signé un contrat PPP le 24
juillet 2009 avec le groupement Unicité piloté par la SOGAM (Société
générale d'aménagement et de montages immobiliers) du groupe Vinci.

J'ai eu l'occasion ces dernières semaines de prendre connaissance de
faits troublants qui nécessitent que soient données des explications à
la communauté universitaire. Je prendrai un seul exemple.

L'offre définitive prévoyait des bâtiments flexibles, c'est à dire des
bâtiments dont l'usage peut varier au cours du temps en fonction des
besoins, des surfaces de bureaux pouvant par exemple être transformées
en salle de réunion. Cette flexibilité est une nécessité impérative
pour des locaux destiné à usage universitaire sur plusieurs décennies
et suppose que la structure supporte la charge d'exploitation de 400
kg/m2 prévue par les normes en vigueur (dans les bâtiments du Gril
Jussieu, elle est à ma connaissance de 500 kg/m2). Dans le cas des
bâtiments M5B2, M6A1 et M3I2, cela impliquait des travaux au niveau
RFF, qui avaient d'ailleurs été budgétés.

Or il est apparu depuis que Vinci a supprimé cette flexibilité et
prévu de passer une grande partie des locaux à une charge
d'exploitation de 250kg/m2, ce qui limite essentiellement ces locaux à
un usage de bureaux. Il apparaît même que sur un même plateau, on
trouve des morceaux avec des charges différentes, ce qui en fixe
complètement l'usage et constitue une source de risque potentiel.

L'architecte d'un des bâtiments a attiré l'attention de l'université,
en la personne de son « chef de projet », François Montarras, sur ce
changement et sur ses conséquences en terme de sécurité et de
limitation d'usage. Il a eu la surprise de constater que ledit chef de
projet, au lieu de défendre l'intérêt de l'université, validait les
modifications de Vinci. Accessoirement, Vinci a rompu le contrat de
l'architecte, qui lui défendait l'intérêt objectif de l'université.

Ces faits troublants posent une question à laquelle il serait
souhaitable que vous apportiez une réponse claire et précise
permettant à la communauté universitaire de comprendre ce qui se
passe.

Pourquoi votre chef de projet a-t-il pris le parti de défendre Vinci,
qui économisera dans cette affaire plusieurs millions d'euros, aux
dépens des intérêts de l'université, qui aura au bout du compte des
bâtiments non conformes aux besoins universitaires et qui poseront
probablement des problèmes de sécurité?

Sur un tel dossier, la transparence s'impose: il est indispensable que
l'ensemble des documents soit rendu public et examiné par une
commission indépendante, afin que la communauté universitaire, qui est
au premier chef concernée , puisse être informée objectivement.

Cordialement

Michel Parigot


http://www.archicool.com/cgi-bin/presse/pg-newspro.cgi?id_news=6439

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