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Le mastère spécialisé, valeur toujours en vogue
Ils ont été lancés il y a 20 ans. Pour la première fois, la Conférence des Grandes Ecoles a consacré une enquête aux mastères spécialisés et à l’insertion professionnelle de leurs titulaires.
Le LMD, l’organisation des études en trois cycles aujourd’hui généralisée à tout l’enseignement supérieur français, pose un problème aux mastères spécialisés, ces diplômes labellisés par la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) depuis maintenant vingt ans. Le programme, qui dure un an, recrute des Bac+5 : il ne s’insère donc pas du tout dans le schéma 3-5-8 qui fait office de norme en Europe. Les mastères spécialisés ne risquent-ils pas de voir leur visibilité décroître à mesure que les esprits auront intégré comme immuable l’organisation licence-master-doctorat? Sans parler de leur appellation, la nuance entre master et mastère demeurant fort subtile. A tel point que les grandes écoles, et même la CGE, s’emmêlent les pinceaux et oublient fréquemment le « e » final sur leur site internet ou leur documents de communication.
Ceci explique peut-être que pour la première fois en 2007 la Conférence des Grandes Ecoles ait réalisé une étude sur la physionomie et l’insertion professionnelle des diplômés de la promotion 2005 de mastères spécialisés (MS). De quoi mieux jauger l’efficacité de ces formations, même si l’enquête ne porte que sur un échantillon réduit. En effet, 600 titulaires ont retourné leur questionnaires à la CGE, ce qui réprésentent seulement 12% des 5000 mastères délivrés il y a deux ans.
Parmi les tendances observées : les ingénieurs sont plus nombreux en mastère spécialisé que les diplômés d’écoles de commerce – à 44 % contre 12 %. Les diplômés de l’Université représentent pour leur part un quart environ des étudiants. Par ailleurs, 60 % des élèves de mastères spécialisés en école d’ingénieurs sont déjà ingénieurs.
Si les deux tiers des entrants intègrent un mastère directement à la suite de leur formation initiale, les candidats peuvent aussi déjà avoir une expérience professionnelle avant d’intégrer ce type de programme. Parmi ceux-ci, un sur cinq a travaillé plus de 10 ans.
A l’issue des mastères, 90% des diplômés trouvent un emploi (dont 4% en VIE), selon l’enquête menée par la CGE, tandis que 3% de ces BAC+6 choisissent de poursuivre leurs études. Souvent, les lauréats trouvent un nouvel emploi avant même d’achever leur formation, et 15 % partent à l’étranger. Ils touchent en moyenne 35 740 euros, selon les chiffres compilés par la CGE (1). Des taux d’insertion et des salaires à mettre au regard des 10 000 euros ou plus à débourser pour s’inscrire en mastère spécialisé.
NB :
(1) la CGE précise que la moyenne est tirée vers le haut par les diplômés les plus âgés et ayant déjà connu une expérience professionnelle avant leur entrée dans le MS.
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Commentaires des lecteurs
1. Posté par
cr0vax
le 22/06/2007 20:56
Conclusion : ils s'en tirent exactement de la même façon que les ingénieurs standards ...
http://blog.cR0vax.be
2. Posté par
Jip
le 26/06/2007 09:50
Ce n'est pas la première fois que la CGE fait une enquête et ce n'est pas parce qu'elle serait angoissée par le positionnement des MS face au LMD. Car elle sait que le LMD n'empêche pas l'existence de Masters en un an, qui sont des diplômes de spécialisation ou de double formation après un premier master (typiquement un ingénieur qui fait de la gestion de projet ou un juriste qui fait de la fiscalité avancée). Les rapports sur la mise en oeuvre du LMD en Europe, que vous devriez connaître, montre le maintien partout en Europe de masters en un an ayant cette vocation.Les MS ne sont donc nullement menacés par le LMD. Comme le confirment les résultats de l'enquête. Pourquoi dans ce cas consacrer la moitié de votre article à un faux problème ?
3. Posté par
Rédaction
le 28/06/2007 17:56
Bonjour et merci pour votre commentaire,
Le fait est que le document remis par la Conférence des grandes écoles, lors de sa conférence de presse du 12 juin, spécifie que l'enquête dont nous parlons dans cet article a été "lancée pour la première fois en 2007".
Si des études ont sans doute déjà été menées sur l'insertion des diplômés de mastère spécialisé - il serait étrange que la CGE laisse passer 20 ans avant de se soucier de l'efficacité de ces formations - l'enquête est bien la première du genre aussi complète, via questionnaire envoyé aux écoles. Le faible taux de réponses, 12%, montre de fait la difficulté à cerner le public "mastérien".
Quant au positionnement et à la pérennité des mastères spécialisés dans le temps, il est tout de même logique de se poser la question... Que les mastères spécialisés soient des formations de qualité utiles à leurs titulaires, on peut le concevoir, mais quid de l'avenir d'un label positionné hors LMD qui peut subir de plein fouet la concurrence d'une autre formation post-diplômante davantage reconnue à l'international: le MBA...
Enfin, souvenons-nous des craintes de la CGE pour l'avenir de ses mastères spécialisés lorsqu'il a été question de nommer l'étape Bac+5 de la réforme 3-5-8 master... De fait, la confusion comme nous l’avons souligné dans l'article est fréquente.
4. Posté par
cr0vax
le 28/06/2007 21:28
N'importe quoi ...
Une formation hors-LMD peut parfaitement exister. Elle n'aura toute sa valeure qu'en France, et alors ?
Comment un MBA pourrait concurrencer un mastère spécialisé ? La plupart des MS n'ont absolument aucun rapport avec les MBA ... Si les MS existent, et continuent d'exister, c'est parce qu'ils ont un public.
Cela étant, l'étude montre que le public ne se situe qu'au niveau élève, et pas tellement au niveau entreprise puisque les MS ne sont que très peu valorisés sur le salaire moyen (+1k ...)
En bref, tout cela manque profondément d'une bonne analyse
http://blog.cR0vax.be
5. Posté par
Jip
le 03/07/2007 15:01
Encore une fois : un peu de rigueur SVP. Le MBA (le vrai MBA, car il y a de faux MBA qui sont des vrais MS) est une formation généraliste en management pour des gens ayant une autre formation et une première expérience. Le MS est une formation hyper spécialisée pour des gens sans expérience professionnelle. Ce type de master en un an, de spécialisation ou de double formation, existe dans tous les pays. C'est une filière moins vaste que le MBA, mais qui a un marché, comme le prouvent les chiffres qui ont l'air de vous surprendre.
La confusion du vocabulaire (master vs mastère), et la réaction de la Conférence des GE à l'époque, s'expliquent par le fait que le Ministère (M. Allègre à l'époque) a fait un hold up sur une appellation qui existait déjà. D'où la confusion. Mais il ne faut pas confondre un problème d'appellation (qui est réel) avec un problème de bien-fondé du concept de formation, qui n'existe pas.
6. Posté par
DHALUIN Bernard
le 04/07/2007 10:26
Intéressante votre discussion, mais un peu virulente peut être. Bref, pour ma part j'ai un gros problème concret et réel. Responsable d'un MS (j'insiste, MasterE Spécialisé) en Microelectronique international. Il acceuille chaque année 70% d'étrangers (Chinois, Indien, Canadien, .....)et il faut que je justifie l'équivalence internationale d'un tel "label". Dans le cas précis des indiens, qui ne connaissent pas le système LMD, ils postulent au niveau Bac +4 (Bachelor of science avec 1 à 4 ans d'expérience), et veulent en connaitre l'équivalence avec un Master's degree anglo-saxon.
En bref quid de l'équivalence internationale d'un MS? Quid d'un "label CGE" à l'étranger?
Merci de m'éclairer
7. Posté par
cr0vax
le 05/07/2007 23:51
a priori, rien ...
Un MS, c'est un peu comme faire une deuxième spécialisation de grande école généraliste. Rien de plus.
http://blog.cR0vax.be
8. Posté par
villa
le 06/07/2007 16:16
Bjr,
En reponse à JIP je suis desolé de te contredire mais les MS ne sont nullement des formation specialisé pour etudiants sans expeirnce...certain le sont c est vrai mais pas tous loin s en faut et hereusement...Beaucoup de ces MS sont au contraire "reservé" a un public de cadre ayant 8 10 et parfois 12ans d expeirence....et ce sont les mieux cotés.....Donc attention à ne pas tout confondre...
bonne journnée
9. Posté par
flyer
le 20/07/2007 00:02
Bonjour
Je suis élève en MS a l'ENAC, bref pour repondre à toutes ces questions il n'y a pas d'équivalence, car un MS est un titre commercial non academique... donc en l'occurence c'est une année de spécialisation après un cursus d'inge ou sup de co generaliste.
Il est bien clair qu'en sortant de sup de co ou d'une formation d'ingénieur, on sait tout et rien faire, avec un MS on se concentre une activité et donc une segmentation des connaissance pour son futur job.
Le MS n'a pas de niveau, c'est le niveau le plus haut du candidat qui prevaut, le MS est une année en plus de spécialisation, de plus il n'est ni visé ni accrédité par l'Etat.
10. Posté par
Charles
le 27/07/2007 11:48
Pour la question de Bernard D : A l'international un MS peut être qualifié de "Post Graduate Program" . Il se superpose au Master's Degree.
11. Posté par
Benoit
le 10/03/2008 12:02
Bonjour,
Etant moi même en MS, je me pose également la question du positionnement du Label pour une personne qui comme moi veut partir à l'étranger. J'avoue que la dénomination Mastère créé une certaine confusion avec le Master.
Pour réagir à certains commentaires, dans le cas de mon MS, sur une promo de 18 personnes, seules 3 d'entres elles sortent directement d'un cursus universitaire. Les autres viennent tous du monde professionnelle. Il y a donc bien un public pour ce genre de formation!! Néanmoins il serait bien de clarifier le positionnement du Label (changement d'appelation? Aller vers un Certificat professionnel?)
En tout cas discussion intéressante!
12. Posté par
christian
le 15/03/2008 18:36
Bonjour,
Je suis justement en train de m'intéressé aux Masteres Spécialisés (informatique) , car je compte en faire un dans la cadre d'un CIF.
Je travaille dans dans une administration et espère ainsi passer des concours de plus haut niveau.
Ces concours demandent des niveaux de diplômes bien précis (BAC+2 +2, BAC+3, BAC+5, maintenant LMD avec la réforme,ingénieur) : qu'en est-il de la reconnaissance officielle des MS puisque ce ne sont pas des diplômes reconnus par l'État ?
Peuvent ils permettre de passer des concours administratifs ou des niveaux de diplômes précis sont demandés ?
Merci.
13. Posté par
IDE 34
le 15/03/2008 18:41
Les MS ne sont pas reconnus par l'Etat, ils ne permettent donc pas passer les concours administratifs à un plus haut niveau. Mais a priori si vous êtes pris en MS c'est que vous avez déjà un BAC+5, or c'est le plus haut niveau demandé par l'administration (pour les ingénieurs).
14. Posté par
romain
le 09/06/2008 22:40
quel pays de m. !! les diplomes reconnus sont une barrière infranchissable pour celui qui a démarré au ralenti ou dans une filière non reconnu. posséder une lience de droit , une de science po, un troisième cycle non reconnu plus un MS ne donnent pas accès aux concours de la fonction publique.
a quoi sert de prouver sa valeur si au depart il faut etre laelisé comme un poulet.
quid des concours et des outsiders ?!
ils n'ont pas leur chance. par ailleurs le nombre de mec mals cablés qui disposent de diplomes reconnus merdiques et qui cassent pas trois pattes à un canard il y en a aussi.
ce pays est mal cablé car cette apologie du label a été faite par des gens mal cablé.
pour ma part je chasse les diplomes uniquement pour le papier je renie l'enseignement qui m'est donné par principe...
15. Posté par
keops
le 26/09/2008 12:39
Bonjour
Je connais pour ma part quelqu'un qui a arréte l'école en 6ieme. Puis a passé 1 cap, puis un bts en 1 an à l'afpa, et enfin un master spécialisé en réseau à L'ENST. Cette personne fait une faute par mot. La rédaction d'un mail est laborieuse. Nul en français, en sciences, en anglais.
Apres 300 heures de cours il a obtenu 17/20 à son projet (3 mois) sans avoir branché la moindre machine réseau, sans avoir fait la moindre étude. Son mémoire, que j'ai lu, est pauvre et n'apporte absolument rien à notre société, ni à la communauté scientifique. Il sagit d'une doc expliquant un système, rédigé par copier/coller.
Cette personne n'a pas le niveau baccalauréat et se pavanne en prétendant qu'elle est ingénieur.
Voila tout ce que je sais du master spécialisé.
16. Posté par
joseph
le 04/03/2009 03:03
Le mastere specialisé audit comptable et financier en international de esc toulouse est un diplôme irreprochable et pour cause ; n'ayant pas encore dit ouf plusieurs societés veulent que je les rejoigne .Il faut dire que moi aussi j'envoie regulierement : la cadence de 2cv ou 3 cv par jour .Celà n'est pas l'objet de ma contribution .En revanche ce que je voudrais dire c'est que un ms est mieux côté qu'un MBA surtout que le MBA on te retient à bac+3 et un MS à bac +5 ou bac +4 et des annees d'experience .Donc pour moi passer un MBA c'est faire un pas en arriere c'est pour celà que je prepare mon doctorat peinard sur montpelier et je suis pas pressé comme un jus d'orange
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