Sciences Po Guadeloupe: ça se précise




L'idée d'un "Sciences Po Caraïbes" progresse. Elle avait été lancée fin novembre dernier par le délégué interministériel à l'égalité des chances des Français d'outre-mer, Patrick Karam. Sciences Po Paris avait été précurseur sur ce terrain, en concluant en 2005 une convention d'éducation prioritaire avec quatre lycées de Guadeloupe, permettant à ses élèves d'intégrer l'institut de la rue Saint-Guillaume par le biais de la procédure d’admission spécifique prévue pour les ZEP. Les six IEP du concours commun souhaiteraient eux organiser à partir de 2009 en Guadeloupe ou en Réunion un concours d'entrée. Mais pourquoi ne pas les former sur place ? Le délégué interministériel vient de se voir confier une "mission" en vue de la création d'un 10e Institut d'Etudes Politiques outre-mer. "Ouvert sur les pays voisins", il devrait avoir 40% d'étudiants venant de la zone caraïbe ou d'Amérique latine, a-t-il détaillé. La Guadeloupe a avancé ses pions: le président de son conseil régional, Victorin Lurel (PS), serait prêt à financer la construction des nouveaux locaux et 10 à 15% du fonctionnement, avait indiqué M. Karam l'an dernier. Début janvier, c'est le Premier ministre François Fillon qui a assuré de l'appui de l'Etat, lors d'une visite à Basse-Terre. "Il faut lancer de nouvelles formations qui soient en cohérence avec le potentiel de développement de la Guadeloupe", a-t-il alors déclaré, soutenant également l'ouverture d'une école d'ingénieurs. Ce territoire n'est pas dépourvu d'atouts: il dispose "du pôle de recherche le plus important de l’outre-mer", centré sur l'agronomie, a souligné le chef du gouvernement. Alors pour éviter de voir tous les postes de cadres supérieurs outre-mer être pourvus par des métropolitains, la Guadeloupe souhaite reprendre l'offensive et placer là ses enfants.

06/04/2008
A.C
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Commentaires des lecteurs

1.Posté par Jip le 11/04/2008 18:52

Mais pourquoi créer un IEP ? Les IEP ne savent plus bien à quoi ils servent. Ils étaient une formation complémentaire utile pour des gens qui acquéraient une formation professionnelle par ailleurs (droit, éco, gestion, administration publique). En passant au niveau master ils ne savent plus quelle est leur vocation : management, droit, journalisme, etc. Et sont inférieurs dans chaque spécialité aux fac de droit, écoles de management, écoles de journalisme, etc.
Les Antilles auraient plutôt besoin d'une bonne école de gestion que d'un IEP, qui ne fera que renforcer l'idée que le seul avenir des antillais est de devenir fonctionnaire.

2.Posté par Charlie le 12/04/2008 17:24

Une bonne école de gestion ? Mais...cela existe déjà, c'est Sup de Co Caraibes !!!

3.Posté par Jip le 18/04/2008 19:19


Excusez-moi, j'avais écrit une 'bonne' école de gestion...

4.Posté par perl le 01/05/2008 02:17


Ok pour I2M SUP DE CO mais pour eux qui veulent une formation spécialisé dans un domaine comme le journalisme il n' y a rien en Guadeloupe.
Par ailleurs si vous en savez plus sur les modalités et tout et si l' école ouvre vraiment faite moi savoir merci.

5.Posté par Sebastien le 04/05/2008 19:55

Le diplôme de cet IEP aura-t-il la même valeur que s'il avait été obtenu dans la métropole aux yeux des entreprises ? N'y-a-t-il pas également un problèe de saupoudrage des moyens, il y a déjà 9 IEP en France, et le ministère n'en soutient qu'un financièrement, celui de Paris, laissant les autres dépérir. Pourquoi en ce cas vouloir en créer un dixième ?

6.Posté par Grégoirtchik le 15/05/2008 12:50

A noter l'ouverture d'une filière IEP de Bordeaux / Université de la Martinique / Université de la Jamaïque !
voir le site (dernière rubrique)

Programme France-Caraïbe / Master « Études politiques et coopération internationale »
L'IEP de Bordeaux développe un programme d'enseignement commun entre deux partenaires de la Caraïbe insulaire : l'Université Antilles-Guyane (UAG) à la Martinique et The University of the West of Indies (UWI), à la Jamaïque. D'une durée de 5 ans (avec recrutement à bac+1), cet enseignement prépare à l'obtention d'un Master « Études politiques et coopération internationale » avec une spécialisation sur les sociétés de la Caraïbe. Ce programme dispense aux étudiants une formation de haut niveau en matière de relations internationales et de coopération. Il vise à les doter d'un profil de compétences dans le domaine de l'expertise, du conseil, de l'intervention auprès des concepteurs de politiques de développement et des acteurs de la coopération.

Au cours des 4 premières années, les étudiants des trois sites sont réunis pour recevoir en commun un enseignement général solide, ouvert sur les sociétés de la Caraïbe. Le partenariat vise à faire bénéficier tous les étudiants d'une connaissance dispensée dans des environnements diversifiés, de manière à être immergé dans des contextes eux-mêmes engagés dans les politiques de coopération concernant les pays de la zone caraïbe et l'Amérique centrale. C'est pourquoi ce programme met en place une rotation de l'enseignement commun sur les trois sites de la manière suivante :

* 1ère année commune à Bordeaux
* 2ème année commune à Schoelcher, Martinique
* 3ème année commune à Bordeaux
* 4ème année commune à Kingston, Jamaïque (correspondant à la 5ème année du cursus bac+1 : obtention des Masters de UWI et UAG)
* 5ème année : retour des seuls étudiants français pour l'année de spécialisation à Bordeaux et obtention des diplômes de l'IEP

Cette mobilité des étudiants sur les trois sites, leur réunion pendant 4 ans dans un dispositif commun est la garantie qu'offre ce programme pour acquérir, outre l'enseignement dispensé, les qualités requises dans le champ des relations internationales en termes d'adaptation, d'ouverture, de capacité aux échanges, de collaboration et de dialogues interculturels. L'immersion dans le contexte linguistique anglophone permet l'accès à un très bon niveau de langue.

La formation est co-diplômante. À l'issue du cursus, les étudiants, reçoivent le Master de UWI, le Master de l'UAG, ainsi que le diplôme de l'IEP. La spécialisation est rendue visible soit dans l'intitulé des différents diplômes, soit dans une mention y figurant : « Master études politiques et coopération internationale »

7.Posté par Jip le 15/05/2008 13:56

Un programme « Études politiques et coopération internationale » avec une spécialisation sur les sociétés de la Caraïbe, c'est très bien. Mais il faut quand même une sacrée dose d'aveuglement pour croire que c'est ce genre de formation qui va aider les jeunes à trouver un métier et aider le développement économique des Antilles. Les gens formés par ce programme sont ceux qui dans vingt ans nous expliquerons savamment pourquoi le développement économique ne se fait pas dans les Antilles.
Créer une bonne école de management, avec une forte spécialisation en création d'entreprise serait infiniment plus utile aux jeunes et à la collectivité.

8.Posté par François le 30/05/2008 12:07

Bonjour à tous,

Je fais parti du "Programme France Caraïbe" lancée entre l'IEP de Bordeaux, l'UAG et l'Université des West Indies en Jamaïque.
Personnellement et pour en avoir parlé avec des martiniquais, des jamaïcains et des chercheurs associé à notre programme, je pense que si effectivement construire de nouveau pôles universitaires dans les RUP et des grandes écoles peut séduire, il y a le risque de segmenter une coopération universitaire régionale qui est déja insuffisante. Par la construction d'un IEP Guadeloupe, il y a risque d'un repli sur l'ile des étudiants et d'une rivalité entre l'IEP et l'UAG, entre les iles. C'est aussi s'inscrire dans un cadre universitaire franco-français, plutôt que de s'appuyer sur le monde caraïbe avoisinant. Bien sur je ne sais pas encore ce que ça peut donner et si cela se trouve, le nouvel IEP caribéen peut surmonter ces difficultés ennoncées et être un atout pour la coopération, mais quand je vois les rivalités à Bordeaux entre les universités et l'IEP, je me dis que ce n'est peut-être pas la meilleure solution. C'est aussi d'une certaine façon enfermer les antillais sur leur ile.

Je pense surtout que le monde universitaire antillais et guyanais a plus besoin d'être intégrée dans des structures de coopération régionale et de regroupement, en renforceant les partenariats (qui existent mais sont quand même limités) avec la caraïbe anglophone, hispanophone et également des partenariats avec la métropole, que d'une structure autonome franco-française du type "grande école".

9.Posté par Jip le 30/05/2008 14:51

Il n'y a que quelques universitaires franco-français qui croient que les grandes écoles de management sont "franco-françaises", alors que ce sont les établissements français d'enseignement supérieur les plus internationalisés et les plus reconnus à l'étranger (Cf. les classements du Times Higher Education Suplement et le numéro de décembre 2007 de la Revue Française de Gestion).
Personnellement je n'ai jamais préconisé qu'une telle école soit en dehors de l'université. En résumé :
1) Seule une structure "école" permettrait de nouer et de profiter des réseau régionaux évoqués ci-dessus
2) Une vraie école de management serait beaucoup plus utile qu'un IEP
2) Si elle est créée dans l'université il faut qu'elle ait une autonomie réelle (art. 33 ou art. 43, pour les connaisseurs) sinon elle sera condamnée à l'échec.

10.Posté par François le 30/05/2008 15:39

Je ne sais pas ce qu'il en est pour les écoles de management, mais connaissant les structures des IEP, je ne pense pas que ce soit la meilleure formule pour l'ouvrir sur la zone Caraïbe, je pense plus qu'elle risque d'enfermer les iles sur elles-même.

Concernant les écoles peut-être qu'elles peuvent avoir plus de facilité à se doter de liens internationaux, mais jusqu'a ce jour dans la zone caraïbe anglophone, la principale institution supérieure transversale et régionale est UWI, de même que l'UAG est transversale pour les 3 DOM

Je pense qu'un projet d'école autonome non rattaché à un ensemble transversal risque de miner la constitution d'un dialogue inter-iles (déja que des rivalités existent au sein de l'UAG), et la structure crée doit plus s'adapter aux réalités de coopération avec les ensembles régionaux des autres zones de la caraïbe (UWI, autres écoles anglophones), que de calquer un modèle d'école à la française qu'est un IEP

11.Posté par shot le 05/06/2008 15:48

Les IEP offrent une formation généraliste. A la base ce sont des écoles très sélectives elles permettent de nombreux débouchés notamment à l'internationale , dans l'administration de grandes Sociétés comme Total , dans le Journalisme, dans la finance.. Pour un Antillais , passer le concours d'entrée à l'unes de ces écoles , demande volonté , détermination et abnégation .
En effet ,pour assurer ses chances de réussites il faut pouvoir financer un stage d'une durée de 2 semaines et qui coute environ 800 euros en tout cas pour Science po Lyon ou j'ai du payer , les billets d'avion , de train , l'hébergement , les tickets de bus,les ,frais de séjours , d'inscription dans une université en cas d'échec . en d'autres termes des dépenses de fils de riche ce que d'ailleurs je suis loin d'être , pour accéder à des études de hautes qualité ; alors la mise en place de ce dispositif en Guadeloupe , je crois, est une très bonne initiative.

12.Posté par nathalie le 30/01/2009 15:16

Mouiiii.... enfin n'exagérons rien, ceux qui payent le fameux "stage" sont comme ceux qui s'offrent des prépas privées d'un an: des gens qui ont des sous. J'ai eu le même concours de l'iep de lyon sans "abnégation", sans stage, sans dépenser plus que les frais de dossier, de train et la nuit d'hotel, ce qui je l'accorde, est déjà énorme. Les concours sont une question de chance, d'état d'esprit et de travail. Ce ne sont pas ces cours privés qui sentent bon l'arnaque et les parisiens qui nous font avoir les concours. C'est nous, et les autres. Désolée pour ce petit hors sujet, mais il ne faut pas faire croire aux gens qu'ils sont obligés de payer les yeux de la tête pour réussir un concours.

13.Posté par Nathalie _1année DSP le 12/02/2009 02:51

salut jip, ke pensez vous de I2M sup de co, jss intérésser par le master rh et gestion en alternance, je n'ai pas tres envi de quitter la gpe,et en plus je n'ai pas de moyen financiers important. Donc si kelkun peut me renseigner sur la formation, bonne ,mauvaise, impréssions sur vos stages, débouchées sur emplois positif?
J'ésite entre un master en metropole, et a I2M aura t il la mm valeur pr les employeur ds la réalité?

14.Posté par STLOUIME VIETIELO le 20/11/2009 04:12

Pourquoi vouloir ecarter Haiti de la Caraibe dans ce magnifique programme RIEP
Nos pensons que cela va prendre en consideration.

Les IEP offrent une formation généraliste. A la base ce sont des écoles très sélectives elles permettent de nombreux débouchés notamment à l'internationale , dans l'administration de grandes Sociétés comme Total , Pour un Antillais , passer le concours d'entrée à l'une de ces écoles , demande volonté , détermination et abnégation .

toute meme,ses chances de réussites,il faut pouvoir financer un stage d'une durée de 6 emaines et qui coute environ 8000 eurosen tout cas pour Science po Lyon ou j'ai du payer , les billets d'avion , de train , l'hébergement , les tickets de bus,les ,frais de séjours , d'inscription dans une université en cas d'échec . en d'autres termes des dépenses de fils de riche ce que d'ailleurs je suis loin d'être , pour accéder à des études de hautes qualité ; alors la mise en place de ce dispositif en Guadeloupe , je crois, est une très bonne initiative.

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