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Le concours des IRA, pour devenir cadre dans la Fonction publique
Entre 600 et 700 personnes intègrent chaque année l’un des cinq Instituts régionaux d’administration après avoir passé un concours dont les épreuves sont nationales. Pour le moment, la plupart des candidats – et des admis – sont titulaires d’un master en droit ou d’un diplôme d’IEP mais, depuis deux ans, les IRA ont profondément évolué dans leur scolarité et leur mode de recrutement. Le profil des admis devrait donc progressivement changer. Alors que les inscriptions pour le concours 2010 se terminent le 8 décembre, l’Observatoire Boivigny revient sur les évolutions récentes.
« La Fonction publique s’attache désormais aux compétences professionnelles des candidats plus qu’à leurs connaissances théoriques générales », explique Isabelle Stoll, responsable des études à l’Institut régional d’administration (IRA) de Metz. Cette nouvelle approche a profondément modifié les concours d’entrée aux 5 IRA (Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes). «Beaucoup de fonctionnaires étaient jusque-là issus de familles de fonctionnaires», explique-t-on à la DGAFP, sorte de grande direction des ressources humaines pour l’ensemble de la Fonction publique. « Nous voulons désormais diversifier les profils recrutés en tenant compte des compétences et du passé professionnel des candidats ». Pour le concours des IRA, l’épreuve de culture générale a ainsi été remplacée par un entretien et ce, pour les trois voies d’accès (1).
« L’oral du concours externe est véritablement pensé comme une interview professionnelle », décrit Didier Grassi, le responsable des concours à l’IRA de Bastia, « nous interrogeons les candidats sur leurs expériences, leur projet professionnel, la carrière qu’ils envisagent … ». «Pour autant, précise Isabelle Stoll, nous n’exigeons pas des candidats externes qu’ils aient déjà une grande expérience professionnelle, nous leur demandons de parler des projets qu’ils ont montés, de leurs expériences associatives ou de leurs jobs d’été.»
50% des admis ont suivi une préparation
Le concours interne (40% des effectifs) et celui de troisième voie (5 à 10% des effectifs) suivent la même logique professionnelle. À l’écrit, les candidats rédigent une note de synthèse sur les politiques publiques et, à l’oral, ils sont interrogés sur leur parcours professionnel à partir d’un dossier dit de « reconnaissance des acquis de l’expérience professionnel (RAEP) » qu’ils ont rempli au préalable. Le jury leur propose également des cas concrets à résoudre.
« 50% des admis ont effectué une préparation spécifique », précise Isabelle Stoll. Le CNED ou encore la Documentation française proposent des préparations à distance. Il est également possible d’intégrer un Institut de préparation à l’administration générale (IPAG), un centre de préparation à l’administration générale (CPAG) ou encore l’Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE). Mais, prépa ou pas prépa, les profils juridiques s’en sortent le mieux : à titre d’exemple, sur les 71 étudiants de l’IRA de Metz issus du concours externe 2009, 63% sont issus de filières de droit et d’administration publique (notamment les IEP), 24% viennent de la filière Lettres sciences sociales et 8% ont fait de l’économie et de la gestion.
Un concours déconcentré
Les concours des IRA sont désormais déconcentrés : il faut, au moment de l’inscription, choisir son IRA. « C’est un processus transparent », explique Isabelle Stoll : « les candidats peuvent regarder sur le site des inscriptions le nombre de candidats inscrits dans chaque IRA en temps réel. Nous avons, pour l’instant, 818 inscrits pour le prochain concours externe de Metz, contre 696 à Bastia ». Il faut également savoir que le nombre d’inscrits est très éloigné du nombre de personnes qui passent effectivement l’examen. En 2008, pour 964 inscrits à Metz, 477 étaient présents à l’examen et, à Lyon, il y avait 1256 inscrits pour 662 présents. Le choix d’un IRA plutôt que d’un autre est essentiellement lié à des considérations géographiques car les postes proposés aux élèves qui ont achevé leur scolarité sont similaires d’un Institut à un autre (2).
Formation axée sur le management
La refonte des concours a suivi celle, un an avant, de la scolarité. Désormais, le cursus s’organise en deux temps. D’abord, les élèves-fonctionnaires suivent des cours communs de septembre à février, puis effectuent un stage de sept semaines. À l’issue de cette première phase, des épreuves sont organisées et un classement est établi. Ce classement détermine les affectations pour la seconde phase d’enseignement, qui se décline en trois spécialités : administration centrale, administration territoriale, et administration scolaire et universitaire. Il faut savoir que 50% des anciens des IRA travaillent dans l’éducation, que ce soit dans l’administration des rectorats, des lycées ou encore des universités. Les autres deviennent « attachés », c’est-à-dire cadres administratifs spécialisés en ressources humaines, techniques juridiques des marchés publics, informatique ou encore en contrôle de gestion dans les ministères ou les préfectures.
La seconde phase s’achève en juillet, les étudiants sont de nouveau évalués dans la branche qu’ils ont choisie et un nouveau classement est établi. Il détermine l’ordre de choix des postes proposés. Outre des changements dans la forme, le fond des cours a également évolué. « Désormais, la formation est axée sur le management d’équipe, la gestion des conflits, les ressources humaines », décrit Didier Grassi, « l’enseignement est très professionnel, nous n’avons pas de professeurs permanents, uniquement des vacataires issus du privé et du public que nous faisons souvent travailler en binôme ».
NB :
(1) Pour intégrer l’une de ces écoles de la Fonction publique, il y a trois voies possibles : le concours externe, le concours interne à destination des fonctionnaires (ouvert à partir de 4 années d’ancienneté), et le concours dit de troisième voie, pour les employés du privé, les élus et les dirigeants d’association ayant au moins 5 ans d’expérience. Le concours externe est accessible aux bac+3, mais dans les fait, la majorité des candidats sont titulaires d’un master. À l’IRA de Metz par exemple, la promo actuelle compte 28 bac+3 et 43 bac+5.
(2) Pour être affecté dans telle ou telle zone (Nord, Ouest…) il faut suivre la scolarité de l’IRA correspondant. Les postes en Ile-de-France sont, quant à eux, répartis équitablement entre les 5 IRA.
Lire aussi : Les I.R.A, voie d’accès méconnue à la fonction publique
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