“Le contrat de plan Etat - Région Ile-de-France et le Plan Université du 3e Millénaire ont inscrit le principe de la construction sur la ZAC Rive Gauche de Paris d'un pôle universitaire centré sur les langues, les cultures et les civilisations du monde, en majorité extra-européennes ”, selon un rapport au recteur de Paris en mars 2001 (1). “Le cœur du projet pédagogique est la réimplantation en un seul site des locaux aujourd'hui dispersés de l'Institut national des langues et civilisations orientales”. En effet, depuis la fin des années 1960, l'Inalco se trouve éparpillé à travers la région parisienne. Alors que le centre originel, au 2 rue de Lille (VIIe arrondissement), continue d'abriter la majeure partie des équipes administratives, l'enseignement est éclaté sur neuf sites. Le département Asie se trouve sur le campus de l'université Dauphine, celui d'Arabe à Asnières ou encore celui des langues finno-ougriennes au centre Censier.
D'autres questions se posaient de façon de plus en plus insistante : la vétusté de certains bâtiments (notamment à Clichy) et l'insuffisance de la place à disposition sur les différents campus (en particulier à Dauphine où plus de 5.500 étudiants de Langues'O se rendent chaque semaine). De plus, les coûts de location pèsent lourd dans le budget de fonctionnement de l'institut : 600.000 euros en 2002 sur un total de 4,1 millions. Comme le souligne Eric Meyer, vice-président de l'Inalco chargé des locaux, “ l'installation de l'Inalco sur le site Tolbiac doit permettre à un institut héritier d'un long passé et porteur d'une identité forte d'obtenir des moyens à la mesure de ses besoins et de son potentiel ”.
A l'issue des travaux, qui doivent débuter en 2006 et se terminer pour la rentrée universitaire 2008, l'Institut disposera de 12.500 m2 dont une surface utile de 8. 691 m2. Seront regroupés sur un site unique enseignements pré-doctoraux, formation continue, administration et services. Les nouveaux locaux abriteront tous les espaces de cours, dont sept amphithéâtres de 150 à 300 places, la future BULAC (Bibliothèque universitaire des langues et civilisations du monde) et deux lieux de vie ouverts sur l'extérieur, une cafétéria et une librairie spécialisée. Le projet Inalco + Bulac, d'un coût global de plus de 70 millions d'euros, est financé pour un tiers par l'Etat et pour les deux tiers par la Région.