Les universités françaises (filières générales) bénéficient déjà d’une marge d’autonomie pour chacun de ces facteurs. Ainsi peuvent-elles gérer librement une partie de leur budget, déterminer leurs besoins en investissements dans le cadre de contrats de plan avec l’Etat, définir librement leur développement à long terme sous l’impulsion d’un président élu au sein de l’université. Elles peuvent encore sélectionner les étudiants tout au long du parcours universitaire (sauf à l’entrée), ou favoriser la promotion de certains enseignants. Elle peuvent mettre en place des cours librement et choisir les intervenants (dans une certaine mesure) et peuvent encore créer des filiales pour gérer leurs contrats de recherche.
Mais :
- Les enseignants sont recrutés et salariés par l’Etat
- Les universités sont financées par des dotations sur critères (normes San Remo, appliquées automatiquement) et des dotations contractuelles (contrats négociés tous les quatre ans) versées par l'Etat
- La part des ressources financières autonomes est faible (taxe d’apprentissage, contrats de recherche ou de formation continue)
- Les universités ne peuvent pas sélectionner à l’entrée en premier cycle et ne sont pas libres de fixer les frais de scolarité comme elles l’entendent
Le degré d’autonomie en vigueur vise à fournir le même service public à tout étudiant sur le territoire, en répartissant équitablement les ressources. Le système permet aussi de favoriser l'accès à l'enseignement supérieur du plus grand nombre. Mais une de ses faiblesses à l'heure actuelle est sa rigidité. Il ne permet notamment pas aux universités de participer de manière efficiente à la compétition avec les établissements jouissant d’une autonomie accrue, en France (grandes écoles) ou à l’étranger.