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Université Panthéon-Sorbonne : programmes intégrés avec l’étranger




Ils sont une poignée de Français à être en première année de droit à l’université de Florence. Après être sortis du lycée, d’une année de classe préparatoire, d’un Deug en langue, ils se sont portés candidats à ce programme de formation, géré conjointement par l’université toscane et Paris I Panthéon-Sorbonne. Au terme d’études accélérées en droit italien durant deux ans, parfois trois, ils retourneront place du Panthéon pour y suivre, en deux ans, des cours aménagés en droit français. Un parcours aboutissant à la délivrance d’une maîtrise en droit français, assortie du diplôme italien correspondant (Laurea in giurisprudenza).
Ce programme intégré se distingue des doubles diplômes habituellement délivrés par les universités et grandes écoles : « ici l’étudiant français débute à l’étranger, et le cursus suivi dans le pays partenaire correspond effectivement au programme local qui est suivi dans son intégralité », témoigne un étudiant.

150 étudiants sélectionnés chaque année

Le programme intégré franco-italien existe depuis quatre ans, mais l’université Paris I a commencé à mettre en place de tels programmes en droit dès le début des années 90 et en gère aujourd’hui cinq de ce type : en partenariat avec l’université de Florence donc, mais aussi avec le King’s College à Londres, l’université de Cologne en Allemagne, la Cornell University et Columbia University aux Etats-Unis et enfin l’université Complutense de Madrid. Par promotion, 150 étudiants français et étrangers suivent ce type de cursus au sein de Paris I.
« L'intérêt du programme c'est aussi de rencontrer des personnes intéressées par ce type d’expérience et donc ouvertes au monde. Des personnes qui vivent depuis la naissance entre deux pays et qui ne savent pas vraiment où elles se sentent le mieux », souligne une étudiante, qui regrette toutefois que le programme soit trop chargé et redondant sur certains points. « L’effort demandé est considérable », reconnaît l’université Panthéon-Sorbonne, chaque étudiant doit être capable de s’adapter à des systèmes juridiques, à un environnement pédagogique et à des modes de pensée différents.
Les étudiants sont d’ailleurs recrutés sur dossier scolaire et entretien avec un jury composé des responsables français et de l’une des universités partenaires. A l’issue de leur parcours, dotés d’une solide culture juridique et de la connaissance de deux pays, ils sont appelés à travailler en entreprises, dans les organisations européennes publiques et privées, en tant que juristes. Des associations regroupant les anciens des différents cursus ont vu le jour et, fait rare au sein des universités, elles promeuvent l’intérêt des programmes auprès des entreprises.

L’université Paris II et Cambridge

Sur la base d’un schéma similaire, et toujours en droit, l’université Paris II Panthéon-Assas a mis en place des cursus intégrés en partenariat avec les universités de Cambridge et de Fribourg en Suisse. Pour Cambridge par exemple, les étudiants sont une vingtaine (dont la moitié français), recrutés sur entretien et après examen du dossier scolaire - la mention bien est requise pour les bacheliers, tandis que les autres postulants ont déjà une ou deux années d’études à leur actif. Les frais de scolarité pour les années passées à Cambridge se sont élevés à 1.500 euros pour les étudiants en 2002-2003. Ils étaient toutefois soutenus par le cabinet Clifford Chance qui leur verse à tous une bourse d'un montant équivalent chaque année.
A noter que dans le cas du cursus Paris II – Université de Fribourg, les étudiants choisissent le lieu de départ de leur cursus qui n’est donc plus nécessairement l’université étrangère.

La réforme LMD risque de bouleverser l’organisation de ce type de cursus

Ces cursus intégrés cadrent en partie avec les parcours européens encouragés par Viviane Reding, commissaire européen en charge de l'éducation et de la culture . Les programmes de Paris I et Paris II sont cependant organisés sur quatre ans et aboutissent à l’obtention d’une maîtrise. Or la réforme portant sur l’harmonisation des grades universitaires en Europe amène progressivement les universités européennes à aligner leurs diplômes sur le grade master, soit un niveau Bac+5 (voir article.
Progressivement, le niveau Bac+4 ne sera plus validé par un diplôme dans les pays partenaires des universités françaises (qui ne délivrent pas de diplômes intermédiaires, mais seulement un diplôme sanctionnant la fin des études universitaires). Une des solutions pour les universités françaises pourrait donc être de réaménager les cursus sur 5 ans, avec non plus une, mais deux universités partenaires, et ce afin de délivrer un master européen (voir article.


Pierre-Alban Pillet
8 Décembre 2003







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