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Que devient le CFJ ?


Le Centre de formation des journalistes (CFJ) a connu des bouleversements récents, avec un deuxième dépôt de bilan en 5 ans pour son groupe, le CFPJ, et sa reprise par la société EFE, inexpérimentée en matière de presse. L'école entame cette année sa réforme en commençant par un travail sur sa pédagogie, afin notamment de faire face à la concurrence de Sciences-Po Paris, qui va créer sa propre école de journalisme.



La profession s'était inquiétée lors de la reprise le 17 juillet dernier du groupe CFPJ par la société EFE (Edition Formation Entreprise, à la fois éditeur et acteur de la formation professionnelle). Le Syndicat national des journalistes (SNJ) avait parlé des "lacunes dans le domaine de la formation des journalistes" des nouveaux dirigeants, lorsque 26 salariés sur 55 avaient été licenciés.

La rentrée des 49 nouveaux étudiants à l'école de la rue du Louvre s'est donc faite début octobre dans des conditions particulières. Même si le budget des années précédentes a été reconduit, même si les mêmes intervenants et les mêmes matières sont au programme. D'autant que le 14 octobre, Sciences-Po Paris a lancé un défi au CFJ sur son propre terrain, en annonçant la création de son école de journalisme à la rentrée 2004, et en rompant dans la foulée l'accord de double diplôme existant depuis trois ans (1).

"Qu'il y ait une école de journalisme de plus, c'est tant mieux, parce qu'il y a relativement peu d'écoles en France. Mais le problème du financement ne va pas être simplifié (2) et cela fera des étudiants supplémentaires sur le marché du travail" (3), souligne Luc Lemaire qui, à 54 ans, est directeur du CFJ depuis le 1er octobre, après y avoir enseigné périodiquement depuis 20 ans. "Nous n'allons pas nous positionner sur le même créneau (que Sciences-Po, ndlr), mais proposer un modèle différent. Nous considérons qu'il y a eu une dérive dans l'enseignement des écoles qui consiste à mettre l'accent sur les techniques au détriment du fond", explique-t-il.

Un groupe d'étude a été mis en place autour du nouveau directeur, d'Henri Pigeat, président du conseil d'administration du CFJ et de Pierre Cohen-Tanugi, directeur général adjoint d'EFE, afin de travailler sur ce que doit être l'enseignement du journalisme aujourd'hui. Une réflexion "dans l'air depuis un moment (…) et que toutes les écoles ont intérêt à mener", selon Luc Lemaire. Ce processus de réflexion devrait déboucher sur un enseignement rénové à la rentrée 2004.

Partenariats :

"A partir de là, tout est ouvert", poursuit-il: sur la question du recrutement, celle de la durée des études, sur les stages à développer, les partenariats…"rien n'est exclu". "Notre préoccupation majeure est d'abord la refonte du cursus", insiste M. Lemaire, qui n'hésite pas à porter un regard critique sur la maison. Un ancien salue: "C'est un vrai choix pédagogique que de l'avoir mis à la tête de l'école". Issu de la promotion 1973, il a travaillé successivement au Figaro, au Matin de Paris, à l'Usine Nouvelle et dans la presse médicale, souvent en tant que rédacteur en chef technique, et a participé au lancement du quotidien gratuit 20 Minutes. A son poste de directeur du CFJ, il continue à dispenser ses cours de secrétariat de rédaction et d'édition, et reste proche des étudiants.

C'est peut-être bien une révolution silencieuse qui se prépare au CFJ, en gardant pour objectif de demeurer à la pointe de la formation des journalistes. Luc Lemaire garantit: "EFE sait que ce n'est pas avec la formation initiale que l'on fait de l'argent. Eventuellement c'est avec la formation continue (le CPJ, Centre de perfectionnement des journalistes, et le CFPJ entreprises et administrations, ndlr). Mais seulement si elle est adossée à une école forte, de renommée internationale. Tous les moyens seront employés pour y parvenir."

Notes :
(1) Une convention liait Sciences Po Paris et le CFJ depuis plus de 25 ans. Elle avait été renégociée en juin 2000 dans le cadre de la réforme du cursus de Sciences Po: 5 à 10 de ses étudiants, après une procédure d'admission spéciale au CFJ, pouvaient suivre un double cursus basé sur l'adaptation et l'allègement des programmes des deux établissements. Cinq étudiants de Sciences Po ont été admis en début d'année à passer ce double diplôme. Ce seront les derniers.
(2) La taxe d'apprentissage, versée par les entreprises médias, parfois hors médias, est partagée entre les écoles de journalisme. Bien qu'elle ne soit pas un revenu stable, son montant variant chaque année, elle représente souvent la principale source de financement des écoles, devant les subventions de l'Etat et les droits de scolarité.
(3) Lire notre article:
"Les écoles de journalisme et le marché du travail"

Alison Cartier
09/11/2005



Voir aussi : cfj
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