« Le désastre de nos universités », « Usines à chômeurs », « Comment sauver les facs ? » « Facs sous-équipées »… la lecture de ces quelques titres d’articles parus dans la presse française ces dernières semaines est de nature à discréditer l’université aux yeux des futurs étudiants. Or son image n’était déjà pas au plus haut depuis la crise liée au CPE en début d’année.
Dans ce contexte de défiance généralisée, tout le petit jeu consiste désormais pour les établissements à se distinguer les uns des autres et à ne plus apparaître comme « la fac », mais comme une université de référence dans tel ou tel domaine, ou bien comme l’université qui propose un master d’excellence ou un doctorat réputé. Pour cela, les universités n’hésitent plus à employer tout l’arsenal traditionnel de la communication, du moins lorsqu’elles en ont les moyens. Dotées depuis une quinzaine d’années de services dédiés, elles suivent donc l’exemple des écoles de commerce, et adoptent le modèle dominant dans les systèmes éducatifs avancés qui consiste à promouvoir une marque et une image.
Il ne s’agit donc plus de considérer que tous les établissements se valent et que les diplômes qu’ils délivrent sont les mêmes, mais au contraire de faire valoir les atouts particuliers de chacun. Etant donné que cela consiste finalement à accréditer l’idée que les universités sont en concurrence les unes avec les autres, et que cette idée est rejetée par certains syndicats étudiants et enseignants, on pourrait croire que les universités restent discrètes sur le sujet. Or il n’en est rien : il n’est aujourd’hui plus rare de voir des campagnes de publicité dans la presse pour une université (campagne institutionnelle) ou un programme en particulier (campagne de recrutement).
Outre ces campagnes de publicité, les établissements de l’enseignement supérieur français – universités et grandes écoles - tiennent des conférences de presse, diffusent des communiqués et des lettres d’information, entretiennent leurs relations publiques, prennent part aux salons étudiants…chacun à la hauteur de ses moyens naturellement, mais souvent dans le cadre d’une stratégie globale de communication. Et ce, que ce soit dans le but de faire connaître l’établissement au niveau régional, national voire plus rarement international, afin de recruter des étudiants, ou encore de se faire connaître des entreprises ou d’autres partenaires potentiels. Ces stratégies de communication restent toutefois à affiner si l’on en croit les résultats d’une étude récemment publiée par l’agence de communication Noir sur Blanc (1).