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Les écoles de commerce multiplient les implantations hors de France


Dans le cadre de leur stratégie internationale, les écoles de commerce françaises privilégiaient traditionnellement la mise en place d’alliances avec des partenaires étrangers pour la délivrance de doubles-diplômes ou des réseaux (type CEMS). Cette stratégie d’alliances se double désormais du développement d’une croissance interne, c’est-à-dire l’ouverture de campus en propre à l’étranger.



L’Essec va lancer une base de recherche avancée en Asie

Sur les traces de l’Insead, l’Essec va ouvrir un deuxième campus à Singapour. Si la prestigieuse école de commerce de Cergy-Pontoise ne positionnait pas son cursus grande école au niveau MBA comme l’Insead, on pourrait suspecter une alliance entre les deux établissements, mais en l’occurrence il faut plutôt y voir la volonté propre de l’Essec de se positionner sur le marché asiatique et donc de marquer sa vocation internationale.
L’avenir du capitalisme est en Orient : une demande croissante de formation au management s’esquisse. Le marché est à saisir, et l’Essec tente sa chance. Pour autant, y implanter une marque, c’est partir de zéro et l’investissement demandé est considérable, même lorsque l’on s’appuie sur des partenariats avec des universités locales.
L’Essec entend procéder en plusieurs phases : tout d’abord installer à Singapour une base avancée, notamment chargée de développer des recherches dans les domaines « du luxe en Asie, de la gestion urbaine, des biotechnologies, de l’innovation dans les services , et de la gestion du risque », avec « d’ici 4 à 5 ans » une vingtaine d’enseignants permanents ainsi que leurs équipes. Mais l’école de commerce compte également « doubler le site de recherche d’un centre de formation qui offrira deux MS et un MBA sectoriel (environ une centaine d’étudiants), ainsi que des programmes de formation permanente. Une soixantaine d’élèves du programme grande école de l’Essec pourront également être accueillis par le centre ». Et tout cela d’ici deux ans, si tout se passe bien, notamment si le local que l’école est en train de négocier est suffisamment spacieux. L’Asian Center devrait fonctionner avec un budget compris «entre 2,5 et 3 millions d’euros en vitesse de croisière - d’ici 4 à 5 ans», précise l’école.

L’ouverture de campus à l’étranger : opérateur local ou cursus intégré ?

L’EBS (European business school) ou l’ESE (European school of economics) ont depuis longtemps de nombreux campus à l’international. Ainsi, l’EBS Paris, fondée en 1967, « est à l’origine de la création de 8 écoles (…) à Madrid, Milan, Munich, Dublin, Dortmund, Kaliningrad, Londres, et New-York ». Le réseau offre des « programmes identiques » dans chaque pays. Chaque site a un processus de recrutement plus ou moins autonome et un positionnement propre. Des échanges d’étudiants sont possibles entre sites. C’est même un des points forts de l’EBS qui propose deux semestres dans deux pays différents, dans le cadre de son programme en quatre ans. Plus récemment, l’ESC Toulouse a doublé son campus à Barcelone, l’Essca d’Angers a annoncé l’ouverture d’un campus à Budapest et l’ESCP-EAP d’un nouveau pôle à Turin.
Toutes ces initiatives ne relèvent pas de la même stratégie. Dans les réseaux d’écoles, c’est la logique de l’opérateur local qui prédomine : offrir un même produit à différents publics. Pour les écoles qui ouvrent des sites décentralisés, il s’agit plutôt de mettre en place des cursus intégrés à l’étranger : offrir un même produit à un même public dans différents pays. La seconde démarche est un exercice plus complexe car les établissements doivent maîtriser la cohérence pédagogique sur plusieurs années dans différents pays, sinon l’avantage par rapport aux échanges entre établissements disparaît.

La clé de la croissance internationale reste la reconnaissance locale

En terme de reconnaissance internationale, seules les écoles dites leaders sur leur marché semblent en mesure d’attirer un public étranger de qualité. L’ouverture de sites à l’étranger ne fait ainsi pas partie des priorités relevées par le professeur Aebischer de l’Institute of Technology de Lausanne (1) afin d’atteindre le rang d’« université de stature internationale ». Il relève en revanche la nécessité de :

- disposer d’une autonomie suffisante tant en matière de gestion opérationnelle que financière
- bénéficier d’un soutien politique fort des institutions et du grand public
- concentrer ses moyens sur un ou des domaines d’expertise
- localiser son campus dans un endroit agréable et vivant pour accueillir dans de bonnes conditions étudiants et chercheurs
- « vendre » l’institution auprès de tous les publics
- promouvoir des objectifs de long terme en matière de recherche

L’avenir dira toutefois si les stratégies multi-sites en vogue dans le monde des business schools françaises seront payantes, à l’instar des organisations internationales rarement implantées sur un seul site et des firmes multinationales présentes sur tous les continents.

NB :

(1) Cité dans une note de Patrick Navatte, responsable de la délégation à Bruxelles de la CPU. Pour plus de détails, voir le site de la CPU (www.cpu.fr)

Pierre-Alban Pillet
23/05/2005

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