« L’évolution des financements publics est préoccupante, notamment au niveau consulaire avec les baisses budgétaires entraînées par la réforme des Chambres de commerce et d’industrie (CCI). Les écoles vont connaître des évolutions difficiles : la plupart d’entre elles bénéficient de subventions publiques qui varient entre 1% et 20% de leur budget. C’est souvent cette somme qui permet d’équilibrer les comptes. » François Duvergé, président du conseil d’administration de l’ESCEM, dresse un tableau sombre, mais qu’il veut réaliste : le contexte est difficile, les écoles doivent s’adapter. Pour lui, le problème dépasse la contraction des budgets consulaires. Les collectivités locales, autres partenaires possibles, ont également des budgets, mais aussi des compétences, moindres que par le passé. « Et leur rôle n’est de toute façon pas de financer le fonctionnement d’une école », estime François Duvergé. Quant à l’État, il a fait le choix de financer massivement les universités plutôt que les écoles.
Si le président de l’ESCEM trouve ce choix pertinent, Philip McLaughlin, directeur de Bordeaux école de management (BEM) et Xavier Cornu, directeur général délégué à l'enseignement, la recherche et la formation de la CCI de Paris, sont plus réservés. Le premier exprime sa frustration de n’avoir pu accéder aux fonds de l’Opération Campus et se plaint d’être un partenaire marginal de l’Université ; le second souhaite qu’une partie des fonds récoltés via le grand emprunt irrigue les budgets des écoles de management.
Si le président de l’ESCEM trouve ce choix pertinent, Philip McLaughlin, directeur de Bordeaux école de management (BEM) et Xavier Cornu, directeur général délégué à l'enseignement, la recherche et la formation de la CCI de Paris, sont plus réservés. Le premier exprime sa frustration de n’avoir pu accéder aux fonds de l’Opération Campus et se plaint d’être un partenaire marginal de l’Université ; le second souhaite qu’une partie des fonds récoltés via le grand emprunt irrigue les budgets des écoles de management.
Pas inquiets
Le directeur de BEM et Xavier Cornu partagent cependant une vision optimiste du futur et ne se montrent pas inquiets sur les financements à venir. Pourtant, leur situation est différente. La CCI de Paris compte en son sein des écoles de management parmi les plus prestigieuses, dont HEC et l’ESCP-Europe. De telles institutions sont à la fois des vitrines pour la CCIP, mais également des moteurs pour l’ensemble des entreprises d’Île-de-France dont elles forment les cadres supérieurs.
Pas étonnant, donc, que Xavier Cornu affiche une politique de développement dynamique avec, par exemple, un investissement de 140 millions d’euros pour la rénovation du campus de HEC. « Nous avons également mis de l’argent dans les campus allemand et espagnol de l’ESCP », précise Xavier Cornu. « Nous ne comptons pas réduire la voilure de nos écoles : nous avons bien compris que la compétition se jouait au niveau mondial et nous ne baisserons pas la garde. Il y a effectivement des restrictions budgétaires, mais il y a des solutions, notamment en améliorant notre gestion interne pour mieux redéployer les moyens ».
Pas étonnant, donc, que Xavier Cornu affiche une politique de développement dynamique avec, par exemple, un investissement de 140 millions d’euros pour la rénovation du campus de HEC. « Nous avons également mis de l’argent dans les campus allemand et espagnol de l’ESCP », précise Xavier Cornu. « Nous ne comptons pas réduire la voilure de nos écoles : nous avons bien compris que la compétition se jouait au niveau mondial et nous ne baisserons pas la garde. Il y a effectivement des restrictions budgétaires, mais il y a des solutions, notamment en améliorant notre gestion interne pour mieux redéployer les moyens ».
Rayonnement régional
Pour BEM, la situation est différente : l’école est moins prestigieuse et la CCI de Bordeaux est, selon Philip McLaughlin, « dans une logique de prudence et de réduction des frais ». Une logique contradictoire avec celle de l’école qui a besoin, à l’instar de l’ensemble des établissements, de se développer pour être un acteur dynamique et reconnu. Mais le directeur de BEM pense que son établissement arrivera à rassembler une variété de partenaires, dont les collectivités locales, dans le cadre « d’une stratégie de soutien au rayonnement régional ». Un pari qui fonctionne à Nantes où les pouvoirs locaux soutiennent Audencia. Si Philip McLaughlin souhaite effectivement voir évoluer les statuts de l’établissement qu’il dirige, c’est plus pour avoir une plus grande souplesse d’action que pour des raisons financières. « Nous avons besoin d’agir vite, par exemple pour signer des alliances avec des partenaires étrangers, c’est parfois un peu difficile dans le cadre juridique actuel, avec la tutelle de la CCI. Nous envisageons d’aller vers un statut associatif, avec un conseil d’administration rassemblant à la fois la CCI, les collectivités locales et les entreprises ».
Des évolutions progressives
Le mot d’ordre semble plutôt être l’adaptation aux évolutions qu’un changement radical. Xavier Cornu reconnaît qu’une politique de fundraising est souhaitable pour les établissements. Il souligne que HEC récolte des sommes importantes tant auprès de ses anciens étudiants que des entreprises. A Bordeaux, Philip McLaughlin est en train de mettre en place des chaires d’entreprises et envisage d’ouvrir de nouveaux programmes. De manière générale, les établissements misent sur un panachage de solutions pour élargir leurs sources de financement : chaires d’entreprises, formation continue, campus à l’étranger, nouveaux cours, partenariats avec les collectivités…
A l’ESCEM, François Duvergé prévient cependant qu’une partie de ces solutions pourrait se révéler peu rentables : les nouveaux cours exigent de nouveaux professeurs, donc des coûts supplémentaires et l’ouverture de campus à travers le monde ne sera, selon lui, bénéfique que sur un temps court. « Les Chinois n’auront pas besoin éternellement de nos écoles pour former leurs cadres », souligne-t-il, « le problème, c’est que les écoles ont un côté mimétique : dès que l’une d’entre elles s’engage dans une voie, les autres suivent sans avoir réellement pesé le pour et le contre. » Et puisqu’une augmentation des droits d’inscription semble inenvisageable dans un marché déjà très tendu, le président du conseil d’administration de l’ESCEM préconise un recours aux opérateurs privés pour financer les écoles. « J’observe que les écoles à capitaux privés sont aujourd’hui en croissance plus forte que les écoles consulaires ».
A l’ESCEM, François Duvergé prévient cependant qu’une partie de ces solutions pourrait se révéler peu rentables : les nouveaux cours exigent de nouveaux professeurs, donc des coûts supplémentaires et l’ouverture de campus à travers le monde ne sera, selon lui, bénéfique que sur un temps court. « Les Chinois n’auront pas besoin éternellement de nos écoles pour former leurs cadres », souligne-t-il, « le problème, c’est que les écoles ont un côté mimétique : dès que l’une d’entre elles s’engage dans une voie, les autres suivent sans avoir réellement pesé le pour et le contre. » Et puisqu’une augmentation des droits d’inscription semble inenvisageable dans un marché déjà très tendu, le président du conseil d’administration de l’ESCEM préconise un recours aux opérateurs privés pour financer les écoles. « J’observe que les écoles à capitaux privés sont aujourd’hui en croissance plus forte que les écoles consulaires ».
Préparer l’avenir
Philip McLaughlin, souhaite, lui, au contraire, s’éloigner de cette solution : « Je revendique le fait que BEM est un établissement semi public, dont la stratégie n’est pas motivée par la recherche de bénéfices pour les actionnaires et cette identité nous donne une crédibilité forte ». Si les stratégies divergent, la préoccupation des dirigeants des écoles de management est la même : adapter leurs établissements aux évolutions actuelles pour préparer l’avenir. Un souci d’autant plus important en temps de crise, comme le fait remarquer Xavier Cornu : « Tout le monde est touché par les restrictions budgétaires. Il faut donc juguler les pertes et investir. Ce sont ces investissements qui permettront aux établissements de rebondir quand la conjoncture sera meilleure ».

Vie universitaire
Le modèle français de financement des écoles de commerce a-t-il vécu?



