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Fundraising: pour rester sur les rails de l'éthique


Savoir ne pas se retrouver en position de faiblesse face à un donateur exigeant, fixer des limites aux conditions posées par ce dernier, repérer les situations à risques… Autant de cas complexes auxquels peut se trouver confronté le "fundraiser", ce nouveau professionnel travaillant à la collecte de fonds pour les universités et grandes écoles.



Cas n°1 : « Le fils d’un de vos plus gros donateurs est étudiant dans votre institution et pose de gros problèmes de comportement. Votre école est prête à le renvoyer. Comment gérez-vous la relation avec le service des études et avec les parents ? » Cas n°2 : « Une de vos collaboratrices vous présente une situation délicate: l’un de ses prospects (clients potentiels) est prêt à faire un don majeur à votre institution, à condition qu’elle couche avec lui. Cette collaboratrice avoue qu’elle le trouve attirant. Comment gérez-vous la situation ? » Cas n°3 : «Un ancien élève possède une entreprise d’ameublement de bureaux. Il est prêt à faire un don de 10 000 € si votre institution accepte de faire appel à sa société en cas de besoin mobilier, sachant qu’il est prêt à s’aligner sur les prix des concurrents moins chers. Acceptez-vous le deal ?»

Ces cas sont tous inspirés de faits réels, ont exposé Yaële Aferiat, directrice de l’Association française des fundraisers, et Marie-Stéphane Maradeix, directrice du développement à l'Ecole Polytechnique, devant des professionnels réunis par l'Association française des fundraisers les 6 et 7 février, lors d'un atelier dédié à l'éthique.
Les réponses sont tantôt évidentes, tantôt alambiquées. Ainsi, concernant le cas n°2, il a été envisagé de laisser la collaboratrice faire ce qu’elle voulait avec le donateur potentiel tout en confiant la discussion à une nouvelle équipe, histoire de repartir sur d’autres bases.

Codes de déontologie et flair

La tâche du fundraiser est complexe. Comment attirer à soi le donateur potentiel ? Comment mieux connaître ses ressources et donc sa capacité à donner sans attenter à sa vie privée ? Comment gérer une situation pouvant rapidement tourner au rapport de force défavorable et ne pas tout accepter du donateur ? Et Yaël Aferiat de répondre par une citation d’Epicure - « Ne fais rien dans ta vie, qui te fasse redouter que ton voisin en prenne connaissance » - avant de mettre en avant les codes éthiques entourant la pratique. Ils constituent le cadre indispensable afin de maintenir la confiance entre fundraisers et donateurs. Ainsi, l’Association of fundraising professionals a édicté cinq principes dits «universels » : l’honnêteté, le respect, l’intégrité, l’empathie et la transparence. L'Association française des fundraisers a aussi son code de déontologie. Parmi ses treize points, on note que les membres de l’AFF « veillent à ce que les dons soient affectés conformément aux missions de l’association, aux motifs des appels à la générosité et aux souhaits des donateurs ». Ils sont aussi « rémunérés par un salaire, un montant convenu à l’avance ou des honoraires, jamais par commissions ou pourcentages liés aux sommes collectées ». Enfin, lesdits membres « préservent le caractère confidentiel de tous les fichiers et documents qui leur sont communiqués par les organisations qu’ils servent ».

A cela, Yaële Aferiat et Marie-Stéphane Maradeix adjoignent un cadre de jugement plus personnel. « Commencez par vous tester. Quelle est votre position philosophique face à une situation, votre conviction ? Puis passez quelques tests: celui de la légalité, est-ce conforme à la loi ? Celui de l’odorat, est-ce que l’affaire sent mauvais ? Le test de la presse sera également important: avez-vous envie de voir cette question abordée par les journalistes locaux ou nationaux ? Vient enfin le test du modèle : est-ce que la personne qui est votre modèle approuverait votre décision ? »

Aux grandes écoles et universités, qui découvrent la collecte de dons, de se conformer aux règles déontologiques. Celles que suivent toutes les ONG. Ou presque.

NB :

Le fundraising vous intéresse ? Achetez le dossier de l'Observatoire sur ce thème (20 pages).



Antoine Teillet
10 Février 2008

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Voir aussi : fundraising


Commentaires des lecteurs

1.Posté par Le Grand Tadjik le 11/02/2008 00:25
Pourquoi dire "fundraising"? En français, on dit collecte de fonds et ça veut dire exactement la même chose...

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