Ce texte d'un total de 260 pages, sur une question dont s'était saisi le CES lui-même en octobre 2006, a valeur consultative. Le conseil y livre quelques réflexions de bon sens et fait des recommandations qui pourraient inspirer les responsables de l'enseignement supérieur. A commencer par le nombre d'implantations universitaires: compte tenu du recul des effectifs étudiants, ou du moins de leur stagnation, aucune nouvelle implantation n'est justifiée, affirme le CES, qui en appelle à un moratoire. Rappelons que la dernière université créée, la 85e à Nîmes en décembre 2006, a remplacé un centre universitaire de formation et de recherche qui délivrait déjà licences et masters mais dépendait de plusieurs universités de rattachement.
Le CES, reprenant une idée dans l'air du temps, veut que chaque site universitaire mise sur ses atouts et domaines d'excellence. L'AERES (Agence d'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur) doit y veiller, en repérant les "bonnes pratiques". De même pour les pôles de recherche et d'enseignement supérieur (PRES): ils n'ont pas vocation à couvrir l'ensemble du territoire ni à s'aligner sur les frontières administratives des régions. Ils doivent impérativement associer les universités, les écoles et les organismes de recherche. "Partenaires économiques et sociaux" ainsi que "collectivités territoriales" doivent aussi, aux yeux du CES, voir leur poids renforcé dans les conseils d’administration des PRES. Ces pôles peuvent jouer le rôle de pivot pour articuler RTRA (réseaux thématiques de recherche avancée), Instituts Carnot en recherche partenariale et autres pôles de compétitivité.
Chaque PRES pourrait aussi définir une politique de formation, sur laquelle devrait se caler l'orientation des lycéens vers l'université, suggère le CES. Pour que l'objectif d'insertion professionnelle s'inscrive dans les faits, les universités doivent développer les formations en alternance, mais aussi reconnaître dans leur évolution de carrière les enseignants-chercheurs qui font l'effort de se former "à de nouvelles compétences en lien avec la compétitivité des territoires et l’emploi", selon le conseil.
Afin de remplir de telles missions, l'enseignement supérieur devra bénéficier de "financements à la hauteur", prévient-il, en exigeant que l'effort de la France rejoigne celui des pays de l'OCDE. Seront mis à contribution également les collectivités (logements, transports, plates-formes technologiques, aide aux start-up...) ainsi que les étudiants, par des frais de scolarité rehaussés mais modulés "selon les ressources et assortis d’une véritable aide sociale aux études", préconise le CES.