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Ecoles de journalisme: évoluer pour mieux placer les diplômés


Depuis quelques années, l’accès au métier de journaliste est semé d’embûches. Une conjoncture défavorable a réduit le nombre d’embauches et rendu les employeurs plus exigeants. Face à cette situation, les formations en journalisme ont dû trouver des solutions. A l’Ecole de Journalisme de Toulouse (EJT) comme à l’Institut de Journalisme Bordeaux Aquitaine (IJBA), de bons résultats viennent récompenser une approche dynamique de la profession et de ses évolutions.



Ecoles de journalisme: évoluer pour mieux placer les diplômés
« Sur les 32 étudiants de la promotion 2006, 50% sont aujourd’hui en CDI », annonce fièrement Bertrand Thomas, directeur de l’EJT. Il y a quelques années, alors que l’école n’était pas encore reconnue par la profession, les étudiants de l’EJT nourrissaient parfois des complexes à l’égard des autres formations en journalisme. Ce temps est désormais révolu. La plupart des étudiants de l’école toulousaine trouvent un emploi très rapidement une fois leur diplôme en poche. « Je crois qu’un des éléments déterminants, explique Bertrand Thomas, c’est que notre cursus s’étend sur trois ans au lieu de deux en général ; nos étudiants passent donc plus de temps en stage ». La dernière partie du cursus est consacrée à un stage pré-professionnel d’une durée comprise entre deux et cinq mois et il n’est pas rare qu'il y ait une embauche à la clef.

« Les régions ne nous font pas peur »

Autre particularité, l’EJT a noué un partenariat avec le master de journalisme juridique de l’Université Paul Cézanne (Aix-Marseille III). Des étudiants de l’EJT ayant déjà fait du droit peuvent y effectuer leur troisième année. « Ce cursus prépare les étudiants au traitement des faits divers (1) », selon Bertrand Thomas. « En échange, nous accueillons des élèves du master qui se forment aux techniques audiovisuelles ».
« Le contexte géographique joue aussi : nous sommes implantés dans une région à l’identité forte et nous avons tissé des liens avec un grand nombre d’acteurs médiatiques locaux ou nationaux présents à Toulouse », décrit le directeur de l’EJT. « Nos étudiants n’ont pas peur de travailler en région, y compris les Parisiens qui représentent en moyenne un quart des promotions. » Un argument également développé par Maria Santos-Sainz, directrice de l’IJBA : « On s’appuie beaucoup sur le réseau local d’entreprises de presse, qui est assez dense. Cela n’empêche pas nos étudiants de travailler pour les médias nationaux, mais c’est vrai qu’à un moment, peu de jeunes journalistes s’intéressaient à la presse régionale. Il y avait un certain mépris et cela nous a servi. » Ce d’autant que les évolutions technologiques de ces dernières années ont permis de multiplier les créations de médias locaux, notamment dans le multimédia et l’audiovisuel.

S’aligner sur les standards européens

L’IJBA est une création récente qui, depuis la rentrée 2006, a remplacé l’IUT de journalisme de Bordeaux. Malgré un bilan plutôt flatteur (en janvier 2006 sur 1226 anciens élèves, 1199 étaient journalistes et 873 avaient un CDI), un changement était devenu nécessaire. « On avait conscience des évolutions du métier et de l’exigence des recruteurs », explique Maria Santos-Sainz. « Dans le cadre de la mise en place du LMD, nous avons évolué vers un master. Ce qui est cohérent avec notre niveau de recrutement, à Bac+3 voire Bac+4. Nous avions également fait le constat que la plupart de nos homologues ont un niveau master. Pour être journaliste aujourd’hui, il faut un bagage culturel important. Je suis persuadée que c’est en relevant le défi de la qualité qu’on sortira de la crise de la presse. »
Maria Santos-Sainz tient à ce que ses étudiants restent humbles : « Nous voulons des journalistes proches du terrain, à l’écoute de la société, c’est essentiel pour remplir notre rôle social de contre-pouvoir ». « Il est important de ne pas avoir la grosse tête », renchérit Bertrand Thomas. Et cela vaut pour les étudiants autant que pour l’école : « Rien n’est éternel, il faut rester exigeants ». Une exigence qui, pour l’instant, a permis à l’EJT et à l’IJBA d’assurer sereinement leur développement en dépit des difficultés rencontrées par la profession.

NB :

(1) les sujets liés à la police et à la justice nécessitent des connaissances juridiques.

David Allais
14/01/2007


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