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Accueil d'étudiants étrangers: les bonnes pratiques de nos voisins


Dans une étude publiée récemment, le Conseil économique et social (CES) dresse un tableau somme toute classique des maux dont souffre l'accueil des étudiants étrangers en France: absence de politique nationale, manque d'informations, d'orientation et d'aides, moyens mal employés, faible attractivité de l'Hexagone pour les étudiants des pays émergents... Le CES s'est en outre penché sur les bonnes pratiques d'autres pays dont certains ne disposent pas forcément de plus d'atouts que la France. Quelques exemples éclairants:



- Allemagne: toute une palette d'outils
L'Institut Goethe, fondé en 1951 et implanté dans le monde entier, joue un rôle majeur dans le rayonnement linguistique et culturel du pays, dont la langue n'est pourtant pas un avantage a priori, tout comme le français. Le budget annuel de l'Institut s'élève à plus de 250 millions d'euros.
Concernant la promotion des études elles-mêmes, l'Office allemand d'échanges universitaires (Deutscher Akademischer Austausch Dienst ou DAAD) compte parmi ses membres 231 institutions d'enseignement supérieur et 126 organisations étudiantes. Financé principalement par les ministères fédéraux des Affaires étrangères et de l'Education, il dispose d'un budget d'environ 250 millions d'euros également. Il s'appuie sur 39 centres d'information et 14 bureaux régionaux dans le monde.
Pour l'inscription proprement dite des étudiants étrangers, l'Allemagne a mis en place depuis 2004 "uni-assist", à l'initiative de la Conférence des Recteurs d'Universités et du DAAD. Les candidats peuvent déposer un dossier par internet à ce "guichet" unique à plus de 50 universités.
Au niveau de l'accueil, les oeuvres universitaires de plusieurs établissements ont mis en place des "packages" qui comprennent logement, assurance, parfois titres de transport, tutorat, billets pour les sorties culturelles...et ce, pour un montant forfaitaire.
Par ailleurs, le suivi des étudiants étrangers a été développé par le DAAD (magazine rapportant les actions d'anciens boursiers, salons et forums à l'étranger auxquels ils sont invités à participer...).

- Australie: un marketing presque trop efficace
L'agence nationale chargée de la promotion de l'enseignement supérieur est l'IDP Education Australia Limited. Présente dans 31 pays, elle est en partie financée par 38 universités australiennes. Elle fait cependant l'objet de critiques car elle favoriserait un accueil massif et très peu sélectif, ce qui aurait des répercussions négatives sur le niveau général de l'enseignement.

- Etats-Unis: la recette des campus
Il n'existe pas d'agence unique mais autant de politiques que d'Etats fédérés et même d'universités, qui bénéficient d'une grande autonomie. Néanmoins l'accueil et l'intégration sur les campus sont très efficaces du fait d'une prise en charge globale sur un même site.

- Grande-Bretagne: promotion de la langue
Malgré la domination de l'anglais, ce pays s'est adjoint les services d'un organisme d'origine publique, le British Council, dont une des activités principales est l'enseignement de la langue dans le monde. Il dispose d'un budget total de 600 millions d'euros et est présent dans 220 villes réparties dans 110 pays. Ce British Council a aussi mis en oeuvre une stratégie globale de promotion des universités britanniques à l'étranger.

- Japon: agence unique depuis 2004
Les différents organismes japonais impliqués dans la promotion du pays et l'accueil des étudiants étrangers ont fusionné en une agence unique depuis 2004: la JASSO (Japan Student Services Organization). Elle est aussi chargée de la gestion des bourses d'études et des partenariats entre établissements japonais et étrangers, même si chaque université peut toujours prendre l'initiative d'un tel partenariat.
Le Japon, à la différence des autres pays, n'est pas engagé dans une stratégie "marketing" de promotion de son enseignement supérieur: le maintien du niveau général et la possibilité de sélectionner les étudiants sont des préoccupations essentielles qui freinent une telle évolution.

Par comparaison, en France, de multiples acteurs interviennent dans le processus d'information et d'accueil des étudiants étrangers, dont le Centre national des oeuvres universitaires (Cnous) et les centres régionaux (Crous), EduFrance et Egide. Aucun des acteurs ne dispose d'une vue d'ensemble, selon les CES. L'accueil lui-même est très variable, selon si l'étudiant est intégré à un programme d'échange ou livré à lui-même. Les guichets uniques, notamment pour les procédures administratives, se sont développés sur certains sites universitaires mais ils ne sont pas généralisés. A noter, les collectivités territoriales, notamment certains conseils régionaux et la mairie de Paris, interviennent parfois dans la promotion ou l'accueil des étudiants étrangers.
Le Conseil économique et social conclut que les facteurs de l'attractivité d'un pays sont "ce qui permet à ces étudiants de réussir leur insertion professionnelle du fait de leurs études et au-delà ". Et de proposer de nouveaux horizons : "Si l’objectif de notre pays est d’être attractif, il doit sans doute être attentif au souhait de nombreux étudiants en mobilité d’entrer dans la vie active - au moins pour un temps - sur le lieu de leurs études." Là encore, la France a beaucoup à apprendre de l'étranger.


A.Cartier
19 Février 2006

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