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Relativiser la valeur des diplômes sur le marché du travail


Le diplôme a moins d'importance que l'expérience acquise par un candidat à l'embauche, du point de vue des employeurs. Ceux-ci ne recherchent pas nécessairement d'adéquation entre le diplôme et le poste à pourvoir. Tels sont les constats dressés par le Céreq (Centre d’études et de recherches sur les qualifications) dans une étude intitulée "Recrutement en entreprise: les débutants sont-ils victimes d’un tri trop sélectif ?". L'organisme public s'est penché sur les processus de recrutement, en regardant les chances des candidats débutants, c'est-à-dire ayant moins de trois ans d'ancienneté sur le marché du travail.



Par rapport à l’ensemble des recrutés, les débutants sont davantage embauchés dans les établissements de petite taille, dans les secteurs du commerce et des services marchands et sur des postes d’employés et de professions intermédiaires. Ils représentent en moyenne 27% des personnes embauchées. Seule la moitié des débutants signent un CDI, plus volontiers dans des établissements de moins de 10 et de plus de 250 salariés. De façon générale, les entreprises recrutent moins fréquemment un débutant pour des postes d’ouvriers, qualifiés ou non. Mais elles leur donnent plus facilement leur chance pour des postes de professions intermédiaires. Les débutants ne sont donc pas systématiquement désavantagés à l'embauche.

Une seule candidature examinée dans un recrutement sur trois !

Dans son étude (1) le Céreq étudie aussi l'influence des modalités de sélection mises en oeuvre. Et aussi surprenant que cela puisse paraître, l’organisme relève que dans près d’un tiers des recrutements, une seule candidature a été examinée. Pour un recrutement sur quatre, ce sont les relations professionnelles qui ont permis de trouver l'heureux élu, et pour un recrutement sur cinq, les candidatures spontanées. Les débutants sont plus facilement recrutés en piochant dans ces candidatures reçues sans sollicitation.

Dans les cas où l'employeur fait appel à un centre de formation ou à un organisme professionnel, la situation tourne en faveur des débutants, mais pas si l’employeur sollicite l’ANPE. La situation est également propice au recrutement d’un débutant si l’employeur souhaite sélectionner sur la base d’une lettre de motivation ou un dossier de candidature. Mais quand l’employeur demande les prétentions salariales ou des lettres de recommandations, cela a l'effet inverse. Les critères portant sur la formation, le niveau de diplôme, la filière, mais aussi l’âge, l’apparence ou la possibilité de bénéficier d’aides à l’emploi poussent à l'embauche de débutants, contrairement aux critères d’expérience ou encore de capacités physiques.

Déclassés à l’embauche

Les auteurs ont aussi interrogé les employeurs a posteriori: 80% d'entre eux auraient volontiers embauché quelqu’un de plus expérimenté et de moins diplômé ! Cependant, ce ne sont pas forcément de nouvelles recrues immédiatement opérationnelles qui sont recherchées: un quart des embauchés n’avaient pas d’expérience directement utile pour les emplois qu’ils devaient occuper, selon ces mêmes employeurs.

En règle générale, les débutants connaissent un déclassement à l'embauche, dans la mesure où le niveau de leur diplôme est supérieur à la catégorie professionnelle du poste pourvu. Près d’un débutant sur deux recruté en tant qu’employé est diplômé du supérieur, contre un sur quatre chez les non-débutants. 28% des débutants occupant des postes d’ouvriers non qualifiés ont un diplôme de niveau bac minimum, contre 10% chez les non-débutants.

NB :



Alison Cartier
20 Avril 2008

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Voir aussi : anpe, cereq, insertion


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