Observatoire Boivigny, le site de référence de l'enseignement supérieur






Envoyer à un ami Envoyer à un ami    Version imprimable Version imprimable    Partager Partager

La course à l’internationalisation des effectifs étudiants


L’internationalisation des effectifs étudiants est aujourd’hui devenue une priorité pour nombre d’établissements d’enseignement supérieur en France. Le nombre d’étudiants étrangers au sein des programmes constitue un axe de communication récurrent, censé refléter la dimension internationale de l’établissement, son degré d’attractivité hors de nos frontières. Toutefois, les écoles et universités françaises ont chacune leur mode de calcul de leur taux d’étudiants étrangers.



Acquérir une renommée internationale

Elargissement du recrutement des étudiants, compétitivité de l’offre de formation au niveau européen…Les établissements français affichent leur volonté de voir des étudiants de toutes nationalités décrocher un diplôme chez eux, dans le but de faire valoir celui-ci en tant que tel sur le marché du travail. Mais ouvrir les portes d’une école aux étudiants étrangers, tout en maintenant un niveau élevé de sélectivité, n’est pas une mince affaire. Il s’agit en effet d’attirer un nombre significatif de candidats de qualité, en provenance de pays dans lesquels la réputation de l’établissement français entre en concurrence avec celle d’acteurs locaux.
Au jeu de la notoriété internationale, les institutions américaines (tout comme les britanniques) dominent d’emblée le marché. Elles servent de référence sur le territoire de la première puissance économique du monde et sont réputées pour leurs équipes de recherche et la qualité de leurs campus. Elles sont de plus promues par les films, séries ou leurs équipes sportives. En France, seule la Sorbonne, par tradition historique ou l’Insead, dans la catégorie MBA, peuvent prétendre rivaliser en terme d’image.

Des stratégies de recrutement spécifiques

Les autres établissements français ont donc mis en place des stratégies de recrutement spécifiques dans le but de pallier un déficit d’attractivité spontanée et de faciliter le recrutement des meilleurs profils. On en relève plusieurs types :

- par alliance : stratégie des doubles-diplômes, des réseaux, comme le TIME des écoles d’ingénieurs ou des diplômes communs à plusieurs universités tel le Master CEMS pour les écoles de commerce
- par concours communs, notamment le concours CIAM mis en place par un pool de 5 écoles de commerce
- sous forme de décentralisation géographique : les premiers cycles de l’IEP de Paris à Poitiers, Dijon et Nancy, les campus de l’ESCP-EAP à Londres, Berlin et Madrid…
- en envoyant des recruteurs dans les pays cibles, comme le fait l’ENA
- en délocalisant tout le cycle de formation à l’étranger comme, par exemple, certains mastères de l’école Centrale Paris
- en recrutant parmi les étudiants présents au sein de l’établissement dans le cadre d’un accord d’échange, comme le fait l’IEP de Paris

Ces stratégies visent à engager des étudiants qui, normalement inscrits, obtiendront un diplôme au même titre qu’un étudiant français. Ce sont donc des étudiants qui ont fait un choix délibéré et autonome de subir le processus de sélection d’une école française, puis de suivre l’ensemble de la scolarité de manière régulière (c’est-à-dire hors programme adapté).

Des chiffrages variables

Dans leur décompte des étudiants internationaux présents au sein de leurs programmes, les établissements ont des critères variables. Il y a ceux qui n’incluent que les étudiants normalement inscrits (après sélection sur concours ou sur titre) et ceux, plus nombreux, qui intègrent les étudiants en accord d’échange ou suivant des programmes spécifiques ne débouchant pas sur l’obtention d’un diplôme.
Ainsi, l’ENA ne comptabilise que les étudiants sélectionnés par concours et affiche un taux de 27% d’étrangers. Soit 51 élèves sur 189 (à l’issue du concours 2002). En revanche, deux des écoles en tête pour ce qui est du degré d’internationalisation de leurs effectifs (hors MBA et 3ème cycle à caractère international), à savoir ESCP-EAP et l’IEP de Paris, intègrent également d’autres catégories d’étudiants étrangers dans leurs calculs. La première recense « 51% d’étudiants de nationalité étrangère au sein de son programme grande école », à la rentrée 2003. Pour arriver à ce chiffre, l’école inclut les étudiants en accords d’échange ou suivant un programme spécifique, ainsi que les étudiants bi-nationaux. 159 étudiants étrangers ont tout de même été sélectionnés sur concours (109 sont entrés en première année et 50 directement en deuxième année grâce au concours CIAM) par le biais de centres d’examen installés à Berlin, Copenhague, Madrid, New-York, Mexico, Istanbul, Moscou, Lisbonne…une prouesse logistique.
L’IEP de Paris, pour sa part, accueille 1300 étudiants étrangers, sur un total de 5000, et revendique donc un taux d’internationalisation de 26%. Une bonne partie de l’effectif est cependant composé d’étudiants en accords d’échange ou d’étudiants en cycle spécifique pour les étrangers (CIEP, d’une durée d’un an). A titre de comparaison, l’école HEC affiche un taux de 20% d’étudiants étrangers et l’université Dauphine en décompte 13,3%, sans toutefois donner le détail de la répartition entre étudiants visitants et étudiants régulièrement inscrits.

La course à l’internationalisation des effectifs étudiants reste, quoi qu’il en soit, une course de fond. Abaisser la sélectivité de l’examen d’entrée, ou délivrer des diplômes parallèles dans le seul but de pouvoir étendre son recrutement à l’étranger, ne constituerait probablement pas une stratégie efficace sur le long terme.



Christophe Angeli
8 Octobre 2003

Lu 1620 fois




< >

Lundi 11 Janvier 2010 - 22:01 L’ESJ Lille refuse de se marier avec l’ESJ Paris

Dimanche 3 Janvier 2010 - 18:09 Quel avenir pour la taxe d’apprentissage ?



Dans l'actualité


















Inscription à la newsletter
Votre publicité sur ce site