- Cela signifie que les formations obéissent à une logique académique (droit, lettres, langues…) dans laquelle, notamment, une place plus importante est accordée à la recherche. C’est le cas aux Etats-Unis, où je suis frappé par le fait qu’ils ont un système qui ne développe pas forcément une créativité intellectuelle hors pair mais paradoxalement les diplômés ont une culture plus solide qu’en sortant du système français. Il ne faut idéaliser aucun système, tout n’est pas parfait aux Etats-Unis, cependant tout le monde trouve sa place dans une des filières universitaires et le système est plus souple et plus diversifié.
Le niveau du corps enseignant français n’est pas en cause et, du reste, les universités françaises sont à peu près maîtres du recrutement des enseignants. Mais dans un système où il n’y a aucune émulation entre elles, cela n’est pas un gage de qualité. Seules certaines prêtent davantage attention au recrutement parce qu’elles ont un rang à tenir.
Il est étonnant de voir à quel point en France les universités manquent de patriotisme d’établissement, ce qui n’est guère étonnant, dans un pays où, comme l’a dit un jour Raymond Barre, les universités sont désignées par des numéros, ce qui est révélateur ! A Paris II, il y a certes des anciens qui sont fiers d’être passés par là, mais pour la plupart des universités, on parle de la “ fac ”, point. Une loi sur l’autonomie ne peut suffire, peut-être aiderait-elle néanmoins chaque établissement à définir son identité.