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IEP : premier bilan de l’Hexaconcours


Pour la première fois en juillet dernier, les Instituts d'Etudes Politiques d'Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse ont organisé un concours commun. À l’heure où les derniers étudiants de la liste complémentaire prennent connaissance de leur affectation, l’Observatoire Boivigny a sondé les co-organisateurs de cette nouvelle formule.



Sciences Po Rennes
Sciences Po Rennes
Aix-en-Provence, Lille, Lyon, Rennes, Strasbourg et Toulouse : six IEP réunis autour d'un concours commun… « que nous appelons l'Hexaconcours », précise Christian Duval, le directeur de l'IEP d'Aix. Officiellement, l'objectif principal de cette union était de démocratiser le concours d'entrée. Ainsi Pierre Mathiot, le directeur de l'IEP de Lille, explique : « Nous voulions faciliter l'accès à Sciences Po. Ce concours commun signifie pour les étudiants une économie de temps, d'argent et de stress ». Mais on peut supposer que l’alliance de six IEP en région avait aussi comme objectif de contrer les projets d’expansion de Sciences Po Paris qui, bénéficiant de financements sans commune mesure avec ceux des autres IEP, ouvre des cycles de niveau licence aux quatre coins de la France.

« Cela s'est miraculeusement bien passé, il n'y a eu aucune anicroche. C'est d'autant plus encourageant que nous n'attendions pas plus de 9 000 candidatures et en avons reçu 12 000 », relate le directeur de l’IEP de Lille. C’est le résultat d’une préparation rigoureuse, selon Christian Duval : « le comité de pilotage se réunissait toutes les trois semaines ».

Un classement induit des IEP

Au final, 1 100 candidats ont été répartis entre les six IEP, selon le nombre de places offertes par chaque institut (de 140 à Lille à 260 pour l’IEP de Toulouse). Le système informatique qui a effectué la répartition en fonction de l'ordre du choix, des résultats et des désistements, a été calqué sur le modèle des concours pour écoles d'ingénieurs.

Dès leur inscription au concours, les candidats devaient classer les six IEP par ordre de préférence ; les étudiants aux plus forts résultats ont obtenu leur premier choix, c’est-à-dire l’IEP qu’ils ont théoriquement considéré comme étant le meilleur. Et surprise : il se murmure que les IEP de Lille, de Lyon et d’Aix-en-Provence auraient été les plus demandés. « Bien souvent, la zone géographique de passage du concours coïncide avec celle du premier choix », nuance Christian Duval qui laisse ainsi entendre que les étudiants ont, avant tout, choisi l’IEP le plus proche de leur domicile. Comme il n’existe pas de classement des IEP aussi précis et aussi stable dans le temps que les rankings d’écoles de commerce ou d’ingénieurs, les étudiants ont fait au plus simple : Sciences Po Paris ou le Sciences Po près de chez soi. Toutefois, jusqu’au dernier moment, les candidats ont cherché à savoir quels avaient été les IEP les plus demandés, si l’on en croit les discussions qui ont animé les forums de l’Observatoire Boivigny ou celui des étudiants de Sciences Po. De quoi imaginer qu’à l’occasion de la deuxième édition du concours en 2009, les candidats vont rebattre les cartes.

L’Hexaconcours, un alliance durable ?

L'Institut de Strasbourg
L'Institut de Strasbourg
Dès le départ, les six avaient convenu d'une alliance de long terme. « Avec tous les problèmes qu'il nous a fallu surmonter, nous n'allions pas mettre en place ce concours commun pour une seule année », explique le patron de Sciences Po Aix. Le projet initié en juillet 2007 a vu le jour seulement un an après. Considéré comme « une véritable réussite » par ses initiateurs, il « va donc continuer dans les années à venir », estime Pierre Mathiot. Il précise que « la présidence du jury, c'est-à-dire celui qui a la décision finale concernant les admissions, est tournante chaque année selon l'ordre alphabétique. Ainsi, cette année c'était Aix-en-Provence et l'année suivante ce sera Lille. ». Par ailleurs, les zones géographiques où les étudiants pourront passer le concours d'entrée devraient être étendues en 2009 « en Guadeloupe et à la Réunion, pour éviter à ces étudiants des déplacements coûteux », précise le directeur de l’IEP de Lille (1).
À l’avenir, les IEP de Bordeaux et de Grenoble ont vocation à rejoindre le concours commun. Le premier hésite car il a deux concours d'entrée, un pour les BAC + 0 et un autre pour les BAC + 1. Il lui faudrait donc changer le mode de sélection puisque le concours commun est unique pour les deux catégories de candidats. De son côté, il est probable que l’IEP de Grenoble a été échaudé par son expérience du précédent concours commun - aujourd’hui disparu - au sein du consortium « Sciences Po Rhône-Alpes-Méditerranée » avec les IEP de Lyon et Aix-en-Provence, où il était moins choisi que les deux autres. « Grenoble a besoin de se régénérer et, pour ce faire, ils ont fait le choix de l'éloignement », estime le directeur de Sciences Po Lille.

Quoi qu’il en soit, les six IEP ont appris à travailler ensemble et ont des projets communs. « Il nous faut profiter de la dynamique que nous insuffle cette réussite et de notre expérience de travail en commun », insiste Pierre Mathiot. La mutualisation va concerner plusieurs domaines, même si chaque IEP conserve son autonomie car «nous avons chacun notre rythme et chacun notre politique. Notre collaboration ressemble un peu à l'Union européenne».
En vue : une préparation commune au concours via un site internet, dont l'accès sera gratuit pour les boursiers. « Nous souhaitons aussi améliorer la mobilité de nos étudiants entre les six IEP», explique Christian Duval. D'autres projets sont sur le feu, comme l'élaboration de plaquettes de présentation de leurs 60 masters, la mise en réseau des laboratoires de recherche, ou encore une stratégie de communication d’ensemble. Sur ce dernier point, le pari est déjà à moitié gagné car, comme le précise Christian Duval, l’initiative de l’Hexaconcours a été saluée : « Nous avons eu de très bons retours de la part notamment des parents, et une couverture médiatique très positive ».

NB :

(1) lire à ce propos : Alliance plus poussée de six IEP

Discuter sur notre forum du concours commun des IEP


Perrine Roux
14 Septembre 2008






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Commentaires des lecteurs

1. Posté par Hardy Simon le 01/10/2008 19:28
Je suis à la recherche d'informations sur ce concours et je me permet de poser des questions ici ,vu que pour l'instant je n'ai pas pu la trouver ailleurs.
Premièrement j'ai raté au concours commun de l'an dernier et avec Science Po Paris qui supprime l'admission BAC+ 1 je m'inquiète un peu ; est ce que les IEP de Province vont suivre le mouvement ou sera-t-il encore possible de re-tenter le concours l'an prochain? Et si oui où faut il s'inscrire? Si c'est sur le même site que l'an dernier il serait temps qu'il soit remis à jour... parce que pour l'instant a part me rappeler mon échec de l'an passé il ne me donne pas de nouvelles informations....
Voilà, je fais ce post sans trop d'espoir mais bon on sait jamais si une bonne âme en mesure de me répondre tombe par hasard dessus!

2. Posté par Seb le 04/10/2008 11:12
Bonjour, tu trouveras un réponse à ta question sur le forum de ce site, dans la catégorie conseil en orientation, sujet : concours commun des IEP

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