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Fesic : la difficile valorisation d’un réseau d’écoles


Depuis 1969, un groupe d’écoles d’ingénieur et de management s’est rassemblé au sein de la Fesic (Fédération d’écoles supérieures d’ingénieurs et de cadres). La fédération s’est dès lors développée autour de la défense de valeurs et d’intérêts communs. Désormais bien implantée, la Fesic souffre encore d’un déficit de visibilité vis-à-vis du grand public, car celle-ci est tiraillée entre sa propre identité et celle de ses composantes.



Escom, école de chimie à Cergy Pontoise
Quel est le point commun entre l’Essec (Cergy-Pontoise, management), l’Ecam (Lyon, ingénieurs industriels) ou l’Isab (Beauvais, ingénieurs agricoles) ? Ces écoles sont toutes trois membres de la Fédération d’écoles supérieures d’ingénieurs et de cadres (Fesic).
Créée en 1969, la Fesic regroupe aujourd’hui 26 écoles de l’enseignement supérieur privé : 19 écoles d’ingénieurs, 6 de management et une école d’interprétation, soit 23000 étudiants et 4000 diplômés par an. Ce qui a motivé la création de cette fédération ? « D’abord la volonté de se rassembler autour de valeurs humaines, contenues dans la charte éthique », explique Claude Borgis, délégué général de la Fesic. « Nous souhaitons que nos élèves soient à la fois de bons techniciens dans leur métier et des hommes responsables. C’est d’autant plus important quand nous recrutons des élèves tout juste détenteurs du bac », renchérit Georges Santini, directeur de l’Escom (1), une école membre de la fédération. Les écoles de la Fesic émanent des instituts catholiques, même si beaucoup s’en sont émancipées depuis. Une origine qui explique cet attachement à certains principes tel le respect des autres. Le projet pédagogique souhaite « privilégier chaque personne dans toutes ses dimensions » et pas uniquement dans une optique de compétitivité professionnelle.
La Fesic est une structure associative de type loi 1901. Son conseil d’administration est composé des directeurs des écoles membres, neuf d’entre eux siégeant par ailleurs au bureau de la fédération, présidé par Pierre Tapie, le directeur de l’Essec. Une équipe de 5 personnes se charge de mettre en œuvre les projets.

Une activité de lobbying

Les activités de la Fesic sont diverses. C’est elle qui chaque année met en place le concours Fesic destiné à sélectionner les étudiants de ses 19 écoles d’ingénieurs. C’est sans doute l’aspect le plus largement connu de son travail. La Fesic s’attache également à développer un ensemble de réflexions sur l’enseignement supérieur au travers de thèmes comme la recherche, le projet pédagogique ou la structure de travail. Ces réflexions touchent à la fois au débat national et au fonctionnement des écoles. Lors de la mise en place du LMD, par exemple, les écoles de la Fesic ont pu bénéficier des expériences de chacun pour s’adapter rapidement à une situation nouvelle. Certaines écoles de la Fesic vont plus loin dans la mise en place d’actions communes. Ainsi, les six écoles d’électronique du réseau permettent à leurs étudiants d’effectuer leur 5e année dans n’importe lequel des six établissements.
Les multiples groupes de réflexion servent par ailleurs à appuyer le rôle principal de la Fesic, à savoir la représentation des écoles auprès des pouvoirs publics. « La Fesic représente de façon permanente ses écoles auprès de l’Education nationale. Il nous arrive fréquemment de nous associer dans nos démarches aux autres fédérations de l’enseignement supérieur privé, l’Ugei (2) et l’Udesca (3) pour avoir plus de poids », précise Claude Borgis. « Il s’agit de constituer un groupe cohérent pour défendre nos intérêts », confirme Georges Santini. L’un des grands chevaux de bataille de la Fesic concerne le soutien financier apporté par l’Etat à l’enseignement supérieur privé. « Pour continuer à être performant, il nous faudra soit augmenter nos droits de scolarité, soit recevoir davantage d’aides de l’Etat, décrit Claude Borgis, et nous désirons continuer à ouvrir nos écoles à tous les milieux sociaux. »

Une marque parfois méconnue des étudiants

Si les écoles profitent à plein du rôle de représentation nationale de la Fesic, elles ne souhaitent pas forcément que celle-ci soit trop présente à d’autres niveaux. Il n’est ainsi pas toujours évident de trouver le logo de la Fesic sur les sites des établissements membres et beaucoup d’étudiants ignorent l’appartenance de leur école à ce réseau. « Les écoles sont toujours partagées entre la défense de leur marque et l’investissement dans le réseau, on essaye de leur expliquer que le développement de projets communs rendra chacun plus fort », explique Claude Borgis.
Pour Georges Santini, c’est un faux débat : « Toutes les écoles appartiennent à plusieurs réseaux ; pour certains, c’est difficile à gérer. Mais je ne crois pas qu’il y ait contradiction, cette schizophrénie volontaire est en fait une source de richesse. Par exemple, les employeurs connaissent mieux les écoles que la Fesic, mais dans les lycées, on sait que la Fesic est un réseau sérieux où les étudiants pourront s’épanouir. »
Du côté de la Fesic, on souhaite évidemment une intégration plus grande des membres de la fédération, mais on cherche à l’obtenir sans brusquer les écoles. « On a un nouveau logo par exemple, qui reflète davantage la diversité des établissements. Il s’agit d’un visuel simple, qui peut s’intégrer discrètement aux logos de nos écoles », explique Claude Borgis. « De toute façon, conclut Georges Santini, on a intérêt à se regrouper, à fonctionner en réseau ouvert, ça va avec les évolutions du monde et les écoles savent que leur capacité d’adaptation est essentielle pour leur avenir ».

NB :

(1) Ecole Supérieure de Chimie Organique et Minérale (ESCOM)
(2) Union des Grandes Ecoles Independantes (UGEI)
(3) Union des Etablissements d'Enseignement Supérieur Catholique (UDESCA)



David Allais
03 Avril 2006






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