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Peut-on lancer une nouvelle école de commerce en Europe aujourd’hui ?




Benoît Arnaud du MIP : « Il faut créer une équipe académique exceptionnelle »

Logé dans un hôtel particulier du XVIème arrondissement de Paris qui ne manque pas de charme, cette école iconoclaste a été fondée par des grands patrons. Bruno Bich (président du conseil d’administration de Bic) Martin Bouygues (président directeur général de Bouygues) et Claude Bébéar (président du conseil de surveillance d’Axa) sont à l’initiative du projet. Ils ont souhaité créer une école pour « transmettre leurs convictions », apporter quelque chose de nouveau dans l’enseignement supérieur français et notamment former des managers qui ne soient pas uniquement des techniciens, mais des individus "équilibrés". En plus des fonds de départ, ces patrons, associés à titre personnel à une quinzaine d’autres dirigeants, dispensent des cours au sein des programmes MBA et du programme post-bac. Quelques leçons annuelles qui donnent du lustre à ce jeune établissement. Enfin, ils n’hésitent pas à donner leur avis sur la stratégie de développement à mener, et leur image sert le MIP notamment pour ouvrir des portes à l’international. Benoît Arnaud, 38 ans, ancien cadre dirigeant au sein du groupe Bic est le directeur de l’école depuis le démarrage du projet, il y a sept ans. Le cursus post-bac en cinq ans a démarré à la rentrée 2004.

Pourquoi avoir appelé cette école Management Institute of Paris ?

Nous avons vocation à nous développer à l’international, il nous fallait donc un sigle compréhensible dans le monde entier.

Il y avait déjà plus de 200 écoles de commerce en France, pourquoi avoir souhaité en créer une de plus ?

Benoît Arnaud
Benoît Arnaud
Ce n’est pas une école de plus. Aujourd’hui beaucoup d’écoles forment des clones. Pour notre part, nous avons une vision de l’éducation très différente. On est parti du constat que les patrons qui réussissent aujourd’hui sont des gens équilibrés, qui ont des caractéristiques humaines fortes. Au MIP, nous ne voulons pas former de simples techniciens du management. Pendant les trois premières années de leur cursus, les étudiants en formation initiale sont suivis par un tuteur – un cadre bénévole – et doivent participer à un projet à vocation sociale. C’est-à-dire qu’une fois par semaine, le mercredi, les étudiants travaillent bénévolement pour une association par exemple. Au terme de ces trois années de bachelor, ils entrent dans le cycle master – qui dure deux ans – et sont formés plus spécifiquement aux problématiques de l’entreprise.

Quelles sont vos ambitions ? Quelle position visez-vous dans les classements ?
A 10 ans, notre objectif est de faire partie des meilleures business schools européennes. C’est un délai court, mais ce n’est pas impossible. Nous avons une école qui se distingue par sa philosophie, ce qui nous permet déjà de nouer des partenariats prestigieux à l’international. Nous avons déjà signé avec la business school de l’université MGU de Moscou ou encore avec l’Institut indien de management de Bangalore.

Comment fait-on pour imposer une nouvelle école dans le paysage éducatif européen ?
Il faut créer une équipe académique exceptionnelle. La qualité des professeurs est essentielle. A terme, nous visons la constitution d’une équipe de 70 professeurs permanents…comme nos concurrents. Dans un premier temps, c’est-à-dire dans les cinq prochaines années, nous allons constituer une équipe de vingt très bons professeurs, des anciens dirigeants de préférence. Nous avons le modèle pédagogique de l’IMD comme référence (1).

Qui sont vos concurrents directs aujourd’hui ?
L’Essca (Ecole supérieure des sciences commerciale d'Angers) et l’Ieseg (Ecole Supérieure de Commerce et de Gestion de Lille), qui sont les meilleures écoles à prépa intégrée.

Pourquoi avoir choisi de vous positionner au niveau post-bac, alors qu’en France les écoles de commerce les plus réputées sont positionnées à Bac+2 ?
Le système des classes préparatoires va devoir évoluer, il manque aujourd’hui de lisibilité dans le cadre du schéma LMD. A terme, les prépas vont devenir des Bachelors (équivalent Licence, Ndlr). Nous avons préféré adopter directement un positionnement d’avenir.

Comment vous y prenez-vous pour communiquer et recruter des étudiants dans le cursus post-bac ?
Nous sommes présents sur les salons, nous allons aussi sur le terrain à la rencontre des futurs étudiants. Aujourd’hui, nous avons un taux de sélectivité de 1 sur 3. Nous accordons beaucoup d’importance à la personnalité des candidats, dont la moitié viennent de la voie scientifique, et l’autre moitié essentiellement de ES. Nous avons également quelques Bacs Pro et des BTS.

Quelle est votre capacité d’accueil ?

Le MIP, à Paris
Le MIP, à Paris
Nous sommes actuellement locataires d’un bâtiment qui peut accueillir une centaine d’élèves. Dans la perspective de notre développement, nous serons amenés à chercher un campus ou un bâtiment à Paris à même d’accueillir entre 500 et 600 étudiants et cadres en formation.

Quelle est votre politique de recherche ?
La recherche est fondamentale pour nous. C’est ça qui fait la valeur de l’école. Nous avons un centre d’expertise en leadership ainsi qu’une revue destinée aux managers en entreprise. Par ailleurs, nous comptons lancer un PhD ou un DBA (Doctorate of Business Administration, Ndlr) en partenariat avec une université d’ici deux ans.

Quel est votre programme phare ?
C’est l’Executive MBA, le premier MBA qui a démarré en 2005 au sein du MIP. C’est un programme unique au monde : tous les professeurs sont d’anciens cadres dirigeants. Par exemple, Bruno Bich, président du Groupe BIC, vient former les participants au métier de PDG.

Avez-vous entendu parler de l’ESMT, European School of Management and Technology ?
Ce nom me dit quelque chose…

NB :

(1) L’IMD (International Institute for Management Development) de Lausanne, né en 1990 de la fusion de l'IMI Genève (créée en 1946 par Alcan) et de l'IMEDE (créée en 1957 par Nestlé) s’est très rapidement imposé comme l’un des meilleurs MBA en Europe.

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Propos recueillis par Pierre-Alban Pillet
20/06/2007
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Voir aussi : aacsb, equis, mba
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