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Concours commun en journalisme: hausse des candidatures à l’ESJ, au CFJ et à l’IPJ


Cette année, trois écoles de journalisme, le CFJ, l’ESJ et l’IPJ, organisent pour la première fois ensemble leurs concours d’entrée. Les lieux et les dates des épreuves d’admissibilité sont ainsi les mêmes. Chaque école garde cependant à ce stade quelques épreuves spécifiques. Les oraux et l'admission des élèves restent aussi à la discrétion de chaque établissement. Ce début de mise en commun doit permettre des candidatures plus nombreuses et plus diversifiées.



L'ESJ à Lille
Trois jours à Lille + deux à Paris+ 180 euros par inscription: les candidats désireux d’intégrer l’ESJ, le CFJ ou l’IPJ, devaient jusque-là faire preuve d’une solide endurance et disposer d’une manne financière conséquente. Cette année, la donne a changé : à l’initiative et avec le soutien du PEMEP (1), ces trois écoles de journalisme ont choisi, pour leurs écrits d’admissibilité, de mettre en place un concours commun.
Le concours 2006, baptisé « Grandes Ecoles de Journalisme - Concours PEMEP », se déroulera ainsi les 13, 14 et 15 juin dans sept villes de France (Paris, Lille, Nancy, Lyon, Marseille, Bordeaux, Rennes). L’une de ces journées sera consacrée aux épreuves communes (synthèse de documents, questionnaire d’actualité, tests de français et d’anglais), les deux autres aux épreuves spécifiques à chaque école. Le PEMEP prend en charge l’organisation logistique des centres d’examen.

Des économies pour les candidats

« C’est un vrai plus », s’enthousiasme Fabrice Jouhaud, directeur du CFJ. « Avant, un candidat de Marseille n’aurait peut-être tenté que l’école de journalisme de Marseille ; maintenant, il peut tenter trois concours de plus sans quitter sa ville ». « Ce sera une formidable ouverture géographique », renchérit Eric Maitrot, directeur des études de l’ESJ: « Lille, pour les gens du Sud, c’est loin. Nous aimerions pourtant avoir plus de candidats de cette partie de la France, qui a une culture différente ».
Cette ouverture géographique, ainsi que la pratique d’un tarif dégressif devraient permettre d’élargir le profil sociologique des candidats. Le coût du concours sera de 180 euros pour une école, 324 euros pour deux et 396 euros pour trois. « Si on passe les trois, cela fait une économie d’environ 150 euros par rapport à l’ancienne formule », précise Eric Maitrot. En outre, les candidats qui devaient jusque-là se déplacer qui à Lille, qui à Paris, n’auront plus à assumer autant de frais de transports et d’hébergement qu’auparavant.
Les effets de ce nouveau mode de fonctionnement se font déjà sentir. « Le nombre de dossiers d’inscription est clairement en hausse. Et il reste un mois et demi pour postuler », confie Fabrice Jouhaud.

Une coopération, certes, mais pas d’union en vue

Du côté des candidats, on est également plutôt satisfaits, même si, concours oblige, on a quelques petites angoisses. « C’est moins cher et ça évite de se déplacer », explique Fanny, inscrite aux concours du CFJ et de l’ESJ. « En même temps, pour les épreuves communes, on n’a plus le droit à l’erreur. On ne peux pas se dire : je ferai mieux au prochain ».
Cette initiative, qui semble satisfaire tout le monde, pourrait-elle déboucher, à terme, sur un concours 100% commun ? Tant à l’ESJ qu’au CFJ, on répond par la négative. « Les épreuves communes ne représentent qu’environ 25% de l’évaluation totale, selon Eric Maitrot, et on a clairement insisté sur le fait qu’on voulait garder nos épreuves spécifiques. Nous avons bien réfléchi sur la perte d’identité que cela pouvait impliquer avant de nous décider ». « Les notes aux épreuves spécifiques jouent vraiment dans la différenciation finale des admis, confirme Fabrice Jouhaud, on veut défendre nos domaines propres, je n’ai ni l'intérêt, ni l’envie de laisser penser que toutes les écoles sont les mêmes. »
Les écoles ont accepté de jouer le jeu du concours commun avant tout parce que le PEMEP leur offrait une plate-forme logistique qui était hors de leur portée. Face à un contexte économique morose, à la précarité de plus en plus forte chez les jeunes journalistes et à la montée de la concurrence (Master de l’IEP de Paris, nouvelles écoles reconnues par la profession), le CFJ et l’ESJ veulent préserver leurs marques.
CFJ, ESJ et IPJ s'étaient déjà concertés fin 2003 pour l'organisation des concours. Ils se déroulaient traditionnellement en deux temps, en juin et en septembre. Depuis, les épreuves sont resserrées entre juin et juillet, pour notamment faciliter aux heureux élus la recherche d'un logement. Les établissements parisiens et lillois s'étaient même engagés à l'époque à se concerter pour les convocations aux oraux. Un peu plus de deux ans après, les trois écoles vont plus loin dans un concours coordonné, toujours dans le souci des élèves. Mais pour l'instant pas question d'aller au-delà.

NB :

(1) PEMEP (Promotion de l'Enseignement des Métiers de Presse et Communication): association indépendante qui collecte et répartit la taxe d'apprentissage. Cette association aux écoles de journalisme s'inscrit dans sa politique de soutien aux formations technologiques premières.


David Allais
17 Avril 2006




Voir aussi : cfj, esj, ipj


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