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Andrea Sironi : � La Bocconi doit figurer dans le Top-10 europ�en �Andrea Sironi, professeur d'�conomie � la Bocconi et vice-pr�sident charg� de son internationalisation, estime que l'�tablissement doit s'adapter � un environnement europ�en de plus en plus concurrentiel. Ainsi l'universit� commerciale de Milan, qui s'appuie sur sa r�putation de num�ro un italien en gestion, entend continuer � diversifier son corps professoral, attirer davantage d'�tudiants �trangers gr�ce � ses cursus en anglais et r�fl�chit � la possibilit� d'ouvrir un campus en dehors d'Italie.
Comment expliquer que de toutes les universités italiennes, seule la Bocconi parvienne à se faire connaître à l'international ?
Il y a plusieurs explications à cela. Tout d'abord, nous sommes une université privée, ce qui nous donne une marge de flexibilité bien plus grande, notamment pour recruter nos enseignants. Cela fait maintenant dix ans que nous embauchons un maximum de jeunes professeurs sur le marché international. On leur propose des salaires compétitifs, ce que ne peuvent pas faire les universités publiques. Nous proposons également toute une série de programmes en anglais du niveau licence au doctorat : c'est un axe fort de notre développement international. Par ailleurs, nous sommes l'une des universités qui faisons partir le plus d'étudiants à l'étranger. Chaque année, 1000 de nos élèves (sur 12 800 étudiants, Ndlr) partent en échange dans l'un de nos 180 établissements partenaires. Enfin, il ne faut pas oublier qu'en Italie, nous avons toujours été numéro un. Même s'il est vrai qu'en l'absence de concurrents…c'est peut-être l'un de nos points faibles d'ailleurs, car avec le processus de Bologne le marché de l'éducation s'internationalise. Nous devons nous habituer à une situation concurrentielle que nous n'avons jamais connue. Nous devons maintenant être capable de faire face à Esade, LSE, aux business schools françaises ou à l'université de Cologne qui attirent les meilleurs de toute l'Europe. Il faut donc que l'on arrive nous aussi à attirer les meilleurs étudiants d'autres pays. Quel est votre taux d'internationalisation aujourd'hui ?
Globalement, nous sommes un peu en retard sur nos concurrents en ce qui concerne notre taux d'étudiants internationaux, qui est de 10% environ. Mais nous sommes en train de travailler pour rattraper ce retard. L'an passé, pour attirer les meilleurs, nous avons créé les Bocconi Merit Awards. Il s'agit de 30 bourses de 14 000 euros environ qui couvrent largement les frais de scolarité et de vie d'étudiants internationaux postulant à nos masters.
Par ailleurs, notre bachelor of International Economics and Management, proposé en anglais, connaît un vif succès. Les deux tiers des entrants de ce programme sont étrangers. Mais c'est surtout dans nos programmes MBA et PhD que l'on attire des étudiants étrangers, ils représentent jusqu'à 50% de l'effectif. Dès l'an prochain nous proposerons un nouvel executive MBA en anglais. En Italie, consid�rez-vous l'universit� priv�e LUISS, � Rome, comme un concurrent s�rieux ?
Non, pas vraiment. La LUISS ne figure jamais dans les classements internationaux (en business, Ndlr). Nos vrais concurrents en Italie ce sont les écoles polytechniques de Milan et de Turin, qui attirent aussi les meilleurs étudiants.
Et ESCP-EAP qui s'est implant�e � Turin ?
Oui, c'est vrai qu'ils disent qu'ils sont en Italie. Mais pour moi cette école n'est pas une concurrente sur le marché italien, ils sont Français.
Pensez-vous que les écoles et universités commerciales européennes peuvent concurrencer les business schools américaines ? Absolument. On ne s'en sort d'ailleurs pas trop mal. Les Américains commencent même à s'intéresser au format master, alors qu'ils restaient jusque-là cantonnés au MBA. Quels sont vos ambitions et projets pour le marché asiatique ? Il y a quinze ans nos étudiants voulaient partir aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, aujourd'hui ils veulent aller en Asie. Nous avons donc lancé un double diplôme avec l'université Fudan de Shanghai sous la forme d'un master en deux ans, dont la première année se déroule en Chine et la seconde à Milan. Enfin, à partir de l'année prochaine nous démarrons un programme similaire avec le très réputé Indian Institute of Management d'Ahmedabad. Envisagez-vous d'ouvrir un deuxi�me campus, en dehors d'Italie ?
On en discute…mais compte tenu du coût que représente une telle opération nous nous interrogeons sur les avantages et inconvénients. Nous sommes connus en Italie et en Europe, mais peut-être pas suffisamment pour rentabiliser ce type d'investissement. Il est vrai que cela nous intéresserait de pouvoir agir dans un système règlementaire différent du système italien, qui est contraignant. Si jamais on en ouvre un, ce sera probablement en Europe mais on ne sait pas du tout où pour le moment.
Quelle importance accordez-vous au ranking du Financial Times ? Il est très important pour nous. Il est vrai qu'on ne lui prêtait peut-être pas suffisamment d'attention auparavant, en tout cas pas autant que nos concurrents. Cela nous a pénalisé. Par ailleurs, notre master of science in management ne sera pris en compte par le FT qu'à partir de 2009, puisqu'il faut trois ans d'ancienneté au programme. Pour le moment, nous ne sommes donc pas au maximum de nos performances (1). C'est par ailleurs dommage que le FT ne prenne pas en compte l'opinion des employeurs pour son classement, car en ce domaine nous avons une belle réputation. Quels sont vos objectifs de classement ? Quel que soit le classement, nous considérons que nous devons être dans les dix premiers en Europe et dans les 25 premiers dans le monde. Si l'on est pas classé à ces places-là, c'est que nous n'avons pas fait ce qu'il fallait. Etes-vous accrédité par les organismes internationaux ? Nous avons Equis et sommes entrés dans le processus pour obtenir l'AACSB. NB :
(1) Lire à ce propos : Les 60 meilleures business schools en Europe, selon le FT
Lire aussi : Une organisation 100% « LMD » pour l'université Bocconi et Trois nouveaux masters en anglais à la Bocconi 11/12/2007
Propos recueillis par Pierre-Alban Pillet
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