Pour accéder à l'enseignement supérieur (ou degré tertiaire de l'éducation) en Suisse, il faut avoir réussi l'examen de "maturité" à l'issue du lycée (ou "gymnase"). 19% d'une classe d'âge y parvient en moyenne. A comparer avec les 64% d'une classe d'âge en France qui décrochent le baccalauréat, d'un niveau inférieur. Si bien qu'il faut au minimum une mention Assez Bien aux bacheliers français pour accéder à l'enseignement supérieur suisse. La "maturité" est donc un frein à la poursuite d'études, à quoi s'ajoute l'orientation précoce des élèves suisses. Une proportion importante d'entre eux se dirigent vers des formations en apprentissage, assez valorisées bien que ne s'inscrivant pas dans l'enseignement supérieur proprement dit. En outre, il existe un autre examen dit de "maturité professionnelle", décroché par 12% d'une classe d'âge, qui conduit aux études professionnelles de haut niveau.
C'est que le système d'enseignement supérieur suisse est dual, avec d'un côté les hautes écoles universitaires (universités et écoles polytechniques fédérales) et de l'autre les hautes écoles spécialisées (les meilleures écoles techniques et les hautes écoles pédagogiques). Les premières ont une vocation académique, les secondes sont professionnalisantes. Les deux voies débouchent théoriquement sur des diplômes "différents mais de même valeur" (« gleichwertig aber andersartig » en allemand). En réalité, tout dépend de l'établissement et de la discipline.
De nombreuses entreprises autorisent toutefois leurs salariés à se rattraper, en soutenant leurs efforts de formation. Dans la chimie bâloise, par exemple, une personne entrée comme simple laborantin (sans la maturité) peut faire des études en parallèle jusqu’au doctorat, avec le soutien de l'entreprise qui lui donne du temps et un poste approprié.
C'est que le système d'enseignement supérieur suisse est dual, avec d'un côté les hautes écoles universitaires (universités et écoles polytechniques fédérales) et de l'autre les hautes écoles spécialisées (les meilleures écoles techniques et les hautes écoles pédagogiques). Les premières ont une vocation académique, les secondes sont professionnalisantes. Les deux voies débouchent théoriquement sur des diplômes "différents mais de même valeur" (« gleichwertig aber andersartig » en allemand). En réalité, tout dépend de l'établissement et de la discipline.
De nombreuses entreprises autorisent toutefois leurs salariés à se rattraper, en soutenant leurs efforts de formation. Dans la chimie bâloise, par exemple, une personne entrée comme simple laborantin (sans la maturité) peut faire des études en parallèle jusqu’au doctorat, avec le soutien de l'entreprise qui lui donne du temps et un poste approprié.
Pas de ministre de l'Education
La Suisse compte dix universités (sous la tutelle des cantons), deux écoles polytechniques fédérales à Zurich et Lausanne (sous l'égide de la confédération), sept hautes écoles spécialisées cantonales et intercantonales, ainsi qu'une quinzaine de hautes écoles pédagogiques pour former les enseignants. Le tour est rapide, mais la concentration forte pour un petit pays, où l'enseignement supérieur privé est de plus très limité. Parmi les établissements les plus réputés figurent pêle-mêle les deux écoles polytechniques pour les sciences, l'université de Saint-Gall et les Hautes études commerciales de l'université de Lausanne pour l'économie, Fribourg, Saint-Gall et Genève pour les filières droit, Genève et Berne pour la médecine, Lausanne pour les lettres, Bâle pour l'histoire et la culture. Certaines universités sont germanophones, d'autres francophones, et, cas exceptionnel, celle de Fribourg est entièrement bilingue.
Pour chapeauter le tout, il n'existe pas de ministre de l'Education, mais un simple secrétariat fédéral à l'Education et à la Recherche, chargé de coordonner les politiques nationales. L'Europe est venue aider la Suisse à structurer son enseignement supérieur: depuis la mise en place du système LMD, les diplômes sont de durées et d'appellations identiques dans toute la Suisse. Il est aussi plus facile de passer d'une université à une autre. A l'horizon 2008, une loi nationale devrait unifier le "paysage des hautes écoles".
Pour chapeauter le tout, il n'existe pas de ministre de l'Education, mais un simple secrétariat fédéral à l'Education et à la Recherche, chargé de coordonner les politiques nationales. L'Europe est venue aider la Suisse à structurer son enseignement supérieur: depuis la mise en place du système LMD, les diplômes sont de durées et d'appellations identiques dans toute la Suisse. Il est aussi plus facile de passer d'une université à une autre. A l'horizon 2008, une loi nationale devrait unifier le "paysage des hautes écoles".
Plus de 10 000 euros dépensés par an et par étudiant
Selon les derniers chiffres de l'Office fédéral de la statistique, les dépenses publiques pour l'ensemble des hautes écoles se sont élevées à 7,3 milliards de francs suisses (4,4 milliards d'euros) en 2004, venant à quasi égalité de la confédération (50,2%) et des cantons (49,8%). Entre 1990 et 2004, le total des dépenses publiques pour l'éducation a cru de 16,2 à 26,7 milliards de francs (9,68 à 16 milliards d'euros). 6% du PIB du pays est consacré à l'éducation et la recherche, soit un taux très légèrement supérieur à la moyenne des pays de l'OCDE (5,9%). Mais parallèlement, les étudiants sont devenus bien plus nombreux: rien que dans les hautes écoles universitaires, ils sont passés de 86 000 en 1990-91 à 115 000 en 2006-07. Les hautes écoles spécialisées accueillent de leur côté 57 000 étudiants. La dépense annuelle par étudiant (hors activités de recherche et développement) reste cependant très élevée, à 10 838 euros en 2004, contre 6 886 euros en moyenne dans les pays de l'OCDE. Ce qui permet un bon encadrement et des campus dignes de ce nom.
Ces chiffres sont tirés vers le haut par les étudiants étrangers : ils représentent 22,8% des effectifs des hautes écoles universitaires et 15,2% des écoles spécialisées. Le taux culmine à 45% au niveau des études doctorales (en 2006-07). Les cursus en anglais, de plus en plus fréquents au niveau des masters, devraient accentuer cette tendance. A noter, la Suisse participe "silencieusement", selon l'expression consacrée, au programme Erasmus même si elle n'est ni membre de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen. La Confédération helvétique finance entièrement les activités du programme européen pour ses ressortissants et les étudiants qu'elle accueille. Il existe par ailleurs un système d'échange interne à la Suisse: les étudiants des universités germanophones ont la possibilité de passer un semestre dans une université francophone, et réciproquement.
Les universités suisses ne s'interdisent pas non plus le recrutement de professeurs étrangers. L'école polytechnique fédérale de Zurich, par exemple, compte dans ses rangs professoraux seulement 42% de nationaux. Les autres étant allemands, américains, canadiens, l’un japonais et six français. Une diversité inconnue dans l’Hexagone, qui a pu contribuer aux bons résultats de trois établissements helvétiques (Ecole polytechnique de Zurich, Université de Zurich, Université de Bâle), parmi les 100 premiers du classement de Shanghai.
Ces chiffres sont tirés vers le haut par les étudiants étrangers : ils représentent 22,8% des effectifs des hautes écoles universitaires et 15,2% des écoles spécialisées. Le taux culmine à 45% au niveau des études doctorales (en 2006-07). Les cursus en anglais, de plus en plus fréquents au niveau des masters, devraient accentuer cette tendance. A noter, la Suisse participe "silencieusement", selon l'expression consacrée, au programme Erasmus même si elle n'est ni membre de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen. La Confédération helvétique finance entièrement les activités du programme européen pour ses ressortissants et les étudiants qu'elle accueille. Il existe par ailleurs un système d'échange interne à la Suisse: les étudiants des universités germanophones ont la possibilité de passer un semestre dans une université francophone, et réciproquement.
Les universités suisses ne s'interdisent pas non plus le recrutement de professeurs étrangers. L'école polytechnique fédérale de Zurich, par exemple, compte dans ses rangs professoraux seulement 42% de nationaux. Les autres étant allemands, américains, canadiens, l’un japonais et six français. Une diversité inconnue dans l’Hexagone, qui a pu contribuer aux bons résultats de trois établissements helvétiques (Ecole polytechnique de Zurich, Université de Zurich, Université de Bâle), parmi les 100 premiers du classement de Shanghai.
NB :
Copyright photos : Université de Genève / Jacques Erard (photo 1) et Matthias Thomann (photo 2)

Vie universitaire
Enseignement supérieur: les paradoxes suisses







