Observatoire Boivigny, le site de référence de l'enseignement supérieur


Les dix élus de l’opération Campus, les grands noms de demain


Les jeux sont faits : on sait désormais quelles sont les universités qui ont le plus de chances de se distinguer en France, et peut-être à l’international, dans les années qui viennent. Ce sont celles qui vont toucher la manne financière de l’opération Campus, soit 5 milliards d’euros, pour laquelle l’ensemble des universités françaises étaient appelées à concourir. Les quatre derniers projets sélectionnés par un comité d’experts guidé par le ministère de l’enseignement supérieur viennent d’être dévoilés.



« L'opération Campus », voulue par le président de la République, et lancée par Valérie Pécresse, la ministre de l'Enseignement supérieur, ce sont 5 milliards d'euros pour l'immobilier universitaire de dix campus d'excellence. Ou plutôt les intérêts dégagés par les 5 milliards promis par le gouvernement, soit un flux financier régulier et complémentaire que l’on peut estimer entre 150 millions et 200 millions d'euros par an (3 à 4% du montant total du placement) pour dix alliances d’universités, d’écoles et d’organismes de recherche qui sont désormais censées rayonner à l’international.
De fait, avec les regroupements et alliances, les dix campus gagnants de l’opération impliquent 39 universités et 37 écoles a fait savoir le ministère, soit près de la moitié des universités françaises ! On a déjà vu plus élitiste.

La façon dont a été conduite l’opération a permis de mobiliser les acteurs sur le terrain : les facs françaises ont accepté d’entrer dans une compétition pour toucher un jackpot immobilier, mais aussi de s’allier entre elles, voire avec des grandes écoles. L’opération Campus a ainsi permis de tester la résistance des PRES (Pôles de recherche et d'enseignement supérieur, antérieurs à cette opération), assez bien représentés.

Les équipes des projets retenus ont désormais quelques mois pour finaliser leurs projets. C’est-à-dire justifier précisément des besoins en financement. Tous ne toucheront pas la même part du gâteau : les projets parisiens sont très certainement plus coûteux que ceux des grandes métropoles de province.

Les dix sélectionnés

Voici les dix projets sélectionnés par le comité ad hoc chargé par le ministère d’évaluer la pertinence des 46 candidatures reçues. L’Observatoire Boivigny vous donnait dès le 27 avril dernier neuf des dix campus finalement retenus (lire cet article prospectif. Notre seule erreur concernait le campus Paris Est qui n’a reçu que la mention « campus prometteur » de la part de Valérie Pécresse, le comité ayant préféré réserver le dernier financement pour un projet à Paris intra-muros, qui reste à définir.

Les quatre gagnants de la deuxième vague de sélection :

La Sorbonne, à Paris
Aix-Marseille : projet présenté par le Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur Aix-Marseille Université
Paris-Aubervilliers : projet « Campus Condorcet Paris-Aubervilliers » présenté par les universités Paris I, Paris VIII et Paris XIII, l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales, l’Ecole Pratique des Hautes Etudes, l’Ecole d’économie de Paris et l’Ecole des Chartes
Saclay : projet du campus de Saclay porté par 21 établissements d’enseignement supérieur et organismes de recherche du Plateau (1)
Paris intra-Muros : « compte tenu d’une part, du potentiel scientifique des universités et écoles parisiennes et d’autre part, de la complexité de la situation immobilière, une partie de la dotation Opération Campus sera réservée et attribuée définitivement par le comité d’évaluation » ultérieurement, à l’issue d’une mission d’audit sur le paysage universitaire parisien et notamment son immobilier, a fait savoir le ministère. Lors de la deuxième vague de dépôts de projets, outre le projet « Condorcet », deux initiatives parisiennes avaient émergé :

D’une part le projet "Campus universitaire Paris-Centre" (Université Descartes - Paris V, université Diderot - Paris VII, IEP Paris, Observatoire de Paris, Institut de Physique et du Globe de Paris). Et d’autre part, le projet "Paris Campus Quartier Latin"(Université Pierre et Marie Curie - Paris VI, Université Sorbonne Nouvelle - Paris III, Université Panthéon Assas - Paris II, ENS Ulm, Université Paris-Sorbonne - Paris IV, Collège de France)

On imagine que le « campus » qui sera finalement retenu impliquera les établissements et grandes écoles parisiennes de ces deux projets perdants, ainsi que d’autres établissements, dans une sorte de maxi plan campus Paris intra-muros, sans grand rapport avec le concept initial de l’opération, mais probablement justifié par la spécificité de Paris au sein du paysage universitaire français. Valérie Pécresse en a appelé à la création du « Quartier Latin du XXIème siècle », avec une véritable vie étudiante.

Rappel des six gagnants de la première vague :

Université de Strasbourg
Bordeaux : projet porté par le Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur Université de Bordeaux sur le site Talence – Pessac – Gradignan
Grenoble : projet « Grenoble, Université de l'innovation » porté par l'Université Joseph Fourier, Université Pierre Mendès-France, Université Stendhal, Institut National Polytechnique de Grenoble (INPG).
Lyon : projet « Lyon cité Campus » porté par le Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur Université de Lyon, uniquement pour les campus Charles Mérieux et La Doua.
Montpellier : projet porté par les universités de Montpellier I, II et III.
Strasbourg : projet porté par l'Université de Strasbourg (dont la fusion des universités est prévue au 1er janvier 2009), uniquement pour le campus « Historique – Esplanade »
Toulouse : projet porté par le Pôle de Recherche et d'Enseignement Supérieur de Toulouse uniquement pour les sites Rangueil et Toulouse-centre.

NB :

(1) Les partenaires du projet Saclay sont : Université Paris-Sud (Paris-XI), Agro ParisTech, Ecole centrale Paris, ENSAE, ENSTA, Ecole polytechnique, HEC, Mines ParisTech, ENS Cachan, Supélec, Institut d'optique, Institut Telecom, Université Versailles-Saint-Quentin, CEA, CNRS, INRA, INRIA, ONERA, IHES, Fondation de Coopération Scientifique "Digiteo-Triangle de la physique", Pôle de compétitivité « Sytem@tic ». Les deux Pôles de Recherche et d’Enseignement Supérieur « ParisTech » et « UniverSud Paris » sont également associés au projet.


Christophe Angeli
14 Juillet 2008






Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable


Commentaires des lecteurs

1. Posté par ocadine le 25/07/2008 09:44
on ne peut pas avoir les meilleurs syndicats ET les meilleurs résultats

2. Posté par ocadine le 25/07/2008 09:47

Lille étant une des facs au TOP des revendications,la fiérté des syndicalistes ne s est pas fait 'remarquer' comme il le fallait ...
Voilà,voilà !!!
http://lille.indymedia.org/spip.php?article10844

3. Posté par Arnaud Marcilhacy le 18/08/2008 01:51
Comment se fait-il que la meilleure université française, tout du moins vue de Shangai, l'Université Pierre et Marie Curie, ne soit pas d'office sélectionnée et d'office leader du quartier latin du 21ème siècle? C'est vrai que c'est toujours mal vu de réussir en France? D'être le meilleur? Où est le bug?...

Nouveau commentaire :

Nom*
Adresse email* (non publiée)
Site web

Commentaire
B i u  QUOTE  URL
Me notifier l'arrivée de nouveaux commentaires
Les commentaires sont modérés a posteriori. Nous acceptons volontiers la critique de nos articles, les précisions et corrections apportés par les lecteurs ou l'ouverture de débats contradictoires en lien avec le sujet abordé. À l'inverse, nous nous réservons le droit d'effacer tout commentaire que nous considérons comme diffamatoire ou hors-sujet.

|1| >>






Dans l'actualité